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Mise en place et entretien des productions végétales et/ou animales : cas du cacao.


par kouame stephane alexis koffi
institut national felix houphouet boigny de yamoussoukro (ecole supérieur d'agronomie) - ingénieur des techniques agricoles 2007
  

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II. MISE EN PLACE D'UNE PLANTATION DE CACAO

2.1 La pépinière

Pour la mise en place d'une plantation de cacao, la pépinière est nécessaire car c'est une des conditions à la réussite de la plantation. La pépinière permet d'éviter la forte mortalité issue des semis directs au champ. Cette mortalité est souvent due aux mauvais temps et aux attaques des rongeurs.

Photo 3 : Pépinière

2.1.1 Le Choix de l'emplacement de la pépinière

La pépinière est mise en place 6 à 8 mois avant la plantation. Elle se situe le plus souvent à proximité d'un point d'eau pour faciliter les arrosages. Elle peut être près de la future plantation, du campement, du village ou à proximité d'une terre humifère. L'essentiel est que la pépinière se situe près d'un point d'eau. Nous avons rencontré souvent des pépinières qui étaient complètement situées dans des bas-fonds ; ce qui n'est pas conseillé.

2.1.2 La Confection de l'ombrière et classement des sachets

L'ombrière est réalisée avec du bois, des feuilles de palmes et du bambou. La hauteur est d'environ 1,5m au dessus du sol. Les paysans ne tiennent pas trop compte des allées entre les planches. Les sachets sont remplis avec de la bonne terre humifère qu'ils récoltent en forêt.

2.1.3 Le semis

Le matériel végétal provient des anciennes plantations. Les paysans eux-mêmes font la sélection des cabosses qu'ils estiment saines. Les fèves sont semées dans les sachets dans les deux jours qui suivent la récolte car la graine perd son pouvoir germinatif lorsqu'elle reste longtemps hors de la cabosse. Les graines sont semées en mettant le gros bout en bas, en cas de doute, à plat pour que le pivot soit bien droit. Les graines séjournent 6 à 8 mois en pépinière.

2.1.4 L'entretien de la pépinière

La pépinière est arrosée tous les jours pendant les 15 premiers jours qui suivent le semis, puis tous les 2 jours. La quantité d'eau à apporter n'est pas trop respectée par les paysans. Le dosage n'est que approximatif. La pépinière est souvent sarclée pour éliminer les mauvaises herbes qui constituent le réservoir de plusieurs insectes nuisibles et éviter la concurrence hydrique et nutritionnelle.

2.2 La plantation

2.2.1 Le choix du terrain

Avant d'entreprendre tout défrichement, le paysan s'assure que le sol convient à la culture du cacaoyer. Le choix du terrain est fait de manière empirique. Les paysans apprécient la fertilité du sol par certains signes comme la couleur du sol (rouge), la présence d'éléments grossiers, la présence de grands arbres qui témoignent de la profondeur du sol. Ils font le choix du terrain sans une véritable étude scientifique mais se basent sur leurs expériences antérieures. Compte tenu du manque de forêt qui se fait de plus en plus sentir, les paysans font la culture du cacao en association avec l'igname pour faciliter les entretiens. Le nettoyage du champ d'igname permet en même temps de nettoyer le champ de cacao. Les paysans transforment souvent des champs de café en champs de cacao. Ce qui réduit considérablement les efforts de défrichement.

2.2.2 Le défrichement

Le défrichement prend assez de temps et nécessite beaucoup de moyens financiers surtout lorsqu'il s'agit d'une forêt. Le paysan, aidé par sa famille et ses proches emploie aussi des manoeuvres pour l'aider. Il procède d'abord à l'abattage du sous bois puis à l'élimination des gros arbres. L'andainage et le brulis interviennent par la suite.

Le défrichement se fait manuellement à l'aide de machettes pour les petits arbres et avec des tronçonneuses pour les gros arbres. Il arrive souvent qu'ils utilisent le feu pour tuer les gros arbres. Le défrichement mécanisé n'est pas utilisé, même pour les paysans qui ont de grandes plantations car en cacao culture, la plantation se met en place progressivement et cela peu prendre plusieurs années.

2.2.3 Le piquetage

C'est une opération qui est négligée par la plus part des paysans. La densité et l'espacement entre les plants sont réalisés au hasard. Les dimensions du piquetage sont de 3m X 2,5m pour la minorité de paysans qui accordent encore une importance à cette opération.

2.2.4 La mise en place des plants

La trouaison qui devrait se faire normalement 1mois avant le planting est une opération à laquelle les paysans n'attachent aucune importance.

Les paysans creusent un trou d'une profondeur d'environ la longueur de l'avant bras et les plants sont mis en terre le même jour. Le planting se fait pendant les pluies tôt le matin (6h-10 h) en évitant les heures chaudes (13h-16h) de la journée. Les jeunes cacaoyers sont plantés avec beaucoup de précautions pour éviter leur destruction et leur permettre de survivre dans leur nouvel environnement. Les paysans veillent à ce que le collet du plant reste au niveau du sol, la terre est ramenée autour en motte en tassant avec les mains ou les pieds au fur et à mesure du rebouchage et en tournant autour du plant. On évite de laisser une cuvette au pied du cacaoyer pour empêcher la stagnation des eaux de pluies pouvant engendrer les pourritures au niveau du collet. Cependant nous avons rencontré certains paysans qui laissaient des cuvettes pour favoriser la rétention des eaux de pluie. Ces paysans font cette pratique qu'ils disent avoir hérité de leurs parents tout en ignorant les dangers auxquels ils s'exposent.

2.2.5 La fertilisation

La fertilisation est une opération qui n'est vraiment pas nécessaire en cacao culture car l'arbre se nourrit essentiellement de la décomposition de ses propres feuilles. Dans la région, les paysans ne trouvent pas nécessaire de faire un apport d'engrais puisqu'ils ont des sols riches et propices à la culture du cacaoyer.

2.3 Les cultures associées

Ces cultures sont mises en place dans les interlignes soit 1 an avant, soit à la même année pour les bananiers et 2 à 3 ans avant pour les légumineuses à croissance rapide (Glyricidia sepium, Albizza sp.). Ces cultures apportent souvent leur ombrage aux jeunes cacaoyers et captent aussi l'azote atmosphérique pour enrichir le sol.

III ENTRETIEN

Les entretiens regroupent toutes les opérations qui consistent à préserver la santé de la plante et à lui permettre un bon développement.

3.1 La lutte contre les adventices et le désherbage

Le désherbage est une opération qui consiste à maintenir en état de propreté le sol de la cacaoyère pendant toute l'année. Le problème des adventices ne se pose que pendant les 3 premières années. Après la fermeture du couvert, la lumière qui parvient au sol est insuffisante et les adventices sont éliminées d'elles mêmes. Pour une plantation, le désherbage se fait 2 ou 3 fois selon le temps du paysan. Pour une culture en association igname-cacaoyer, on profite du nettoyage du champ d'igname pour nettoyer en même temps les cacaoyers. Après la récolte des ignames, le champ reste propre pour les jeunes cacaoyers. Parfois on sème le riz et les cacaoyers profitent des entretiens du riz. Cette technique permet de maintenir la propreté du champ de cacaoyer pendant 2 à 3 ans. Le désherbage se fait généralement à la machette, la daba. Le désherbage chimique n'est pas employé par les paysans.

3.2 La taille de formation

L'opération consiste à aider les jeunes cacaoyers à former leurs couronnes à une hauteur convenable (1,50 m à 1,80 m) le plus rapidement possible car la floraison ne se déclenche que sur l'arbre ayant formé sa couronne. Cette opération est nécessaire lorsque :

- L'arbre a formé une couronne basse ;

- De nombreux gourmands se sont développés sur le tronc ;

- Le bourgeon est détruit par les insectes ;

- Lorsque l'arbre est endommagé accidentellement.

On supprime les autres gourmands du tronc et la couronne en laissant 1 ou 2 gourmands. Il arrive aussi qu'on taille la partie attaquée ou abimée et on laisse partir un gourmand. Avec un sécateur ou la machette, l'opération se pratique dans une jeune plantation de 1 à 2 ans.

3.3 Les insectes nuisibles au cacaoyer

Depuis la pépinière jusqu'à la plantation adulte et à la production de cabosses, le cacaoyer subit les attaques d'insectes, de champignons et de certaines maladies. Les ennemis du cacaoyer sont nombreux mais nous verrons ici ceux que nous avons le plus souvent rencontrés.

3.3.1 Les insectes nuisibles en pépinière

a. La chenille défoliatrice (Anomis leona)

· Description et localisation

C'est une larve de lépidoptère de coloration vert clair avec deux lignes dorsales longitudinales jaunes. Ils sont localisés sur les feuilles tendres, les boutons floraux et les fleurs.

· Dégâts

Ces chenilles perforent et rongent les jeunes feuilles. Elles détruisent les boutons floraux et les fleurs.

Figure 3 : Anomis Leona

b. Les psylles (Tyora tesmanni)

· Description et localisation

C'est un petit hémiptère avec des ailes transparentes dont les larves sont reconnaissables par la matière cireuse cotonneuse qu'elle sécrète et qui le couvre. On les retrouve sur les jeunes pousses, à la face inférieure des feuilles et sur le bourgeon terminal. Cet insecte attaque le cacaoyer à tous les stades de son développement.

· Dégâts

Le bourgeon terminal, les jeunes pousses et les feuilles sont piqués par les larves et les adultes. Leurs piqures causent le dessèchement, la chute des feuilles, l'avortement des bourgeons et le raccourcissement des entre noeuds.

c. Les scolytes des rameaux (Xyleborus sp.)

· Description et localisation

C'est un coléoptère dont l'adulte est très petit et a une coloration brune-noire. On le retrouve généralement sur les tiges et les rameaux.

· Dégâts

La femelle creuse des galeries qui provoquent le dessèchement progressif de la tige de haut en bas ou du rameau de l'extrémité vers le trou. Les attaques sont plus fréquentes en pépinière.

3.3.2 Les insectes nuisibles en jeune plantation (moins de deux ans)

En plus des insectes déjà cités, nous avons rencontré d'autres insectes qui s'attaquent aussi aux cacaoyers.

a. Le vers épineux du cacaoyer (Earias biplaga)

· Description et localisation

C'est une chenille fusiforme couverte de poils. Elle a une coloration brunâtre avec quelques tâches plus claires que le reste du corps. On la retrouve au niveau du bourgeon terminal, des feuilles anthocyannées, des cherelles et des cabosses.

· Dégâts

La chenille dévore les feuilles anthocyannées et détruit le bourgeon terminal en y creusant des galeries. Elle creuse des galeries dans le cortex des fruits et provoque des déformations et la chute des fruits.

b. Les thrips du cacaoyer (Selenothrips rubrocinctus)

· Description et localisation

L'adulte est noirâtre et mesure 15 à 20 mm. La larve a une coloration blanche crèmeuse et possède une bande rouge sur les trois premiers segments abdominaux. L'insecte se localise sur la face inférieure des feuilles, les cabosses et les bourgeons.

· Dégâts

Les larves et les adultes piquent les feuilles, les fruits et les bourgeons. Les piqûres entrainent l'avortement des bourgeons, la destruction de l'épiderme des feuilles qui présentent des zones nécrosées à la face inférieure, la formation de plages de cellules mortes pouvant recouvrir toute la cabosse (coloration ferrugineuse).

c. Les curculionidés défoliateurs

· Description et localisation

Ce sont des charançons (coléoptères) de diverses tailles (5 à 8 mm) de forme ramassée et de couleur terne. On les retrouve sur les feuilles et les cherelles.

· Dégâts

Les adultes découpent le bord du limbe en festons et grignotent les cherelles entrainant la déformation ou la chute des fruits.

3.3.3 Les insectes nuisibles au cacaoyer adulte

Aux insectes déjà rencontrés en jeune plantation, nous avons aussi :

La punaise verte (Bathycoelia thalassina)

· Description et localisation

C'est une grosse punaise verte (17 à 18 mm) qu'on retrouve sur les cabosses et les cherelles.

· Dégâts

Les larves et les adultes piquent les cabosses et sucent les fèves laiteuses occasionnant la chute des cherelles. Selon la population de cet insecte, les pertes de cherelles peuvent atteindre 60%.

Figure 4: Bathycoelia thalassina

a. Les mirides

· Description et localisation

Les mirides sont des punaises (pentatomidés) de forme ovale et de taille variable (8 mm à 10 mm). Plusieurs espèces s'attaquent aux cacaoyers. En Côte d'ivoire seulement quatre espèces sont représentées mais Sahlbergella singularis et Distantiella theobromae sont les plus répandus dans la cacaoyère ivoirienne. On les retrouve sur les fruits au niveau de l'insertion du pédoncule de la cabosse sur le tronc, au niveau des fourches, sur les gourmands et les branchettes et dans les crevasses sur le tronc ou les branches.

· Dégâts

Toutes les parties du cacaoyer, à l'exception des feuilles sont piquées par les mirides. La salive injectée au moment de la piqûre est toxique et détruit les cellules végétales. Cela a pour conséquence sur le tronc et la branche maitresse : la formation de chancre, la disparition des coussinets floraux, sur les branchettes on a le dessèchement, le brunissement des feuilles qui restent attachées aux rameaux. On note aussi le dessèchement et la chute des cherelles, sur les cabosses formées on remarque la formation de tâches rondes de couleur vert foncée qui brunissent rapidement mais en général la maturation se poursuit. Tout cela a pour résultat immédiat la perte de production de 30% à 40%.

Figure 5 : Sahlbergella singularis Figure6 : Distantiella theobroma

b. Le foreur de tige

· Description et localisation

Le foreur de tige Ouest Africain est un papillon de nuit. Il est localisé sur le tronc et sur les tiges.

· Dégâts

Le foreur de tige fait des dégâts importants lorsqu'il est au stade de chenille. En Afrique de l'Ouest, ce stade dure trois mois. Pendant cette période, la chenille grandit et creuse sa voie dans le tronc de l'arbre, en créant de nombreuses galeries. Ces galeries creusées peuvent également constituer une voie d'entrée pour d'autres maladies comme la pourriture brune. Les branches et les troncs attaqués perdent leurs feuilles, sèchent et meurent.

3.4 Les maladies du cacaoyer

3.4.1 La pourriture brune

Elle est causée par Phytophtora sp.. Les cabosses attaquées présentent une ou plusieurs tâches translucides qui brunissent au bout de 24 à 48 heures. Ces tâches s'étendent rapidement à la surface de la cabosse par temps humide et se recouvrent au bout de quelques jours d'un revêtement sporifère blanc crème. Les tâches finissent par recouvrir toute la cabosse qui en vieillissant devient sèche et de couleur grisâtre. La pourriture brune peut également se manifester sur les feuilles et dans le bois des rameaux du tronc ou des racines où elle provoque l'apparition de chancres. Les principales sources de contamination sont les résidus de récoltes, les cabosses déjà atteintes, le sol de la cacaoyère et les coussinets floraux. La dissémination de la maladie passe par les insectes, les animaux et l'eau de ruissellement.

3.4.2 Le swollen shoot

Le swollen shoot est une maladie qui existait depuis longtemps. Cependant, elle a pris de l'ampleur ces dernières années. Elle est devenue la maladie la plus redoutée par les paysans car la recherche n'a pas encore trouvé un remède effectivement efficace.

C'est une maladie causée par un virus qui est transmis par l'intermédiaire des cochenilles. Les premiers symptômes sont observables sur les feuilles qui tombent par la suite. Les branches et le tronc du cacaoyer se dessèchent progressivement et l'arbre meurt au bout de trois à cinq ans.

Ø Symptômes sur les tiges et les racines

On observe un gonflement des rameaux, des gourmands et sur toutes les parties de la tige, notamment à la base dans l'entre noeud ou à l'extrémité. Les gonflements sont aussi observables sur la racine pivotante, les racines latérales virosées.

Ø Symptômes sur les cabosses

La maladie se manifeste sur les cabosses par des déformations et une réduction de la taille. Généralement, les arbres infectés produisent peu de cabosses et de taille plus petites que la normale puis dans certains cas, de formes arrondies. Les fèves sont de tailles réduites avec une proportion non négligeable de fèves plates.

Photo 4 : Cacaoyers atteints de swollen shoot

3.5 Lutte contre les ennemis du cacaoyer

La lutte contre les ennemis du cacaoyer se fait selon deux techniques :

- Les techniques agronomiques

- Les traitements phytosanitaires

3.5.1 Les techniques agronomiques

Ce sont des techniques qui ont depuis longtemps été négligées par les paysans. Cependant, ces dernières années, l'ANADER a lancé un programme nommé champ école qui est focalisé sur le développement de la capacité des producteurs à prendre des décisions de gestion de la culture à partir d'informations précises et des connaissances acquises de l'agro-écosystème.L'objectif principal est d'éviter au maximum les produits phytosanitaires ou d'y recourir en dernière position pour des traitements localisés. Ces techniques consistent:

- Au nettoyage régulier pour éliminer le réservoir d'un bon nombre d'insectes et de rongeurs ;

- A faire régulièrement l'égourmandage ;

- A limiter les sources de contamination ;

- A réduire l'humidité ambiante par l'aération et le réglage de l'ombrage ;

- A détruire les plantes hôtes des mirides de la famille des sterculiacées (kolatier, bois Bété, Samba...) et les bombacacées, famille voisine (Fromager, Kapokier, Baobab).

3.5.2 Les traitements phytosanitaires

Les traitements phytosanitaires qui constituent la solution la plus prisée par les paysans sont constitués par les insecticides qui luttent contre les insectes et les fongicides qui luttes contre les maladies causées par les champignons. Ces produits agissent soit par contact (le parasite est éliminé par contact avec le produit) soit par ingestion (le parasite est éliminé lorsqu'il mange l'organe traité).

3.5.2.1 Les insecticides

En magasin, ces produits sont reconnus par la couleur violette de leur emballage. Cela permet aux paysans analphabètes de ne pas se faire duper par les vendeurs. Les insecticides sont de deux genres:

- Les insecticides systémiques qui sont les plus conseillés car ils ont une plus grande durée d'action. Ils sont plus efficaces car ils détruisent les oeufs, les larves et les adultes.

- Les insecticides de contact qui adhèrent à la surface des organes de la plante traitée et ont une rémanence très courte (28 jours).

Photo 5: Insecticide (Actara) Photo 6: Insecticide (Angeo)

3.5.2.2 Les fongicides

Dans le commerce, on les reconnait par la couleur jaune de leurs emballages. La plupart de ces produits sont utilisés par les paysans pour lutter contre la pourriture brune du cacaoyer. On distingue aussi les fongicides systémiques qui pénètrent dans les premières couches cellulaires du cortex et les fongicides de contact qui adhèrent à la surface de la cabosse.

Photo 7: Fongicide (Ridomil Gold plus)

3.5.2.3 Les périodes de traitement

En général, les plantations de cacaoyers subissent deux traitements. Le premier traitement entre juillet et septembre et le deuxième entre Décembre et Février. Le traitement à ces périodes se justifie par le fait que c'est à cette période que le cacaoyer est attaqué par la plupart des maladies et insectes. Cependant nous avons rencontré des paysans qui font le traitement sans tenir compte du seuil d'attaque à partir duquel il faut déclencher la lutte chimique.

Les paysans effectuent pour chaque traitement deux passages espacés de quatre semaines soit au total quatre traitements par an. Les traitements ont lieu le matin entre 7 et 11 heures. L'appareil utilisé le plus souvent pour le traitement des cacaoyers adultes est l'atomiseur.

En pépinière, on utilise le pulvérisateur qui est l'appareil le plus approprié pour éviter les brûlures du feuillage.

Les paysans louent la prestation des phytotraiteurs qui vont faire le traitement à 4500 F CFA, soit 3500F CFA pour la location de machine et 1000 F CFA pour celui qui effectue le traitement. Cette somme n'est pas fixe pour toutes les localités mais elle varie donc en fonction de la localité et du phytotraiteur.

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