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Développement intégré des systèmes de production basés sur les techniques de collecte des eaux pluviales dans les régions montagneuses du Sud-Est de la Tunisie: Le cas du micro-bassin versant Rebiaa Zammour-Béni-Khédache - Tunisie

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par Mohamed KOUAKBI
Institut Agronomique Mediterranéen - Master of Sience 2025
  

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Partie I :
Contexte de la gestion de l'eau en milieu aride et présentation de la zone
d'étude (Zammour - Beni Khédache)

1. contexte de la gestion de l'eau

« C'est une vérité simple et cruelle à la fois, l'eau est une ressource vitale, vulnérable et rare pour l'humanité » a déclaré, à l'ouverture de conférence sur l'eau, Dominique Voynet.

Le constat est en effet alarmiste : les nappes phréatiques se dégradent ; la consommation grimpe en flèche, avec la croissance démographique, l'urbanisation et l'industrialisation, est colossal.

L'eau n'est pas qu'un bien économique, elle est aussi un bien social, un bien culturel, un bien environnemental...L'eau est un bien fondamental, selon l'expression de Riccardo Petrella, économiste et professeur à l'Université de Louvain.

L'économie a toujours été intéressée à la fois aux décisions d'allocation des ressources prises par l'individu et tous les agents économiques et la question plus large de l'allocation des ressources par la société dans son ensemble.

En agriculture, les facteurs de production n'existent qu'en quantité très limitée. L'eau en particulier qui était considérée comme un bien libre, tend à devenir le facteur le plus limitant. En effet, elle est le facteur de production déterminant, toutes les autres actions d'intensification se trouvent ainsi compromises et cela quelle que soit leur efficacité de principe. Cette rareté accélérée de l'eau rend de plus en plus difficile sa répartition. Ainsi Hamdi (1988) écrit « en Tunisie, les ressources en eau sont rares, dès lors, la problématique de la gestion des ressources en eaux se pose en terme économique, c-a-d, l'allocation rationnelle » il faut alors bien avouer que les ressources hydriques soumises à une demande accrue et à des conflits d'intérêt, sont très limitées, il convient de les employer aux mieux.

En zone aride, la petite hydraulique est le moyen le plus évident de mobiliser les eaux de surface et de tirer le meilleur parti des nappes phréatiques.

Les écoulements se produisent de façon sporadique, par des événements brefs dans lesquels transitent des volumes importants avec des vitesses élevées. Pour vivre dans ces régions difficiles, les populations ont su, depuis toujours, déployer un réel savoir-faire pour maîtriser et utiliser les écoulements.

Les techniques inventoriées par différents auteurs depuis l'époque romaine (Bouderbala & al, 1984 ; El Amami, 1984 ; Emmabli, 1993) ) sont très diverses, à l'image d'un milieu contrasté : banquettes pour retenir localement eaux et sédiments pour l'agriculture (tabias) ; terrasses de cultures pour limiter le ruissellement ; ouvrages dans les oueds pour diminuer les vitesses d'écoulement (jessours) et des réservoirs qui sont appelés à jouer aussi bien le rôle d'organe de stockage d'eau (Mejel ou Fesguia).

Ces ouvrages sont disposés sur le bassin selon une organisation spatiale qui permet d'adapter chaque type d'aménagement aux contraintes de la zone, chacun contribuant à l'équilibre écologique global par ses effets annexes : favoriser l'infiltration, limiter l'érosion et restaurer les sols.

L'accès à l'eau structurait les sociétés rurales dans la mesure où nous pouvons classer les propriétés en fonction de leur éloignement de l'amont du bassin versant. Les propriétés qui sont proches de l'amont du bassin sont favorisées puisqu'elles peuvent satisfaire tout leur besoin en eau. Par contre, les propriétés qui se trouvent à l'aval du bassin doivent attendre le surplus d'eau qui peut traverser le déversoir. Les exploitants sans propriété sont le plus souvent marginalisés par rapport aux processus de décision, ces derniers fournissant le travail pour la construction, l'entretien et la gestion technique des aménagements. La cohabitation de ces deux groupes sociaux était définie par un ensemble de règles se rapportant à la propriété de l'eau, à sa distribution et à l'entretien des ouvrages. Elles étaient acceptées par tous et précisaient les statuts et les rôles de chacun.

Même si, l'eau restait souvent l'ami du puissant (Bedoucha, 1987), il y avait totale cohérence entre outils techniques et objectifs de gestion ce qui assurait une bonne performance globale du système.

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