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Mutations financières et canaux de transmission de la politique monétaire: cas de la Tunisie( Télécharger le fichier original )par Wissem AWEDNI FSEG Sfax - Mastère 2007 |
Tests des nombres des relations de co-intégrationPour déterminer les nombres des relations de co-intégration, c'est-à-dire, le rang de la matrice , Johansen (1988) propose deux statistiques de tests ; celle des rapports de vraisemblance à savoir : les tests de la trace et de la valeur propre maximale. Le premier test permet de tester l'existence de plus des r vecteurs de co-intégration quand au second permet de tester l'hypothèse de la présence de r+1 vecteurs de co-intégration.
Test de trace
|
|
Fc |
Fá |
Conclusion |
|
|
Ipi m2 |
2.51 |
2.71 |
Ipi ne cause pas m2 |
|
Ipi cd |
2.14 |
1.55 |
Ipi cause lcd |
|
Ipi tmm |
3.95 |
2.71 |
Ipi cause tmm |
|
Lm2 tcre |
2.61 |
2.71 |
Lm2 ne cause pas tcre |
|
Tcre ipi |
0.86 |
2.71 |
Tcre ne cause pas ipi |
|
Tmm cd |
0.11 |
2.71 |
Tmm ne cause pas cd |
|
Tmm tcre |
0.59 |
2.71 |
Tmm ne cause pas tcre |
|
Cd tcre |
1.50 |
1.85 |
Cd ne cause pas tcre |
|
Tmm m2 |
0.47 |
2.71 |
tmm ne cause pas m2 |
|
Cd tmm |
1.84 |
1.94 |
Cd ne cause pas tmm |
|
Tmm ipi |
1.66 |
1.72 |
Tmm ne cause pas ipi |
|
Tcre m2 |
4.23 |
2.30 |
Tcre cause m2 |
|
M2 cd |
24.98 |
1.94 |
M2 cause cd |
|
M2 tmm |
1.52 |
1.94 |
M2 ne cause pas tmm |
|
Cd ipi |
2.89 |
2.71 |
Cd cause ipi |
|
Ipi tcre |
1.98 |
2.30 |
Ipi ne cause pas tcre |
|
Cd m2 |
35.47 |
2.30 |
Cd cause m2 |
|
M2 ipi |
1.16 |
2.71 |
M2 ne cause pas ipi |
|
Tcre cd |
4.53 |
2.71 |
Tcre cause cd |
|
Tcre tmm |
0.09 |
2.71 |
Tcre ne cause pas tmm |
Tableau.4. Les résultats des tests de causalités. Période (1989-2006)
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Fc |
Fá |
Conclusion |
|
|
Tcre m2 |
0.19 |
1.24 |
Tcre ne cause pas m2 |
|
Tmm ipi |
0.88 |
2.71 |
Tmm ne cause pas ipi |
|
Cd m2 |
10.27 |
1.63 |
Cd cause m2 |
|
Cd tcre |
0.07 |
2.71 |
Cd ne cause pas tcre |
|
Cd ipi |
1.23 |
2.08 |
Cd ne cause pas ipi |
|
Ipi m2 |
5.5 |
2.3 |
Ipi cause m2 |
|
M2 cd |
37.36 |
2.71 |
M2 cause cd |
|
M2 tmm |
2.93 |
1.77 |
M2 cause tmm |
|
Tcre tmm |
0.32 |
1.30 |
Tcre ne cause pas tmm |
|
Tmm m2 |
2.03 |
1.72 |
Tmm cause m2 |
|
Cd tmm |
0.75 |
1.72 |
Cd ne cause pas tmm |
|
Ipi cd |
0.54 |
2.30 |
Ipi ne cause pas cd |
|
Ipi tcre |
0.06 |
2.71 |
Ipi ne cause pas tcre |
|
M2 ipi |
3.26 |
2.08 |
M2 cause ipi |
|
Tcre ipi |
1.53 |
1.24 |
Tcre cause ipi |
|
Ipi tmm |
0.53 |
2.30 |
Ipi ne cause pas tmm |
|
M2 tcre |
0.02 |
2.71 |
M2 ne cause pas tcre |
|
Tcre cd |
0.77 |
2.30 |
Tcre ne cause pas cd |
|
Tmm cd |
19.20 |
2.71 |
Tmm cause cd |
|
Tmm tcre |
2.85 |
2.71 |
Tmm cause tcre |
Les deux schémas ci-dessous résument les résultats obtenus des tests de causalité chacun à une sous période. L'orientation des flèches donne la direction de la causalité.
Schéma .1. Résultats des tests de causalité. Période (1975-1988)
Schéma .2. Résultats des tests de causalité. Période (1989-2006)
Le schéma 1 met en évidence, pour la première sous période, une influence directe de l'activité économique par le crédit avec un effet de feed back, cet effet du crédit sur la sphère réelle est dû à un mécanisme hors marché puisqu'il ne passe pas par des variations de taux d'intérêt. Cette variation est due à la politique de rationnement de crédit, l'encadrement et la sélectivité des crédits adoptés par la BCT afin de contrôler avec précision le volume de crédit injecté dans l'économie. En fait, le volume des crédits n'est pas réglé par les taux d'intérêt mais déterminé en fonction des dépôts collectés par les banques auprès du public.
Lorsqu'il y a un encadrement de crédit, l'existence d'un canal de transmission n'est pas évidente.
Nous constatons aussi pour la première sous période le caractère endogène du taux d'intérêt. En effet, le taux d'intérêt semble être sensible aux variations de l'activité économique.
Ce dernier résultat semble surprenant puisque le taux de marché monétaire est attendu qu'il n'a pas de relation causale avec les variables en raison de sa fixation par les autorités monétaires, sur cette période il a été modifié administrativement trois fois et ceci en septembre 1977, avril 1981 et avril 1985, et le caractère faible de ses variations.
La politique des taux d'intérêt pratiquait en Tunisie jusqu'à la fin des années quatre vingt consistait à fixer purement et simplement les taux d'intérêt à un niveau jugé encourageant pour l'investissement et la croissance économique.
Le taux de change, quand à lui, il cause la masse monétaire et le crédit bancaire mais dans un mécanisme hors marché vue que ce canal subissait un contrôle direct de la part des autorités monétaires qui fixaient le taux de change à un niveau jugé capable de stimuler la compétitivité de l'économie tunisienne.
Ainsi nous pouvons affirmer l'absence de ce canal durant cette période.
En résumé, nous pouvons dire qu'il y a un effet d'encadrement de crédit dans la première sous période et absence du rôle du taux d'intérêt ainsi que l'absence du canal du taux de change.
Pour la deuxième sous période nous constatons une interdépendance entre la masse monétaire et l'activité réelle (causal et causalité).
La masse monétaire cause au sens de Granger le crédit bancaire et le tmm mais il ne cause pas le taux de change effectif réel.
Le schéma 2 met en évidence une influence du taux d'intérêt sur les crédits et la monnaie et une transmission de celle-ci à l'activité, uniquement par l'intermèdiare de la monnaie avec un effet de feed back via les cheminements suivants :
(1) Taux masse monétaire activité économique (canal monétaire)
(2) Taux crédits bancaires masse monétaire activité économique (pseudo canal monétaire).1(*)
Il est admis que le canal monétaire constitue le mécanisme de transmission dans un système financier libéralisé fondé sur le marché. Les résultats trouvés semblent confirmer la transition du système financier tunisien vers un système utilisant de plus en plus les mécanismes de marché.
Cependant le cheminement (2) qualifié de pseudo canal monétaire caractérise un système financier administré fondé sur la banque. Ceci nous permet d'affirmer que, tout en transitant vers un système libéralisé, le système financier tunisien garde les caractéristiques d'un système administré. Ceci est confirmé par les faits puisque le taux d'intérêt sur le marché monétaire (TMM) a été modifié d'une manière administrative plusieurs fois pendant la seconde période par le gouvernement.
Nos résultats montrent que le crédit n'a aucune causalité avec l'activité réelle ce qui conclu l'absence d'un canal du crédit durant la deuxième période. Ce résultat est peu surprenant dans la mesure que l'existence de ce type de canal nécessite des mécanismes de marché que l'on retrouve essentiellement au niveau d'un système financier libéralisé fondé sur la banque et c'est le cas de notre système financier.
Le taux de change cause l'activité réelle mais contrairement à la première sous période, cette causalité est via le taux d'intérêt ce qui prouve l'existence d'un canal de taux de change.
Enfin, nous constatons le caractère endogène du taux d'intérêt. En effet, le taux d'intérêt semble être sensible aux variations de la masse monétaire dans cette sous période.
En résumé, pour la première période, il est impossible d'exclure les crédits (effet d'encadrement) et dans la seconde période c'est la monnaie qui ne peut être écarté. On peut remarquer aussi l'absence du rôle du taux d'intérêt dans la première sous période et l'influence, qui dévient plus importante, de celui-ci dans la seconde sous période.
De la même façon le rôle du taux de change était marginal dans la première sous période mais il commence de prendre son rôle dans la deuxième sous période.
Enfin, nous pouvons dire qu'il y a un effet d'encadrement de crédit dans la première sous période et un canal monétaire et pseudo monétaire dans la seconde ainsi qu'un canal du taux de change.
Nous avons essayé d'identifier, tout au long de cette partie, les canaux de transmission de la politique monétaire en prenant en considération l'impact des mutations financières. De ce fait nous avons constater que notre identification se diffère des plusieurs travaux empiriques qui ne pensent pas au rôle des mutations financières et affirment simplement que les trois canaux coexistent, mais sans savoir depuis quand et sur quel données. Ces travaux ont marginalisé la transformation structurelle de système financier Tunisien, chose qui rend tout mécanisme de transmission de la politique monétaire diffère de ce qui était en avant.
IV-Le modèle VAR
* 1 Goux (1998) utilise cette terminologie