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Gestion communautaire des ressources en eau et conflits d'usage dans la basse vallée de l'Ouémé


par Setondji Yacin Wilfrid BOKO
Université d'Abomey-Calavi - Diplôme d'Etude Supérieure Spécialisée 2009
  

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CHAPITRE I-

PROBLEMATIQUE

OBJECTIFS HYPOTHESES -

PRESENTATION DU SECTEUR

D'ETUDE ET CLARIFICATION

DES CONCEPTS

1-1 Problématique

Tout effort d?émancipation politique sera dénué de sens tant que les populations intéressées demeureront dans un état de stagnation économique aussi désespérant que celui qui existe dans certaines de nos communautés rurales. La difficulté initiale paraît rtre celle de devoir briser le cercle vicieux de l?immense misère de la masse rurale.

Les stratégies de développement mises en oeuvre depuis les deux dernières décennies n?ont pas permis de juguler efficacement la pauvreté et les crises auxquelles sont confrontées les populations. Cette dernière s?est plutôt accrue (Banque Mondiale, 1996).

En effet, la plupart des programmes et projets de développement qui ont été élaborés n?ont pas connu les résultats escomptés (PNUD, 1998).

Au BENIN, les expériences de développement connues jusqu?ici montre que l?Etat avait joué un rôle trop prépondérant qui n?a malheureusement pas permis aux populations, aux communautés de s?identifier pleinement aux actions initiées à leur profit (PNDC,1998). Les raisons explicatives d?une telle situation sont diverses et variées. La non implication et la non participation des bénéficiaires locaux depuis leur phase de conception jusqu?à celle de réalisation sont identifiées comme les principaux facteurs de l?échec des projets et programmes de développement (SARDAN, 1995).

Depuis des décennies, la région de la basse vallée de l?Ouémé et d?autres régions au sud du BENIN fait l?objet d?une forte immigration des populations d?éleveurs transhumants venant non seulement du nord du pays, mais aussi des pays limitrophes. Ces éleveurs sont en grande partie des pasteurs peuls. Ces populations ont quitté leurs régions d?origine pour subvenir aux besoins de leur bétail. Selon l?idée reçue ces flux migratoires vers le sud sont les conséquences directes de la dégradation des terres en général, et de la sécheresse en particulier. Aujourd?hui,

dans de nombreux villages dans la basse vallée de l?Ouémé on retrouve des « campements peuls ».

Cependant, la coexistence entre les groupes d?agriculteurs et les pasteurs peuls est devenue de plus en plus problématique depuis les années 1980 (Hagberg 2000). Les disputes, dues aux dégkts dans les champs, à l?accès aux points d?eau et aux passages des troupeaux, sont fréquentes. Les disputes sont parfois transformées en conflit violent entre agriculteurs et les pasteurs.

Ainsi, on a assisté à plusieurs conflits violents dont certains émanaient de groupes d?agriculteurs prits à tirer sur n?importe quel Peul ou boeuf qu?ils rencontraient. Ces éclats de violence entre agriculteurs et pasteurs peul font aussi partie des enjeux politiques régionaux. Les ressources matérielles (finances, terres, bétail) et politiques (relations des acteurs « bien placés » au sein de l?État) sont souvent mobilisées par les acteurs lorsqu?un conflit violent éclate dans un village. Parfois ces enjeux politiques dépassent les frontières nationales.

Cet état de chose est à cause de la manière dont les ressources en eau sont gérées. Dans notre secteur d?étude qui est la basse vallée de l?Ouémé , la ressource eau, malgré son existence en termes de quantité constitue une source de problèmes aux communautés locales.

Tous, nous savons que l?eau, c?est la vie. Sa rareté et les déficits critiques liés à la satisfaction équitable des besoins sont souvent source de tragédie. Aussi, la pérennisation des ressources en eau est devenue un sujet d?intérr~t national dans le cadre du développement durable et de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE).

En effet, des diverses utilisations des ressources en eau au BENIN, on note les contraintes suivantes:

une gestion sectorielle des ressources en eau, caractérisée par une multiplicité des centres de décision ;

une faible implication des acteurs et des usagers dans la prise de décision ;

une inexistence d?une stratégie globale pour une bonne gestion des ressources en eau;

une menaces pour la protection et la préservation des autres espèces et

l?absence d?un code de gestion de l?eau et conflits entre les différents acteurs.

Dans notre pays, pleins de travaux se sont consacrés à la gestion des ressources en eau. Mais, très peu d?études se sont consacrées au règlement et la gestion des conflits entre agriculteurs et pasteurs.

Cette étude vise à analyser les problématiques bien connues de la gestion des ressources en eau et celle de la coexistence entre agriculteurs et pasteurs.

Au BENIN, la coexistence de ces deux catégories d?acteurs sociaux est reconnue comme étant à la fois conflictuelle et consensuelle. Sa nature varie aussi bien dans le temps (entre le présent et le passé) que dans l?espace (d?un village à l?autre) et d?un contexte à l?autre (entre les activités dites de développement et la vie quotidienne dans le village).

Les rapports entre agriculteurs et pasteurs au Sahel ont même été caractérisés comme étant The Economics of Cain and Abel (Van den Brink et al. 1995) en faisant allusion aux rapports bibliques entre le cultivateur Caïn et le pasteur Abel dans le but d?identifier les droits de propriété agro-pastoraux afin de promouvoir les politiques de développement appropriées.

De quelle manière se fait donc la gestion des ressources en eau dans la basse vallée de l?Ouémé ? Quels sont les conflits auquel on assiste ? Quels sont les mécanismes qui sont mis en place pour la résolution de ces conflits ?

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