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Les instruments de couverture du risque de change

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par Fouad BERRA
Ecole superieure de banque Alger - Diplome superieur des etudes bancaires 2009
  

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2.2. Incertain

Un risque incertain est lié aux opérations dont la réalisation est probable.

L'entreprise se trouve confrontée au risque incertain lors d'un appel d'offre en monnaie étrangère. En répondant à cet appel d'offre en devise étrangère, l'engagement de réalisation n'est pas irrévocable.

L'entreprise est exposée à un risque de change conditionnel : elle ne se retrouvera véritablement en risque que si elle est retenue pour la réalisation de l'engagement.

2.3. Exemples

Pour illustrer la manifestation du risque de change, nous allons présenter les incidences des fluctuations des cours de changes pour une entreprise importatrice et une entreprise exportatrice.

· Cas d'une entreprise importatrice :

La société algérienne Cevital achète à une entreprise française des graines de tournesol pour fabriquer de l'huile. Le montant du contrat est de EUR 10.000 pour 10 tonnes de graines. Le paiement est prévu 60 jours fin de mois, jour de livraison.

Le cours au moment de l'acceptation de l'offre par la société Cevital est de 1 EUR = 85 DZD donc le montant de l'importation s'élève à DZD 850.000.

Les deux situations face auxquelles Cevital peut être confrontée une fois le délai de paiement encouru sont les suivantes :

 

Importateur (Cevital)

Appréciation de l'Euro par rapport au Dinar 1 EUR = 92 DZD

Il devra finalement payer la somme de EUR 10.000 = DZD 920.000

Perte de DZD 70.000

Dépréciation de l'Euro par rapport au Dinar 1 EUR = 81 DZD

Il devra finalement payer la somme de EUR 10.000 = DZD 810.000

Gain de DZD 40.000

 


· Cas d'une entreprise exportatrice :

Imaginons que Cevital exporte l'huile vers l'espagne. Elle conclut un contrat de EUR 15.000 avec une société espagnole, payable 90 jours fin de mois date d'expédition des marchandises.

Le cours de change au jour de la conclusion du contrat est de 1 EUR = 88 DZD, soit l'équivalent de DZD 1.320.000.

Après les 3 mois qui suivent la livraison de la marchandise, Cevital pourrait voir entrer dans ses caisses :

 

Exportateur (Cevital)

Appréciation de l'Euro par rapport au Dinar 1 EUR = 94 DZD

Il recevra finalement la somme de EUR 15.000 = DZD 1.410.000 Gain de DZD 90.000

Dépréciation de l'Euro par rapport au Dinar 1 EUR = 84 DZD

Il recevra finalement la somme de EUR 15.000 = DZD 1.260.000 Perte de DZD 60.000

 

3. La mesure du risque de change

La mesure du risque de change s'effectue à travers deux éléments :

3.1. Le cours de change de référence

La détermination d'un cours de change de référence (ou de valorisation) est très importante, dans la mesure où elle permet de connaître la contre-valeur du montant pour lequel l'entreprise s'est engagée.

Le cours de change de référence doit être réaliste économiquement, réalisable financièrement et incontestable vis-à-vis des tiers. Le principe de base à appliquer est que le cours de valorisation doit refléter le mieux possible la rentabilité économique escomptée à la date de l'opération ; il s'agit donc de la parité de change de la devise contre monnaie nationale retenue pour décider de l'opportunité de la réalisation d'une opération libellée dans cette devise.

Les cours de change qui sont à retenir pour la valorisation du risque de change, dès sa naissance, dans une approche transactionnelle sont les cours de marché.

Il existe deux cours de marché possibles :

· Le cours au comptant : dont la force réside dans sa cotation unique, sa faiblesse étant qu'il n'intègre pas la notion de temps qui sépare la date de négociation et celle du règlement.

· Le cours à terme : qui intègre la durée à travers le report et le déport exprimant le différentiel de taux d'intérêts prorata temporis.

L'utilisation du cours à terme correspond aux opérations à flux certains et surtout facilement individualisables. Mais il n'apporte pas de réponse satisfaisante lorsque les flux sont incertains, lorsque les échéances sont incertaines et surtout lorsque le volume d'affaires ne permet pas un suivi individualisé des opérations.

3.2. La position de change

La position de change résulte d'opérations commerciales et financières libellées en devises étrangères. Elle est déterminée par échéance et par devise. Elle permet d'apprécier l'exposition de l'entreprise au risque de change à un moment donné et de contrôler la mise en application opérationnelle de la politique de couverture et des principes de gestion définis.

« Pour chaque devise concernée, la position de change d'une entreprise est égale au solde des engagements reçus et des engagements donnés exprimés dans cette monnaie. »1

Ces engagements peuvent être inscrits au bilan ou en hors bilan, ils peuvent également résulter d'opérations futures (prévisionnelles).

La position de change globale regroupe toutes les devises confondues. Elle est égale à la somme des contre-valeurs en monnaie nationale des positions de change par devise.

Le tableau de suivi de la position de change constitue l'outil de base du trésorier devise. Il est construit par devise. Les mouvements sont présentés en date de flux financiers sur un intervalle correspondant à la fréquence des paiements2.

La position de change regroupe le solde actuel et tous les flux futurs, commerciaux et financiers. C'est pourquoi, elle se subdivise en position commerciale et position financière dont les éléments constitutifs sont les suivants3 :

· Position commerciale :

· Commandes reçues à l'export ;

· Commandes passées à l'import ;

· Clients facturés ;

· Fournisseurs à payer ;

· Comptes de liaison ;

· Divers (brevets, licences...) ;

· Commandes export prévisionnelles ;

· Commandes import prévisionnelles.

1 Op. cit., P 106.

2 M. Sion, Gérer la trésorerie et la relation bancaire, Ed. Dunod, Paris,1998, P 238.

3 H. De La Bruslerie, Trésorerie d'entreprise, Gestion des liquidités et des risques, Op. cit., P 421.

· Position financière :

· Solde compte courant en devise ;

· Achat au comptant et à terme de devises ;

· Vente au comptant et à terme de devises ;

· Dépôts et créances en devises ;

· Intérêts à payer ou à recevoir (sur emprunts ou sur prêts en devise) ;

· Achat d'option d'achat et vente d'option de vente en devise ;

· Vente d'option d'achat et achat d'option de vente en devise.

Exemple : Position de change en Dollar américain (USD) d'une entreprise algérienne.

Engagements

Reçus en USD

Donnés en USD

A l'actif ou au passif du bilan

Créances commerciales Créances financières Avoirs

Dettes commerciales Dettes financières

Hors bilan

Commandes clients à livrer Engagements de prêter

Commandes fournisseurs à recevoir Engagements d'emprunter

Total

Engagements Reçus (ER)

Engagements Donnés (ED)

 

·

Position de change = ER - ED

Si ER = ED : la position de change est dite fermée : les avoirs en devise sont égaux aux engagements ;

Créances
CHF 100

Dettes
CHF 100

Schéma 2 : Position de change fermée

· Si ER > ED : l'entreprise est en position de change ouverte dite position longue : les avoirs en devise sont supérieurs aux engagements ;

Créances
USD 150

Dettes
USD 80

Position longue de USD 70

Schéma 3 : Position de change longue

· Si ER < ED : l'entreprise est en position de change ouverte dite position courte : les avoirs en devise sont inférieurs aux engagements.

 
 

Créances
EUR 80

 

Dettes
EUR 170

Position courte de EUR 90

 
 
 

Schéma 4 : Position de change courte

L'impact de la fluctuation du cours de la monnaie étrangère sur le résultat diffère selon la position de change :

Gain

Position fermée

Hausse de la devise

Aucun impact : L'entreprise

n'est pas en risque de change

 
 

Hausse de la devise

Gain

 

Perte

Position courte

Hausse de la devise

Perte

 
 
 

(Source : Elaboré par nous même)

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