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Sida et Comportements Sexuels des femmes célibataires au Congo

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par Stève Bertrand MBOKO IBARA
Université de Yaoundé II / Institut de Formation et de Recherche Démographique (IFORD) - DESS en Démographie 2008
  

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INTRODUCTION GENERALE

La lutte contre la pandémie du SIDA (Syndrome de l'Immuno Déficience Acquise) n'est pas nouvelle au Congo. Les sigles comme D.L.S (Direction de Lutte contre le Sida) et P.N.L.S (Plan National de Lutte contre le Sida) sont évocateurs de multiples tentatives de réduction de la propagation voire d'éradication de ce fléau qui depuis lors ne cesse de ronger la population congolaise.

L'adoption en décembre 2002 d'un cadre stratégique de lutte contre le VIH/SIDA et les IST pour la période 2003-2007, n'est rien d'autre qu'une étape additionnelle des efforts entrepris par les gouvernements congolais en faveur de la lutte contre le VIH/SIDA entamés environ vingt ans plus tôt. Ce nouvel intérêt est apparu comme une réaction légitime face à la pandémie du Sida qui frappe la population congolaise. Par ailleurs, les différentes crises politiques que le Congo a connues ont placé la population congolaise (en particulier les femmes célibataires) en situation de pauvreté quasi exhaustive, les rendant plus vulnérables aux IST/VIH/SIDA. Le résultat en est une propagation du VIH/SIDA à une vitesse alarmante au sein de la population congolaise.

En effet, du fait des conflits armés, la notification des cas de VIH/SIDA n'a pas fonctionné de façon adéquate depuis plusieurs années. Déjà en 1995, le taux de prévalence du VIH/SIDA atteignait 7,8% (Rapport PNUD, 2003 ; Mboussou 2004), bien au-delà du seuil de 4% fixé par l'ONUSIDA., et particulièrement dans les deux principales villes (Brazzaville et Pointe-Noire) qui regroupent près de la moitié de la population du pays. Selon l'ONUSIDA, en 2000 la prévalence moyenne était estimée entre 10 et 12%. Cependant, à Pointe-Noire, la capitale économique du pays, le taux de prévalence du Sida est passé de 10% en 1996 à 14% en 2000 (ONUSIDA, 2000).

Cette prévalence, du fait des violences sexuelles et de la paupérisation croissante de la population congolaise, tend à se féminiser. Dans le rapport UNGASS (Declaration of Commitment on HIV/AIDS United General Assembly) publié en 2006, le taux moyen de prévalence du VIH au niveau national chez les adultes de 15 à 49 ans était estimé à 4,2%, avec des disparités d'une ville à une autre. Le nombre de personnes infectées par le VIH étant estimé à 110.000, la prévalence du VIH est particulièrement élevée dans les tranches d'âge de 35 à 39 ans (8,4%) et 40 à 44 ans (7,8%). La féminisation de l'épidémie apparaît très marquée avec un taux moyen de 4,7% chez les femmes contre 3,8% chez les hommes. Il a été observé une augmentation du risque de séropositivité avec l'âge, plus précocement chez les femmes que chez les hommes. Ce risque est maximum entre 25 et 39 ans chez les femmes, et entre 35 et 49 ans chez les hommes. Avant l'âge de 35 ans, les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes.

Si elle n'est pas freinée, la pandémie risque d'annuler tous les gains de paix et de reconstruction post-conflit, et d'empirer la situation de pauvreté des populations. Aussi, aujourd'hui encore, avec la montée de la modernisation, la lutte contre le Sida apparaît comme un facteur essentiel de développement. En effet, ne pouvant se soustraire de l'hégémonie d'un développement social, économique et culturel mondial qualifié de durable pour ne pas dire comme Robert Reich, la lutte contre le Sida est une réaction légitime pour les pays en développement. Il est urgent d'agir !

Le nouveau cadre stratégique de lutte contre le Sida au sein de la population congolaise vise comme premier objectif, le renforcement de la prévention. En l'absence de tout traitement curatif, la prévention du VIH/SIDA reste vraisemblablement le seul moyen efficace de lutte contre la propagation de la maladie. Ainsi, la promotion des comportements sexuels à moindre risque comme stratégie de lutte, apparaît plus que jamais comme une nécessité. Dès lors, il serait utile de voir ce qui en est du Sida et des comportements sexuels des femmes célibataires.

Mais pourquoi tant d'intérêt pour les femmes célibataires ?

Tout d'abord, en tant que femme et mère, elles sont à divers égards plus concernées que les hommes par les questions relatives à la santé de la reproduction. En effet, l'état de santé des mères détermine celui des enfants à travers leurs rapports étroits aussi bien pendant la grossesse que durant la période d'allaitement. Ainsi, une fois contaminée par le Sida, il y a beaucoup plus de risque qu'elle transmette le virus à l'enfant. Biologiquement parlant, la transmission des IST/VIH/SIDA se fait au moins quatre fois plus facilement de l'homme à la femme que de la femme à l'homme au cours des rapports sexuels. Autrement dit, les zones muqueuses plus étendues, les microlésions qui peuvent survenir au cours d'une séance de rapport sexuel et la présence d'avantage de virus dans le sperme que dans les secrétions vaginales sont autant d'éléments contribuant à augmenter le risque d'infection chez les femmes en général et chez les plus jeunes en particulier (OMS, 2000).

Puis, en qualité de célibataires, elles constituent une population à risque du fait de leur statut matrimonial, du désir d'en sortir et de faire des enfants pour se faire une place dans la société. Aussi, la précarité qui caractérise la société congolaise ne les épargne pas. Elles se livrent parfois à des pratiques sexuelles telle que la prostitution pour chercher de quoi survivre et de ce fait, sont exposées au risque de contracter le virus du sida (MBOUSSOU, 2004). D'après les résultats de la première Enquête Démographique et de Santé (EDS) du Congo réalisée en 2005, seulement 11,6 % des femmes célibataires ont une complète connaissance du Sida1(*), et lorsque l'on sait que celle-ci peut grandement influencer le comportement sexuel vis-à-vis de la maladie il y a donc lieu de mener une étude approfondie au sein de cette population cible afin de déterminer les facteurs qui, en agissant sur les connaissances du Sida, déterminent les comportements des femmes célibataires face au Sida.

Qu'est ce qui détermine les comportements sexuels des femmes célibataires au Congo ? En d'autres termes, l'appartenance d'une célibataire à une catégorie socioculturelle ou économique donnée la prédispose-t-elle à l'adoption de comportements sexuels particuliers? Telle est la question fondamentale à laquelle nous voudrions répondre dans cette étude. Si certains auteurs ont tendance à expliquer les comportements sexuels par les facteurs liés surtout à la culture et à la société, ou n'associent pas les rapports sexuels contractés par les individus à un autre but que la satisfaction personnelle, d'autres par contre placent des motivations bien précises à la basse de ces comportements (RWENGE, 1999b). Dans ce cas, les rapports sexuels contractés par les femmes célibataires sont considérés comme étant des stratégies en vue d'une ascension sociale ou comme moyens de survie et d'amélioration des conditions de vie. A ces deux approches (socioculturelle et économique) s'ajoute d'autres approches d'explication des comportements sexuels notamment les approches biologique, psychosociale, comportementale, institutionnelle et bien d'autres encore. Mais de plus en plus l'approche genre s'émerge en s'appuyant sur les inégalités entre sexe pour expliquer la vulnérabilité des femmes aux IST/VIH/SIDA.

L'objectif général de la présente étude est de déceler le mécanisme par lequel, le profil des femmes célibataires influence leurs comportements sexuels, en tenant compte du contexte particulier de sortie de crise en République du Congo. Les objectifs spécifiques consistent ainsi à :

· Déterminer le profil des femmes célibataires les plus exposées aux VIH/SIDA ;

· Vérifier si la bonne ou la mauvaise connaissance que l'on a du SIDA, influence son comportement sexuel ;

· Identifier les déterminants des comportements sexuels à risques chez les femmes célibataires au Congo;

· Hiérarchiser les déterminants selon leur pouvoir explicatif des comportements sexuels.

· Proposer des pistes d'intervention pour l'amélioration de la situation.

Cette étude est divisée en cinq chapitres. Le premier chapitre est consacré au contexte de l'étude ; le deuxième chapitre est réservé à la synthèse de la littérature et aux cadres conceptuel et analytique ; le troisième chapitre est celui de l'évaluation de la qualité des données et la description des méthodes d'analyse des données ; le quatrième chapitre est consacré à l'analyse bivariée et le cinquième chapitre à l'analyse multivariée des données.

* 1 Ont une bonne connaissance du sida, les femmes qui déclarent que l'on peut réduire le risque de contracter le sida en utilisant les condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. (EDSC1 2005)

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