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Les instruments de couverture du risque de change

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par Fouad BERRA
Ecole superieure de banque Alger - Diplome superieur des etudes bancaires 2009
  

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Section 3 : Les options de change

1. Définition

L'option de change est un contrat donnant à son acquéreur le droit (et non l'obligation) d'acheter ou de vendre un montant donné de devises à une date (ou pendant une période) déterminée et à un cours fixé par avance appelé prix d'exercice, moyennant le paiement d'une prime. Le droit d'acheter une quantité de devises contre une autre est un call (option d'achat). Le droit de vendre est un put (option de vente).1

Il s'agit d'un contrat conditionnel et négociable qui permet de se protéger contre le risque de change, certain et surtout incertain, tout en préservant l'opportunité de réaliser un gain de change dans le cas d'une évolution favorable du cours de la devise concernée.

Les options de change peuvent faire l'objet de transactions de gré à gré ou être négociées sur un marché réglementé comme celui de Philadelphie (le plus important mondialement) ou le MATIF en France.

2. Le principe d'une option sur devises

Le contrat de l'option de change met en relation deux contreparties : un acheteur et un vendeur. L'acheteur acquiert le droit et non l'obligation d'exercer l'option contre le paiement de la prime. Quant au vendeur, il se trouve dans l'obligation de se soumettre à la décision de l'acheteur contre l'encaissement de la prime. Il s'engage, ainsi, à livrer les devises au cours convenu, à la signature du contrat, si l'acheteur décide d'exercer l'option.

· Pour l'acheteur, le risque est donc limité au coût de la prime et le gain potentiel est illimité ;

· Pour le vendeur, le gain maximum correspond à la prime alors que la perte est en théorie illimitée.

En pratique, ce sont essentiellement les banques qui vendent.

1 P. Desbrières & E. Poincelot, Gestion de trésorerie, op. cit., P 127.

Banques Vendeurs d'options de change

Exportateurs : acheteurs d'options de vente (put)

Importateurs : acheteurs d'options d'achat (call)

Le dénouement d'une option peut se faire selon trois voies : il y a abandon de l'option si l'acheteur d'option trouve avantage à acheter (ou à vendre) ses devises sur le marché des changes. Il y a exercice de l'option dans le cas contraire. Enfin, il y a revente de l'option lorsque celle-ci à encore une valeur positive et que l'entreprise n'a pas réalisé son opération commerciale.

Un importateur, qui veut se protéger d'une hausse de la devise dans laquelle il est facturé, achète une option d'achat de devises. Si le cours de la devise a effectivement fortement augmenté au-dessus de celui de l'option, l'entreprise a intérêt à exercer celle-ci. Si, à l'inverse, le cours a fortement diminué (donnant une variation supérieure au prix de l'option), l'entreprise a intérêt à abandonner celle-ci.

Un exportateur achète, quant à lui, une option de vente de devises pour se protéger contre une baisse de la devise dans laquelle il a facturé son client étranger. Si le cours a effectivement fortement baissé et est en deçà de celui de l'option, l'entreprise a intérêt à exercer celle-ci. Si, à l'inverse, le cours a fortement augmenté (donnant une variation supérieure au prix de l'option), l'entreprise a intérêt à abandonner l'option et à changer les devises sur le marché au comptant.

Exemples

Deux exemples sont présentés pour illustrer la manière dont l'importateur et l'exportateur peuvent se protéger contre le risque de change avec des options.

Exemple 1 : Couverture de change d'une importation par achat d'une option d'achat La SNVI (Société Nationale des Véhicules Industriels), importe de l'Allemagne des pièces de

rechange pour un montant de 1 million d'Euros le 1er octobre 2002. Ces pièces sont payables à six mois. La SNVI veut se couvrir contre une hausse de l'Euro par rapport au Dinar.

Le cours comptant est de 1 EUR = 77,4289 DZD.

La banque propose à la SNVI l'option d'achat suivante : Prix d'exercice : 1 EUR = 77,43 DZD ;

Échéance = mars 2003 ;

Prime = 3 %.

Lors de l'achat de l'option, l'importateur paie la prime d'un montant de : 1.000.000 x 0,03 = 30.000 EUR, soit 30.000 x 77,4289 = 2.322.867 DZD.

Ainsi, l'importateur s'assure d'un coût maximal dans six mois de :

1.000.000 x 77,43 + 2.322.867 = 79.752.867 DZD.

A l'échéance, trois cas peuvent se présenter :

· L'Euro s'est apprécié : 1 EUR = 79,9874 DZD. L'importateur exerce son option et le prix de son importation s'élèvera à DZD 79.752.867.

· L'Euro s'est déprécié : 1 EUR = 75,1250 DZD. L'importateur n'exerce pas son option et achète sur le marché comptant l'Euro. Le prix de son importation en Dinar, en tenant compte de la prime versée :

1.000.000 x 75,1250 + 2.322.867 = 77.447.867 DZD, montant inférieur à celui calculé ci-dessus.

· Le cours de l'Euro est égal au prix d'exercice : 1 EUR = 77,43 DZD. Il est indifférent d'exercer ou non l'option. Le prix de son importation est de DZD 79.752.867.

L'importateur, en se couvrant par l'achat d'une option d'achat, s'assure un coût maximal de la devise, mais peut bénéficier d'une baisse éventuelle de la devise.

Exemple 2 : Couverture de change d'une exportation par achat d'une option de vente La SNVI exporte le 1er février 2003 vers la Libye des camions et des bus pour un montant de

EUR 1.500.000 . La marchandise est payable à six mois. L'entreprise veut se couvrir contre une baisse de l'Euro par rapport au Dinar. Le cours comptant est de 1 EUR = 82,8040 DZD.

La banque propose à la SNVI l'option de vente suivante :

Prix d'exercice : 1 EUR = 82,8000 DZD ;

Échéance = juillet 2003 ;

Prime = 2,8 %.

Lors de l'achat de l'option, l'exportateur paie la prime d'un montant : 1.500.000 x 0,028 = 42.000 EUR, soit 42.000 x 82,8040 = 3.477.768 DZD.

Ainsi, l'exportateur s'assure pour EUR 1.500.000 un montant minimal de :

1.500.000 x 82,80 - 3.477.768 = 120.722.232 DZD.

A l'échéance, trois cas peuvent se présenter :

· L'Euro s'est déprécié : 1 EUR = 78,245 1 DZD. L'exportateur a intérêt à exercer son

option et recevra donc DZD 120.722.232 pour ses exportations ;

· L'Euro s'est apprécié : 1 EUR = 89,3275 DZD. L'exportateur n'exerce pas son option. Il vend les Euros sur le marché au comptant et reçoit :

1.500.000 x 89,3275 = 133.991.250 DZD.

Compte tenu de la prime versée, son revenu net s'élève à :

133.991.250 - 3.477.768 = 130.513.482 DZD pour ses exportations ;

· Le cours de l'Euro est égal au prix d'exercice : Il est indifférent d'exercer l'option ou pas.

L'exportateur, en se couvrant par l'achat d'une option de vente, s'assure un coût minimal de la devise, mais peut bénéficier d'une hausse éventuelle de la devise.

3. Les caractéristiques de l'option

3.1. L'actif sous-jacent

L'actif sous-jacent est le produit servant de support à l'option, pouvant être acheté ou vendu par le détenteur de l'option qui exerce son droit.

Dans notre cas, l'actif sous-jacent est la devise.

3.2. Le sens de l'option

Pour un couple de devises donné devise X / devise Y, il existe deux types d'options de change :

3.2.1. Les options d'achat

Le droit d'acheter une devise X s'appelle un call X.

L'acheteur d'un call acquiert le droit d'acheter à un prix convenu. Le vendeur, par contre, s'engage à vendre à un prix convenu.

3.2.2. Les options de vente

Le droit de vendre une devise X s'appelle un put X.

L'acheteur de put acquiert le droit de vendre à un prix convenu alors que le vendeur s'engage à acheter à ce même prix.

Comme l'achat ou la vente d'une devise X suppose une contrepartie dans une devise Y, une option d'achat (de vente) d'une devise X est en même temps une option de vente (d'achat) d'une devise Y.

3.3. Le prix d'exercice

Le prix d'exercice (également appelé strike) est le cours auquel l'acheteur peut exercer son option. Il est déterminé par les deux parties à la conclusion du contrat.

Pour un prix d'exercice donné, l'option est dite :

· « dans la monnaie » ou « in the money » lorsque le prix d'exercice de l'option est plus intéressant que le prix du marché. L'acheteur à intérêt à exercer l'option ;

· « à la monnaie » ou « at the money » lorsque le prix d'exercice de l'option est égal au prix du marché. L'acheteur est indifférent quant à l'exercice ou non l'option ;

· « en dehors de la monnaie » ou « out of the money » lorsque le prix d'exercice de l'option est moins intéressant que le prix du marché. L'acheteur n'exerce pas l'option.

Call

Put

Option

Strike > cours du marché

Strike < cours du marché

En dehors de la monnaie

Strike = cours du marché

Strike = cours du marché

A la monnaie

Strike < cours du marché

Strike > cours du marché

Dans la monnaie

 

3.4. La date d'exercice

La date d'exercice (appelée également la date d'échéance, la date d'expiration ou encore la maturité) est le dernier jour où l'acheteur peut exercer son option. De ce fait, nous distinguons :

3.4.1. Les options européennes

Une option est dite européenne lorsque l'acheteur ne peut l'exercer qu'à la date de l'échéance prévue dans le contrat.

3.4.2. Les options américaines

Une option est dite américaine lorsque l'acheteur peut l'exercer à tout moment pendant la durée de vie du contrat jusqu'à la date d'échéance.

La prime d'une option américaine sera plus élevée que celle d'une option européenne.

3.5. La prime

La prime (appelée également premium) est le prix de l'option. Il s'agit de la somme que l'acheteur paye au vendeur à la naissance du contrat (elle est payée d'avance). Elle reste acquise au vendeur, qu'il y ait ou pas exercice de l'option par l'acheteur.

Elle peut être exprimée en pourcentage, de l'ordre de 1 à 3 %, du montant nominal exprimé dans la devise primaire ou en unités de devise secondaire.

La prime est déterminée par quatre variables majeures :
· La volatilité du couple de devises ;

· La durée jusqu'à l'échéance ;

· Le prix d'exercice ;

· Le type de l'option (américaine ou européenne).

4. Les déterminants du prix d'une option de change

Le prix d'une option de change varie en fonction de ses caractéristiques. Il dépend :

· De la comparaison des caractéristiques de l'option (prix d'exercice, échéance et montant dans une certaine mesure) avec les conditions de marché ;

· Des évolutions probables des conditions de marché.

En effet, le prix d'une option ne dépend pas uniquement du gain obtenu en décidant de l'exercer immédiatement, mais aussi, de la probabilité que cette option devienne bénéfique. De ce fait, la valeur d'une option se décompose en deux éléments : la valeur intrinsèque et la valeur temps.

Montant de la prime = Valeur intrinsèque + Valeur temps

4.1. La valeur intrinsèque

La valeur intrinsèque correspond à la valeur minimale de la prime ; elle correspond au gain immédiat, sans risque, que ferait l'acheteur de l'option en faisant simultanément une opération sur le marché des changes (le marché au comptant ou le marché à terme).

La valeur intrinsèque n'est en fait que le reflet d'une remarque de bon sens consistant à dire que, si un produit financier offre plus d'avantage qu'un autre, son prix doit lui être supérieur.

La valeur intrinsèque représente la différence entre le prix d'exercice et le cours à terme, pour une option européenne, et la différence entre le prix d'exercice et le cours le plus avantageux des cours comptant ou à terme, pour une option américaine. Lorsque cette différence est négative la valeur intrinsèque est nulle.1

Le tableau suivant présente les différentes valeurs intrinsèques selon les types d'options :

1 M.Debauvais & Y.Sinnah, La gestion globale du risque de change, nouveaux enjeux et nouveaux risques, op. cit., P 264.

Type de l'option

Cours de référence

Sens de l'option

Valeur intrinsèque

Européenne

Call

 

Max(0 , cours à terme-strike)

Européenne

Put

 

Max(0 , strike-cours à terme)

Américaine

Devise en report

Call

Max(0 , cours à terme-strike)

Américaine

Devise en déport

Call

Max(0, cours spot-strike)

Américaine

Devise en déport

Put

Max(0 , strike-cours à terme)

Américaine

Devise en report

Put

Max(0 , strike-cours spot)

 

(Source : Elaboré par nous même)

4.2. La valeur temps

La valeur temps est la probabilité que l'option devienne dans la monnaie. Elle est égale à la différence entre le prix de l'option et sa valeur intrinsèque.

La valeur temps est essentiellement déterminée par :

4.2.1. La durée du contrat optionnel

Si la durée de vie de l'option est plus élevée, la probabilité que les cours futurs évoluent favorablement augmente. Par conséquent, le montant de la prime sera d'autant plus élevé.

Le lien entre la maturité et la prime de l'option est positif. En fait, ceci est uniquement vérifié avec des options américaines. Avec les options européennes, il n'y a pas de lien automatique entre la maturité et le prix d'une option.1

4.2.2. Le positionnement du prix d'exercice

La valeur temps atteint son maximum quand l'option est « à la monnaie » car l'incertitude, quant à son exercice, est la plus grande. Le vendeur prend un risque élevé qu'il n'acceptera qu'en contrepartie d'une prime élevée.

4.2.3. Les taux d'intérêt

Le vendeur de l'option constitue une encaisse de précaution, il va donc placer dans une devise et emprunter dans l'autre. Plus l'écart de taux lui est favorable, plus la protection est économique et par conséquent la prime sera moins chère.

1 P. Fontaine, Gestion du risque de change, op. cit, P 57.

Par un autre raisonnement, le lien est positif (négatif) entre le prix d'une option d'achat (de vente) de devises et le taux d'intérêt national, car l'acheteur d'une option d'achat prend une position d'achat sans débourser réellement de l'argent. Ceci lui évite d'emprunter de l'argent dans son pays et donc de payer des intérêts. Or, plus le taux d'intérêt national est élevé, plus cet avantage est conséquent et plus le prix de l'option sera élevé.

En revanche, le lien est négatif (positif) entre le prix d'une option d'achat (de vente) de devises et le taux d'intérêt étranger, car l'acheteur d'une option d'achat prend une position sur une devise étrangère qu'il ne possède pas et donc ne peut pas placer. Il ne touchera pas les intérêts liés à ce placement. Cette perte d'opportunité sera d'autant plus grande que le taux d'intérêt de la devise sera élevé et le prix de l'option d'achat (de vente) sera plus faible (élevé). 1

4.2.4. La volatilité du couple de devises

La volatilité représente l'amplitude et la fréquence des variations du cours de change autour de la moyenne, au cours d'une période d'observation donnée. C'est une donnée de base pour décider de l'opportunité de la couverture.

Plus la volatilité est élevée, plus les chances de voir monter ou baisser le cours de la devise sous-jacente sont importantes ce qui implique que les pertes et les gains potentiels sont plus élevés. Cependant, la détention d'une option permet de limiter les pertes au montant de la prime alors que les gains potentiels sont illimités. Ainsi, plus la devise est volatile, plus les détenteurs d'options à titre spéculatif ou de couverture seront prêts à payer cher cette option.

Le lien est donc positif entre la volatilité et la prime de l'option, et il est identique que ce soit une option d'achat ou de vente.

5. Les stratégies de couverture optionnelle

5.1. Les stratégies de base

1 Op. cit., P 56-57.

L'entreprise cherchant à couvrir un risque de change (à la hausse ou à la baisse) doit recourir à l'achat d'option (respectivement call ou put). Seul certains cas bien précis, rentabilisation d'une position de change librement acceptée ou spéculation sur la valeur temps de l'option, peuvent inciter un agent économique recherchant une couverture à choisir l'ouverture d'une position vendeur.

Il existe quatre stratégies de base :

5.1.1. L'achat d'un call

L'achat d'un call permet de se couvrir contre le risque de la hausse d'une devise par rapport à une autre, tout en bénéficiant de la baisse.

En effet, l'option call permet à l'acheteur de payer la devise à un prix maximum, égal au prix d'exercice augmenté du montant de la prime et ce quelle que soit la hausse, ce qui lui permet de réaliser un profit illimité proportionnel à la hausse de la devise. Dans le cas contraire (baisse de la devise), Elle lui permet de limiter la perte au montant de la prime (schéma1 2)1.

Schéma 12 : Achat d'un call

(Source : www.salledem.fr)

5.1.2. L'achat d'un put

L'achat d'un put permet de se couvrir contre le risque de la baisse d'une devise par rapport à une autre, tout en bénéficiant de la hausse.

En effet, l'option put permet à l'acheteur de vendre la devise à un prix minimum, égal au prix d'exercice diminué du montant de la prime et ce quelle que soit la baisse, ce qui lui permet de réaliser un profit illimité proportionnel à la baisse de la devise. Dans le cas contraire (hausse de la devise), elle lui permet de limiter la perte au montant de la prime (schéma 13).

1 Le point mort (sur le schéma) correspond au cours pour lequel l'acheteur de l'option ne fait ni gain ni perte compte tenu de la prime payée.

Schéma 13 : Achat d'un put

(Source : www.salledem.fr)

5.1.3. La vente d'un call

La vente d'un call permet de vendre une devise à un prix maximum égal au prix d'exercice

augmenté de la prime.

Le vendeur d'un call a un profit inverse à celui de l'acheteur du call. Il est dans l'obligation de se soumettre à la décision de l'acheteur, ce qui fait que les gains sont limités à la prime reçue alors que les pertes sont illimitées.

5.1.4. La vente d'un put

La vente d'un put permet au vendeur d'acheter une devise à un prix minimum égal au prix d'exercice diminué de la prime qu'il a reçue.

Le vendeur d'un put a un profit inverse à celui de l'acheteur du put. Il est dans l'obligation de se soumettre à la décision de l'acheteur, ce qui fait que les gains sont limités à la prime reçue alors que les pertes sont illimitées.

5.2. Les stratégies sur la volatilité

Les stratégies sur volatilités reposent sur les anticipations de volatilité future des cours de change. Les utilisateurs de ces stratégies visent à tirer profit sur la stabilité ou l'instabilité du marché sans chercher à connaître la tendance.

5.2.1. Les straddles

Un straddle consiste en l'achat (ou la vente) simultané d'un call et d'un put au même prix d'exercice.

L'acheteur de straddle anticipe une forte variation de cours indépendamment du sens de celle- ci. Cette variation doit être suffisamment importante pour lui permettre le paiement des deux primes et si possible l'exercice d'une des options. Ainsi, la perte est limitée à la somme des deux primes et le gain est illimité (schéma14).

Schéma 14 : Achat d'un straddle

(Source : www.salledem.fr)

A contrario, le vendeur de straddle table sur une stabilité du cours de change autour du prix d'exercice afin de lui permettre de conserver au moins une partie des primes touchées initialement. Ainsi, son gain est limité aux deux primes et la perte est illimitée.

5.2.2. Les strangles

Un strangle consiste en l'achat (ou la vente) simultanée d'un call et d'un put mais à des prix d'exercice différents. De plus, ces prix seront en dehors de la monnaie afin de minimiser le montant des primes à payer.

L'acheteur de strangle anticipe une très forte volatilité de cours. Cette variation doit être suffisamment importante pour lui permettre le paiement des deux primes et si possible l'exercice d'une des options. Ainsi, la perte est limitée à la somme des deux primes et le gain est illimité (schéma15).

Schéma 15 : Achat d'un strangle

(Source : www.salledem.fr)

A contrario, le vendeur de strangle table sur une stabilité des cours de change au tour des deux prix d'exercice afin de lui permettre de conserver au moins une partie des primes touchées initialement. Ainsi son gain est limité aux deux primes et la perte est illimitée mais à risque réduit.

5.3. Les stratégies sur le prix

Les stratégies sur le prix supposent, par définition, une anticipation de l'évolution du prix du sous-jacent.

On distingue les « termes synthétiques » appelés également « collar » qui consistent en l'achat d'une option call ou put et la vente d'une option de sens contraire, de même échéance et prix d'exercice (schéma 16).

Schéma 16 : Collar

(Source : www.salledem.fr)

5.4. Les stratégies de minimisation du coût de l'option

Les stratégies de minimisation des coûts permettent de surmonter l'obstacle que constitue la prime pour l'utilisation des options. En effet, elles permettent de profiter des variations favorables du marché sans aucun coût initial. Mais en contrepartie de cette opportunité de gain, un niveau de perte potentielle doit être accepté.

5.4.1. L'option à prime zéro

Le principe de l'option à prime zéro est de proposer une couverture entre deux limites sans paiement de prime. Cette stratégie combine l'achat et la vente de deux options européennes, de sens contraires, en dehors de la monnaie de primes égales. L'achat de l'une est financé par la prime perçue pour la vente de l'autre.1

5.4.2. L'option à prime faible

Le principe de l'option à prime faible dérive du concept de `prime zéro'. L'acheteur de la stratégie choisit de modifier une des deux bornes, dans un sens qui lui soit favorable, contre le paiement d'un certain montant de prime.

Dans l'exemple de la couverture d'une position longue, l'exportateur peut décider de relever, soit la borne basse pour se protéger à un niveau plus élevé, soit la borne haute pour profiter davantage d'un mouvement à la hausse de la devise sous-jacente.

5.5. Les options de seconde génération

Les options de seconde génération (exotiques) sont de nouveaux produits apparus sur les marchés afin de palier aux inconvénients des options standards et de satisfaire les exigences des clients quant à la prime, la spécificité et la complexité des besoins de couverture.

Les options exotiques sont négociées sur les marchés de gré à gré. Ce sont des produits sur mesure, adaptés par les ingénieurs financiers et qui ne se limitent qu'à leurs imaginations.

5.5.1. L'option à barrière simple

L'option à barrière simple fonctionne comme une option classique mais son contrat précise un niveau de cours prédéterminé qui, s'il est atteint, active ou désactive l'option. Si l'option est américaine, son dépassement (à la hausse ou à la baisse) est observé depuis la création de l'option jusqu'à sa maturité.

Il existe deux types d'options à barrières :

1 P. Gillot & D. Pion, Le nouveau cambisme, op. cit., P 107.

· Les options à barrières activantes (knock-in ou lightable option) : L'acheteur de cette option ne possède rien tant que le cours de la devise sous-jacente n'a pas touché la barrière ; dès que cette dernière est atteinte, il se trouve détenteur d'une option classique.

· Les options à barrières désactivantes (knock-out ou extinguishable option) : Inversement, l'acheteur possède une option classique tant que le cours de la devise sous-jacente n'a pas touché la barrière.

5.5.2. L'option à double barrière

Une option à double barrière s'active (apparaît) ou se désactive (disparaît) si le cours de la devise sous-jacente franchit les bornes d'un tunnel fixe déterminé dès l'origine de l'opération. Comme pour les options à barrière simple, on distingue les options à doubles barrières activantes et les options à doubles barrières désactivantes.

5.5.3. L'option sur moyenne

L'option sur moyenne (option asiatique) est une option dont le prix d'exercice est le cours moyen de la devise pendant la durée de vie de l'option «option average strike» ; ou dont le prix d'exercice est, à l'échéance, comparé à la moyenne des cours de la devise.

Le détenteur d'une option sur moyenne ne subit pas de mouvement brutal du cours de la devise à l'approche de l'échéance et s'assure ainsi une protection contre un accident de marché.

5.5.4. L'option lookback

L'option lookback a la particularité d'être dépendante du chemin parcouru par la devise sous- jacente. Ainsi, elle procure à son détenteur le niveau le plus favorable atteint par le cours de la devise sur une période de temps définie au départ. Il existe deux types d'options lookback : les lookback simples, qui procurent à l'acheteur la différence entre un prix d'exercice fixé à l'origine et le cours extrême du marché observé sur la durée de vie de l'option (le plus haut pour un call, le plus bas pour un put) ; par ailleurs, les lookback strike donnent le droit à l'acheteur d'acheter (call) ou de vendre (put) la devise sous-jacente à son prix extrême observé sur la durée de vie de l'option.

5.5.5. L'option à prime contingente

L'option à prime contingente (contingent premium) est une option pour laquelle l'acheteur ne paie pas de prime lors de son achat. A l'échéance de l'option, si celle-ci se termine hors de la monnaie, elle n'est pas exercée et l'acheteur n'aura donc pas à payer la prime. Si elle se termine dans la monnaie, elle est automatiquement exercée et l'acheteur doit acquitter une prime supérieure à celle d'une option classique équivalente. Ce type d'option correspond à une «assurance catastrophe» pour un opérateur souhaitant se couvrir sans coût en cas de non exercice.

5.5.6. L'option corridor

L'option corridor (range option) procure à son détenteur un revenu qui dépend du nombre de jours durant lesquels le cours de la devise sous-jacente demeure compris dans un intervalle déterminé. Ce revenu est calculé en multipliant un montant fixe par le nombre de jours pendant lesquels la devise est située dans un intervalle de cours appelé corridor.

5.5.7. L'option cri

L'option cri (shout option) permet à son détenteur de changer le sens (call ou put) à n'importe quel moment de la vie de l'option.

5.5.8. L'option sur panier

L'option sur panier (basket option) est caractérisée par son sous-jacent qui est un panier de plusieurs devises équipondérées ou non.

5.5.9. L'option sur option

L'option sur option (compound option) est une option dont le sous-jacent est une autre option, elle confère à son détenteur le droit d'acheter ou de vendre des options dont les caractéristiques ont été fixées au préalable. Cette option ne sera exercée que si la valeur de l'option sous-jacente est supérieure au premier prix d'exercice, aussi, l'échéance de l'option mère doit être plus courte que celle de l'option fille.

On distingue le call sur call, le call sur put, le put sur call et le put sur put.

6. Le cadre d'utilisation des options

L'option de change représente un instrument de couverture du risque de change certain (créances ou dettes commerciales, emprunts ou prêts ou bien actifs financiers). Elle constitue une solution particulièrement bien adaptée aux situations où le risque est incertain1 :

· Les appels d'offres internationaux ;

· Les ventes sur catalogues (dans lesquels les prix sont libellés en devise) ;

· La cession d'actifs sur devises, en particulier la vente de participations dont la réalisation effective est incertaine.

7. Les avantages et les inconvénients des options de change

La couverture optionnelle présente des avantages et des inconvénients :

Les avantages de la couverture optionnelle :

· Garantit à l'acheteur de l'option un cours maximum d'achat (ou un cours minimum de vente) ;

· Souplesse d'utilisation (prix d'exercice, échéance) ;

· Permet de couvrir des positions de change conditionnelles (risques aléatoires) ;

· Permet à l'acheteur de profiter d'une évolution favorable des cours ;

· Outil de gestion dynamique du risque de change : la revente de l'option est possible ;

· Instrument de hors bilan (seule la prime est échangée lors de la conclusion du contrat).

Les inconvénients de la couverture optionnelle :

· Coût instantané de la prime en terme de trésorerie ;

· Le montant de la prime versée peut se révéler très élevé. Il constitue une véritable charge financière ;

· Echéance de l'option généralement inférieure à 1 an ;

· Ce type de contrat nécessite une gestion continue par un professionnel ;

· L'utilisation des options n'a d'intérêt que pour des opérations en devises portant sur des montants importants.

1 M. Debauvais & Y. Sinnah, La gestion globale du risque de change, nouveaux enjeux et nouveaux risques, op. cit., P 284.

Dans ce chapitre, nous avons fait le tour des nouveaux instruments de couverture du risque de change dont le succès a favorisé l'éclosion de nouvelles stratégies de gestion. En effet, les produits dérivés, par leurs caractéristiques souples de fonctionnement, ont atteint les objectifs escomptés et ont en conséquence été à la hauteur des attentes.

Après avoir présenté le marché de change, le risque de change et les instruments de couverture contre le risque de change dans les précédents chapitres, nous allons traiter dans ce chapitre le risque de change et sa couverture en Algérie.

Pour cela nous avons structuré ce chapitre en quatre sections :

La première section sera consacrée à l'évolution du régime de change pour aboutir au marché des changes. Dans la deuxième section, nous présenterons une entreprise qui a subi des pertes de change, chose que nous tenterons de généraliser aux autres entreprises au travers d'un questionnaire dans la troisième section. Dans la dernière section, nous essayerons de démontrer la possibilité du change à terme en Algérie compte tenu du cadre réglementaire actuel.

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