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Repenser la liberté comme mystère chez G. Marcel. une approche analytico-herméneutique de : "les hommes contre l'humain".


par Freddy KAKULE KANAMUNGOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN) - Graduat 2020
  

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III.3. LIBERTÉ ET FLÉAUX IDÉOLOGIQUES

III. 3. 1 Critique de certaines théories sur la liberté

Cette partie de notre chapitre se veut une continuité de notre quête qui, à la suite de Marcel, veut distinguer la liberté authentique de ce qui ne l'est pas. Nous montrerons comment le terme «liberté» est utilisé à tort et à travers, pour justifier certaines déviations et dégradations des valeurs humaines. En effet, nous avons souligné plusieurs fois, que nous devons nous garder de la mécompréhensions et de l'usage abusif du terme «liberté». De nos jours, plusieurs théories sur la liberté sont répandues de par le monde entier et deviennent de plus en plus virales. Il nous faut alors utiliser la raison et l'esprit de discernement pour ne pas tomber dans le fanatisme d'une quelconque liberté qui n'est d'ailleurs qu'un libertinage.

Les opinions sur la liberté qui circulent dans le monde contemporain l'assimilent soit à une possibilité de « réalisation de tout ce que l'on veut », soit à un attribut «une cause» dont nous disposerions dès notre naissance, soit à une puissance arbitraire de choix. Il est vraiment absurde que persiste encore aujourd'hui cette représentation naïve de la liberté identifiant être libre et le pouvoir de faire tout ce qui nous plaît, tout ce que nous désirons. Vouloir faire tout ce que l'on veut n'est-ce pas la forme la plus dégradée de la liberté ? N'est-ce pas aussi une confusion totale entre « volonté et désir ?

Rappelons que vouloir faire tout ce l'on désire c'est se rendre esclave des pulsions, des émotions et des sentiments. Or l'homme qui se laisse diriger par ses pulsions intérieures n'est pas intérieurement libre. La volonté joue un grand rôle dans la détermination d'un acte libre, néanmoins elle seule ne suffit pas pour le rendre efficace. Il faut nécessairement la présence de la raison pour l'éclairer et le purifier afin qu'il ne tombe pas dans le libertinage. Ainsi la raison et la volonté assurent à la liberté l'équilibre dont elle a perpétuellement besoin.

La tentation la plus courante c'est qu'aujourd'hui on tend à refuser pour soi non seulement toute contrainte mais aussi toute règle établissant un ordre minimal et prévisible. Autrement dit, penser vivre dans une société anomique, sans règles, sans lois, sans principes régulant la vie de la société est une utopie. Par ailleurs, « c'est à l'intérieur d'un minimum des règles et des contraintes sociales indispensables à la vie en commun que nous pouvons agir et définir une légitime liberté qui n'empiète pas sur celle des autres »79(*). Un peu de réflexion suffit d'ailleurs pour découvrir que la prétendue indépendance revendiquée s'identifie en fait à une dépendance totale à l'égard de nos désirs et de nos humeurs changeantes. En plus, il est important de savoir que ma liberté ne doit jamais nuire à celle de l'autre, c'est-à-dire je suis véritablement libre quand je tiens compte de la liberté des autres. Bref, la liberté ne doit jamais être cause d'une intersubjectivité négative.

Gabriel Marcel s'est opposé énergiquement à la conception sartrienne qui voit dans la liberté une pure puissance de choix qui n'assure son autonomie à l'égard des normes et des valeurs qu'en les créant. Rappelons que la valeur est essentiellement, pour Marcel, «quelque chose qui ne se laisse pas choisir »80(*), car elle est transcendantale. En plus, Marcel se démarque de J.-P Sartre dans ce sens qu'il n'a jamais considéré la liberté comme un absolu. Pour lui, la liberté ne peut exister qu'à condition de s'articuler sur une grâce. À la différence de Marcel, J-PSartre nie toute intervention de la transcendance dans la liberté de l'homme.

* 79 J. PARAIN-VIAL, Gabriel Marcel. Un vielleur et un éveilleur, op. cit., p. 163.

* 80 G. MARCEL, Les hommes contre l'humain, op. cit., p. 128.

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