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Réformes macroéconomique et intégration par le marché dans la CEMAC

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par Michel Dieudonné MIGNAMISSI
Université Yaoundé II - DEA 2008
  

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1.2.2. Une analyse robuste : le calcul du potentiel des exportations

Le calcul du potentiel commercial apparaît comme une méthode robuste si l'on veut juger du niveau d'échange entre un groupe de pays. Techniquement, il s'agit de faire le ratio du commerce potentiel ou prédit au commerce effectif79(*).

Le commerce effectif est celui que l'on observe dans les différentes bases de données qui ont servi à effectuer les différents travaux empiriques. En d'autres termes, c'est l'ensemble des flux enregistrés par les services compétents d'un pays, le commerce potentiel reflétant son niveau ajusté, prédit ou estimé. La variable qui a été étudiée ici c'est le flux des exportations bilatérales, c'est-à-dire les exportations qui partent du pays i vers un pays destinataire j. C'est la raison pour laquelle, seul le potentiel des exportations sera calculé dans cette section.

Ainsi, pour générer les exportations potentielles ou prédites, il faut combiner les coefficients estimés du modèle aux différentes variables explicatives suivant chaque sous-période. Il s'agit pour cela de multiplier les différents coefficients obtenus après estimation du modèle gravitaire aux différentes valeurs observées des variables explicatives en fonction des deux sous-périodes. On peut aussi obtenir ce niveau potentiel en retranchant le résidu généré du niveau effectif de la variable dépendante. Il convient de noter que c'est la première technique qui a été utilisée.

L'analyse ne sera pas globale, mais ciblera uniquement les pays de la CEMAC inclus dans l'échantillon, à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, la RCA et le Tchad80(*). Il s'agira dans un premier temps d'extraire leurs flux bilatéraux effectifs et potentiels de ces pays et ensuite d'effectuer leur ratio respectifs. Les données sont en millions de dollars US courants, et les résultats sont consignés dans le tableau ci-dessous, malgré l'indétermination en certains points.

Tableau 6 : Résultats du potentiel des exportations des pays de la CEMAC (millions de $ US)

Exportations de i vers j

1990-1993

2000-2003

Exports effectives

Exports

prédites

Potentiel des exports

Exports effectives

Exports

prédites

Potentiel des exports

Cam>Con

Cam>Gab

Cam>RCA

Cam>Tch

Con>Cam

Con>Gab

Con>RCA

Con>Tch

Gab>Cam

Gab>Con

Gab>RCA

Gab>Tch

Rca>Cam

Rca>Con

Rca>Gab

Rca>Tch

Tch>Cam

Tch>Con

Tch>Gab

Tch>RCA

23,667

27,667

14,333

3,667

0

0

0

0

1

0

0,333

0

0

0

0

0,333

0,333

0

0

0,333

0,016

1,089

0,022

0,062

0,003

0,005

8,4.10-6

1,4.10-6

0,255

0,006

7,4.10-4

1,2.10-5

1,1.10-5

2,8.10-5

2,2.10-6

4,3.10-4

0,0017

7.10-6

9,6.10-6

0,0018

6,76.10-4

0,039

0,0015

0,017

-

-

-

-

0,255

-

0,022

-

-

-

-

0,0013

0,0051

-

-

0,0054

18,667

27,667

12,333

29,333

7

2

0

0

2

9,333

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2,333

0,0452

12,122

0,0198

0,0204

0,0125

0,0588

0,00248

1,42.10-5

8,347

0,146

0,00057

0,0003

9,77.10-6

4,4.10-6

4,07.10-7

2,46.10-6

6.10-4

1,51.10-6

1,27.10-5

0,00014

0,0024

0,4381

0,0016

0,0006

0,0018

0,0294

-

-

4,1735

0,0156

-

-

-

-

-

-

-

-

-

6.10-05

Source : Calcul de l'auteur

L'analyse révèle globalement un faible potentiel des exportations. Ainsi, lorsque les exportations observées sont positives, elles sont automatiquement supérieures (largement) aux exportations prédites. Seul le Gabon fait l'exception dans la seconde sous-période dans son flux bilatéral vers le Cameroun. Les pays sont ainsi dans une logique qui reflète la volonté de commercer au-delà de leurs capacités ou de leur potentiel. Ceci peut être expliqué par la recherche du renforcement de intégration par le marché.

Le premier commentaire montre que lorsque les exportations effectives sont nulles, les exportations prédites (quoique négligeables) sont positives. Cette configuration rend impossible le calcul du potentiel de ces exportations, car l'on fait face à une indétermination. Ces cas sont fréquents pour la RCA, le Congo et le Tchad.

L'analyse par sous-périodes ne montre en rien l'évolution substantielle du potentiel. La sous-région CEMAC serait ainsi dans un état statique et même déprimant en ce qui concerne ses flux d'exportations intra-zone.

L'analyse par pays révèle aussi des résultats similaires, à savoir la non augmentation substantielle des exportations, hormis le seul cas particulier entre le Gabon et le Cameroun au cours de la seconde sous-période où le potentiel est de 4,17. En outre, le Congo et la RCA sont les seuls pays n'ayant pas exportés de façon substantiel vers leurs partenaires sous-régionaux au cours d'une sous-période (la première sous-période pour le Congo et le seconde pour la RCA).

Ces résultats viennent une fois de plus contredire l'hypothèse d'une complémentarité productive entre les pays de la CEMAC. Mais il convient de rappeler que l'ICP connaît des limites à ce niveau, car il mesure le potentiel ex ante, alors que le modèle de gravité mesure le potentiel ex post. La notion de potentiel ex ante signifie ici que les pays disposent des dotations en produits exportables, mais ne sont pas valorisées, les causes étant la faiblesse du capital spatial et le manque de besoins croisés par exemple. Le potentiel ex post signifie que malgré la faiblesse du capital spatial, les pays échangent globalement en deçà du niveau prévu. L'exception en Zone CEMAC est faite par le Cameroun, qui exporte plus que proportionnellement à son niveau potentiel. C'est en fait le rôle que doit jouer le pays pivot dans une UM. Sur les deux sous-périodes par exemple, ce pays assure la totalité des exportations sous-régionales vers le Congo et le Gabon.

Ainsi, l'analyse du potentiel des exportations dans la CEMAC révèle que les pays commercent au-delà de leur niveau potentiel, ce qui pourrait montrer une réelle volonté d'intégration. Or la principale variable d'UM comme le révèle le test effectué au chapitre 3 ne montre pas significativement cette volonté. La limite à ce niveau peut être l'extraversion des pays de la CEMAC vers les autres pays de l'échantillon et qui ne figurent pas dans le calcul du potentiel commercial. Cette réalité prête donc le flanc à la spécialisation des pays.

* 79 Les expressions « commerce potentiel » et « potentiel commercial » peuvent prêter à confusion. Il convient de souligner que le commerce potentiel est le niveau prédit ou normatif sur lequel devrait se situer un pays s'il utilisait pleinement toutes ses capacités commerciales. Le potentiel commercial est simplement un indicateur statistique qui mesure la performance ou l'intensité commerciale d'un pays.

* 80 La Guinée Equatoriale a été exclue de l'échantillon pour une raison principale, à savoir la rareté des données sur toutes les sous-périodes considérée dans cette étude.

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