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L'abstentionnisme électoral au mali depuis l'avènement du multipartisme en 1992.

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par Madou NIMAGA
Université Cheickh Anta DIOP de Dakar - DEA en Science politique 2006
  

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2) Le Cadre théorique :

Il s'agit donc ici de s'efforcer à transcender les apparences subjectives pour mettre en évidence les motivations réelles et les intérêts qui sous-tendent l'abstention électorale.

C'est parce que le vote est un acte social, il manifeste des régularités et des permanences tout comme des décisions éminemment personnelles comme le suicide ou dans un registre moins dramatique, le choix du prénom de l'enfant (DURKHEIM 1960, BESNARD, DESPLANQUES 1986)56(*).

C'est ce que montrait André SIEGFRIED en posant les bases d'une science du comportement électoral en ces termes : « D'après une opinion courante, les élections ne sont qu'un domaine d'incohérence et de fantaisie. En les observant à la fois de près et de loin, je suis arrivé à une conclusion contraire. Si selon le mot de GOETHE  l'enfer même à ses lois, pourquoi la politique n'aurait-elle pas les siennes ? ».

Dans le cadre de cette étude, nous-nous référons largement au cadre théorique Wébérien et d'André SIEGFRIED.

En effet comme nous avons rappelé plus haut, c'est SIEGFRIED qui a introduit la rupture fondatrice de la sociologie électorale française. Pour la première fois, l'élection est analysée non plus en aval comme le faisaient les historiens mais en amont parce que l'électeur potentiel détermine son choix pour le vote ou pour l'abstention selon une tendance qui marque la réalité de son orientation et de son engagement politique.

L'élection peut désormais être considérée comme révélateur des opinions politiques diverses. Cette rupture donne naissance à une nouvelle conception de l'électeur dite de l'électeur rationnel ou stratégique.

Le cadre théorique de SIEGFRIED entend déduire à partir d'une étude départementale, l'ensemble des facteurs qui conduisent à la formation des motivations.

L'activité électorale doit donc, dans cette démarche, être évaluée comme une action qui est rationnelle, instrumentale par rapport au système politique. Cette rationalité s'appuie sur des hypothèses législatrices 57(*) que SIEGFRIED répertorie sous quelques idéaux-types :

· Propriété foncière et indépendance politique.

· Type d'Habitat et indépendance du vote.

· Le rôle du clergé (Religion). 

· L'intervention gouvernementale.

Enfin, le cadre Wébérien étant plus adapté pour l'étude des motivations du choix qui se conçoit clairement dans la vocation qu'il donne au sociologue à savoir : « toute sociologie est compréhension et interprétation de l'action humaine c'est-à-dire du sens subjectif que les acteurs donnent à ce qu'ils font ou à ce qu'ils s'abstiennent de faire »58(*).

Nous emprunterons donc pour cette étude le cadre théorie de SIEGFRIED en combinant avec l'approche Wébérienne dans le sens que celui-ci privilégie la recherche des motivations de l'acteur qui sont classées par l'auteur dans deux catégories :

· Celles qui sont invoquées par les acteurs eux-mêmes ;

· Et celles qui sont découvertes par l'observateur car, il serait imprudent de s'en tenir au premiers.

Après cette précision du cadre théorique cependant, nous abordons avec l'intérêt du sujet ainsi que les objectifs qui nous inspirent en étudiant l'abstentionnisme électoral.

3) Les Objectifs de l'étude et l'intérêt du sujet :

En proposant un focus sur l'abstentionnisme électoral au Mali, nous visons surtout d'apporter une contribution scientifique aussi modeste soit-elle à la problématique de la faible participation électorale. Cette question qui met en souffrance les jeunes démocraties, si l'on sait combien la légitimité des élus se trouve menacer dans la mesure où ils seraient issus d'élection à participation minoritaire du corps électoral.

L'objectif principal de la présente étude est de comprendre et d'expliquer les facteurs qui concourent à l'abstention électorale au Mali.

Il s'agit d'élucider les principales motivations des abstentionnistes voire également les variables objectives qui sous-tendent l'abstention électorale au Mali.

Il ne s'agit donc ni de rapporter des sentiments personnels ni de porter des jugements de valeur sur les faits sociaux qui s'en dégagent mais juste de ces faits et de leur interprétation dans toute neutralité axiologique comme l'a souligné Max Weber dans « Le Savant et le politique ».

A terme, la présente étude devra contribuer à élucider les décideurs politiques en vue de la formulation de nouvelles politiques électorales qui accroîtraient l'intérêt de la population pour les élections et la démocratie en vue d'une participation plus importante. Au Mali, on constate qu'après chaque consultation électorale des millions de cartes d'électeurs restent (non retirées) entre les mains de l'administration. Ceci constitue une énorme perte financière, si l'on sait le coût assez élevé59(*) de la confection de ces documents électoraux pour le contribuable et les partenaires.

Le présent sujet constitue un thème d'actualité surtout au Mali où les plus hautes autorités ont récemment créé un Comité d'experts chargé de conduire la réflexion sur la consolidation de la démocratie. Ce Comité dirigé l'ancien Ministre M. Daba DIAWARA60(*).Il se penchera sur les points saillants comme :

- Le mode de scrutin,

- La multiplicité des structures intervenant dans l'organisation des élections,

- Le faible engagement des partis politiques et des candidats aux différents scrutins,

- La faiblesse récurrente du taux de participation aux différents scrutins entre autres...

Pour mieux atteindre nos objectifs, nous avons opté pour la méthode behavioriste à cause de sa pertinence à découvrir les motivations ou justifications du comportement électoral.

* 56 N. MAYER (DIR.), Les modèles explicatifs du vote, Paris, Harmattan, 1997.

* 57 F. MATONTI, le comportement politique des français, Paris, A. colin, 1998, P 27.

* 58 In Etapes de la pensée sociologique, Max Weber.

* 59 Le coût de l'organisation des élections devient de plus en plus élevé au Mali. De 2.300.000.000.FCFA pour les élections générales de 1992 y compris le référendum constitutionnel, ce coût est passé à près de 15Milliards de FCFA en 1997 y compris le scrutin controversé du 13 Avril 1997 qui fut annulé par la Cour Constitutionnelle pour non possession de listes électorale par la Cour.

Pour la période 2000-2002 la contribution financière des partenaires du Mali ( le Japon, le Canada, le PNUD, la France, les Pays-Bas et la Belgique...) est passée à plus de 5.300.000.000FCFA.

Les dépenses électorales du MATCL hors financement extérieur s'élèvent à 14Milliards y compris le RACE de 2001. Pour plus d'informations voir : Rapport du MATCL,  « Le processus électoral au Mali 2002, consolider la démocratie » Mars 2003. En ligne : 161.58.68.39/election2002.pdf

* 60 A propos des missions du Comité Daba DIAWARA, consultez, http://mali.viky.net/maliens_exterieur/mes_photos/Daba.pdf.

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