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Réformes macroéconomique et intégration par le marché dans la CEMAC

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par Michel Dieudonné MIGNAMISSI
Université Yaoundé II - DEA 2008
  

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SECTION 2. LE DEGRE ET LA NATURE DE LA SPECIALISATION DANS LA CEMAC, UN FREIN POUR LES ECHANGES INTRA-REGIONAUX

La deuxième conclusion majeure en ce qui concerne les ZMO est la spécialisation internationale (Krugman, 1993). Ici l'utilisation d'une monnaie commune débouche sur la poursuite des avantages comparatifs, ce qui diversifie davantage les cycles. Cette spécialisation a plusieurs facettes et la compréhension de cet aspect s'avère fondamental dans ce travail. C'est pourquoi il convient tout d'abord d'explorer l'existant tout en faisant un détour sur la théorie de l'économique géographique.

2.1. JUSTIFICATION DE LA SPECIALISATION INTERNATIONALE

La spécialisation internationale a longtemps intéressé les chercheurs. Le débat a évolué au fil du temps, partant des classiques anglais et de la théorie suédoise, pour greffer de nos jours la problématique de la spécialisation à l'utilisation de la monnaie unique.

2.1.1. La notion de spécialisation dans la littérature économique

La spécialisation illustre le fait qu'un pays comporte dans ses exportations une faible variété de produits. C'est un indicateur de non diversification. Au-delà de sa considération par les théories classiques, Kenen (1969) est le premier à proposer le degré de spécialisation comme un critère d'optimalité monétaire d'une zone. Pour lui, les économies diversifiées peuvent plus facilement adopter des changes fixes et s'intégrer en une zone monétaire, car ils gèrent facilement les chocs asymétriques qui surviennent.

Krugman (1993), l'un des pionniers de l'analyse de cette notion, montre que lorsque l'intégration est poussée au sein d'une zone monétaire, les pays se spécialisent en fonction de leurs avantages comparatifs. Des phénomènes d'agglomération se forment et débouchent finalement sur une faible synchronisation des cycles réels et sur une forte asymétrie des chocs. C'est la théorie du « cercle vicieux » des ZMO. Busson et Villa (1994) viennent corriger cette affirmation en apportant le facteur « dotation ». Pour ces auteurs, si les pays faisant partie d'une UM se spécialisent en fonction de leurs dotations, ceci pourrait accroître leurs flux commerciaux, mais à une condition : la diversification entre les pays ou la spécialisation inter-branche.

En plus, la nature du secteur de spécialisation, qui peut être industriel ou agricole a un impact significatif sur le volume du commerce au sein d'une UM. Ainsi, les pays du Nord, qui sont généralement spécialisés dans la production des biens industriels échangent des produits substituables et du coup, ont un niveau élevé de commerce (du moins en valeur) entre eux, car ce sont des produits à forte valeur ajoutée.

La nature inter et intra-industrielle de la spécialisation a également été abordée par d'autres auteurs. La spécialisation inter-industrielle résultant de l'intensification du commerce international, se caractérise par une concentration de l'activité économique dans certains secteurs. Par ailleurs, la spécialisation intra-industrielle se caractérise par le fait qu'il peut y avoir, simultanément, dans une industrie donnée ou dans un pays, des exportations et des importations, et ce, de façon significative (Lassudrie-Duchêne, 1971 ; Dufort et al, 2005). Ainsi, la spécialisation inter-industrielle se caractérise par l'essor de secteurs essentiellement exportateurs ou importateurs alors que la spécialisation intra-industrielle se caractérise par l'essor de secteurs qui sont à la fois d'importants exportateurs et importateurs.

Des variantes dans l'analyse de la spécialisation ont été apportées. Ces variantes intègrent les facteurs tels que les flux commerciaux et de capitaux, le chômage et les contrats salariaux (Osakwe et Shouyong, 1998). D'autres par contre intègrent la proximité géographique, l'intensité des échanges commerciaux et du marché potentiel comme facteurs de polarisation des IDE dans les pays du centre ou meneurs (Dupuch et Mazier, 2002). Le cas européen pris par Dupuch et Mazier (2002) montre que les investissements domestiques ont contribué au renforcement de la spécialisation des pays, alors que les IDE ont favorisé la diversification des activités et les échanges intra-branche de qualité.

La spécialisation peut aussi être cernée de façon régionale ou nationale. Il s'agit ici de savoir si tous les pays d'une sous-région sont spécialisés dans la production d'un bien spécifique ou alors si chaque pays de la sous-région est spécialisé en fonction de ses avantages comparatifs spécifiques. En Europe par exemple, et comme le montre Gaulier (2003), la spécialisation est plus marquée au niveau régional que national. Il trouve une augmentation de l'intensité de la spécialisation sectorielle entre 1980 et 1996, notamment dans les secteurs de l'agriculture, des industries et des services. En plus, il se dégage une augmentation nette de la part du commerce intra-branche dans le commerce européen, dû selon Fontagné et al, (1997), à une homogénéisation des spécialisations.

Une autre considération affinée de la spécialisation internationale réside dans la théorie de l'économie géographique81(*), aspect formalisé de la géographie économique, elle-même partie de la géographie urbaine. Généralement analysée sous le prisme de l'économie spatiale, les auteurs majeurs à avoir donné une ampleur déterminante à cette théorie sont Krugman (1991), Venables (1996) et Fujita et al, (1999). Leurs travaux expliquent les phénomènes de concentration et d'agglomération géographique dans un espace régional par le jeu de forces centrifuges et centripètes. Ainsi, pour Krugman (1992) « Any interesting model of economic geography must involve a tension between "centripetal" forces that tend to produce agglomerations and "centrifugal" forces that tend to pull them apart ».

Dupuch et Mazier (2002) montrent quant à eux que lorsque les pays sont faiblement intégrés et les barrières fiscales élevées, les firmes se répartissent entre les régions pour répondre à la demande des consommateurs. Pour des coûts de transaction intermédiaires, un mouvement d'agglomération se produit afin de bénéficier de la réduction des coûts et de l'accroissement du potentiel de demande. Mais si la main-d'oeuvre est immobile, des écarts de salaires persistent. Pour des coûts de transaction très faibles, les différences de rémunérations agissent comme une force centrifuge et les firmes se localisent là où les salaires sont plus faibles.

Au-delà de cet aspect général, quelle est la réalité de la spécialisation en Zone CEMAC.

* 81 En ce qui concerne les fondements théoriques, on constate une évolution dans le temps. Ainsi, la première génération de ces modèles montrent généralement que l'interaction entre économies d'échelle, coûts de transaction et mobilité du facteur travail, favorise l'agglomération des activités dans les pays meneurs au détriment des pays périphériques (Krugman, 1991). Dans des modèles plus récents et sous l'hypothèse d'immobilité du travail plus conforme avec le cas européen, la dispersion peut au contraire être favorisée (Puga, 1999).

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