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Développement intégré des systèmes de production basés sur les techniques de collecte des eaux pluviales dans les régions montagneuses du Sud-Est de la Tunisie: Le cas du micro-bassin versant Rebiaa Zammour-Béni-Khédache - Tunisie

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par Mohamed KOUAKBI
Institut Agronomique Mediterranéen - Master of Sience 2025
  

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Conclusion générale

Les faibles potentialités en eau, ainsi que la précarité des conditions climatiques que rencontre l'agriculture des régions montagneuses arides ont poussé les populations locales à diversifier leurs productions et les sources de leurs revenus. La diversification des sources de revenu constitue un élément de sécurité qui conditionne la viabilité de l'unité de production. Mais cette situation engendre deux grands problèmes graves :

> Le développement des activités extra-agricoles notamment l'émigration et le commerce a pour conséquence la désaffectation des populations vis-à-vis de l'activité agricole avec l'ancien système de culture ;

> Le retard enregistré dans l'installation des infrastructures par rapport à la plaine
s'est traduit par un exode vers l'extérieur et l'abandon du patrimoine jessours.

La dynamique d'espace est liée à la dégradation de la valeur d'échange des productions de la région. En effet cet espace, géographiquement défini, est à la fois un espace socio- économique et un espace écologique. La demande des agriculteurs au capital naturel (ressources en sol, en eau, etc.) n'est plus adaptée à ce que la régénération leur fournissait dans le cadre d'une exploitation plus respectueuse des équilibres. En outre, la perte d'une grande quantité d'eau de ruissellement et la modification des modes d'exploitation contraint les agriculteurs à abandonner en partie la gestion traditionnelle de certaines ressources naturelles : c'est le cas de la petite hydraulique progressivement délaissée dans notre zone d'étude à Zammour.

Localement le rôle de ces ouvrages dans la maîtrise des eaux de ruissellement apparaît minime, mais on leur reconnaît à l'échelle du bassin versant une efficacité irréfutable. Toutefois, ces ouvrages nécessitent pour être fonctionnels, un entretien périodique et une optimisation de l'exploitation de ces eaux de ruissellement.

Malgré leurs situations dans des zones très accidentées où les superficies à vocation agricole sont limitées, morcelées généralement, les agriculteurs ont valorisé des petites surfaces pour produire dans un double objectif de consommation et garantie d'un revenu agricole familiale. Ces techniques ont un rôle hydro morphologique et agronomique important, ces techniques connaissent trois autres problèmes (climatiques, socio-économiques, techniques) à savoir :

1) les problèmes climatiques

- Une pluviométrie faible et irrégulière quant à sa quantité et sa répartition en fonction des saisons de l'année ;

- Le caractère torrentiel et brutal des précipitations ;

- Un bilan hydrique déficitaire le long de l'année.

2) les problèmes socio-économiques

- L'émigration des jeunes et développement des activités extra-agricoles.

- L'exode de la population rurale des zones montagneuses vers les plaines et délaissement de l'activité agricole ;

- La faiblesse des productivités et des productions ;

- La faible contribution du revenu agricole dans le revenu de la famille.

3) les problèmes techniques

- La surface des impluviums est plus grande que l'air de rétention du jesr ; - La capacité de rétention est inférieure au volume d'eau y arrivant ;

- Augmentation de la sédimentation après l'érosion ;

- Des déversoirs mal entretenus ;

- Une forte densité des arbres fruitiers ;

- Une sous exploitation des eaux de stockage par la technique traditionnelle de puisage pour l'irrigation d'appoint.

Face à la situation précédente, l'intervention au niveau des ces systèmes est nécessaire pour sauvegarder et conserver le patrimoine de Jessours, les Fesguias et les Majels dans une région qui tente de développer le secteur du tourisme.

Mais ce que nous venons de préciser n'élimine pas le rôle des actions anthropiques dans la maîtrise des eaux de ruissellement. Bien au contraire, l'homme, par ces interventions, a contribué à une importante accélération de l`érosion hydrique. Les jessours, connus depuis l'antiquité, tout en ayant un rôle hydro morphologique non négligeable, comportent pas mal de défaillances qui sont à l'origine de leur débordement (destruction). Ce débordement est la cause principale de la destruction des barrages et des terrasses. En effet, malgré l'entretien permanent de ces ouvrages de petite hydraulique, le risque de destruction des jessours est toujours présent, particulièrement lors des fortes pluies, c'est à dire au moins une fois tous les cinq ans. D'ailleurs, cette destruction a toujours existé, mais les hommes étaient toujours là pour réparer les dégâts (brèche, trous, ravins, etc...). Ils étaient obligés d'assurer l'entretien des jessours, car ces derniers constituaient un moyen de sauvegarder leurs ressources et leur patrimoine agricole (les jessours). L'abandon aboutit à la destruction et la disposition de tous ces ouvrages de petite hydraulique.

Les mesures anti-érosives dans ces djebels, essentiellement les oeuvres de l'Etat, sont

inefficaces malgré l'importance des moyens utilisés. Une nouvelle conception de l'aménagement est nécessaire pour lutter contre l'érosion hydrique. Cette conception se base sur l'aménagement intégral des impluviums, Ce travail doit s'effectuer par micro bassin versant de quelques km2 d'une part et la création d'un organisme (office) qui se chargera de l'application de cette nouvelle politique pour une meilleure exploitation des eaux de ruissellement.

Compte tenu des problèmes cités auparavent, il est intéressant d'impliquer les usagers locaux des ressources naturelles à tous les étapes de procédure de développement d'une part et la nécessité d'apporter des solutions techniques prouvées et acceptées par la population locale d'autre part. Une intervention s'avère nécessaire à travers la simulation de trois scénarios de développement du système productif pour la valorisation des grandes quantités d'eaux perdues dans le micro bassin versant Rebiaa, dans ces scénarios on a introduit le risque à travers la probabilité d'apparition de trois types d'années (année sèche, année normale et année humide) sur une période de 30 ans. L'analyse comparative de trois scénarios, nous a montré le besoin de la région aux nouvelles techniques qui sont bien testés et brevetées. Cette intervention est nécessaire pour mieux sauvegarder ce patrimoine et donner une nouvelle allure pour les cultures en sec dans les zones montagneuses.

Sur le plan de l'organisation structurelle de la collectivité des zones rurales montagneuses, il serait judicieux de créer un comité de développement, au niveau des groupements, qui constituerait une sorte d'interlocuteur entre les agriculteurs et les organismes de développement pour la recherche des crédits afin d'introduire ces nouvelles techniques.

On suggère d'organiser des programmes d'informations et des sessions de formations continues au près des agriculteurs. L'objectif serait de rassurer les bénéficiaires en les soutenant continuellement dans l'application des nouvelles techniques pour mieux valoriser les eaux de ruissellements.

La seule organisation non gouvernementale dans la région est l'AJZ. L'intervention de cette organisation reste souvent limitée. Ces aides se limitent au niveau de la construction des citernes d'eau et la réparation des brèches dans les tabias.

Des nouveaux investissements seront nécessaires pour permettre aux exploitations de progresser pour que l'effort des agriculteurs ne reste pas vain.

Quoi qu'il en soit, il est claire que les investissements nécessaires pour l'ensemble du micro- bassin seront plus importants que ce que pourront fournir les capitaux propres des ces agriculteurs. Une aide étatique aussi bien financière que technique restera toujours donc nécessaire. En se basant sur les résultats de notre modèle de simulation, nous proposons une

politique de crédit particulière à la région qui prend en considération la faible rentabilité économique de ces exploitations.

Compte tenu des conditions climatiques, d'autres perspectives pourraient être avancées en appuyant sur les particularités et les atouts de la région. Le développement des activités traditionnelles par la valorisation des activités artisanales et la mise en place de programme de formation et de constitution d'associations et coopératives de production(en particulier dans les activités de la femme). La restauration et la valorisation du patrimoine architectural ancien régional comme les habitats troglodytes et des qsour peuvent être des points d'attraction pour les touristes. Le projet IRZOD faisant un exemple dans les changements en terme de participation de la population locale et en terme d'amélioration des conditions de vie de la population.

Une étude plus approfondie s'avère nécessaire pour atteindre ces questions tout en adoptant d'autres méthodes et outils de travail menant l'affinement des résultats et permettant de mieux appréhender le processus du développement rural.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.


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