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Cultures maraà®chères et dynamiques socio-économiques et spatiales dans la communauté rurale de Ndiob (département de Fatick)

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par Aliou NDAO
Université Gaston Berger de Saint-Louis - Master II 2009
  

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II-1-3: La récolte et La commercialisation des produits

La récolte et la commercialisation des produits maraichers sont deux activités étroitement liées. Elles s'operent en une m8me période. En effet certaines spéculations comme la tomate, le navet, le piment etc. sont vulnérables et nécessitent un écoulement immédiat apres récolte. A cela s'ajoute le manque d'infrastructures de stockage des productions avant la vente.

Ainsi dans la majorité des cas les productions sont acheminés directement, du champ au marché pour minimiser les risques de perte.

11-1-3-1 : La récolte et les rendements

La récolte des produits se déroule principalement en deux périodes : une premiere, au mois de février, pour les semi de fin octobre début novembre et une deuxième en fin mai début juin pour les semis de mars. La main d'oeuvre employée est principalement féminine, surtout pour la cueillette des fruits (tomate, aubergine, jaxatou, piment etc.), (cf. photo 15).

Cliché : Ndao 2008

Photo 15: Récolte de tomate dans un périmètre de Ndiob

Cultures maraîchères et dynamiques socio-économiques et spatiales dans la Communauté
Rurale de Ndiob (département de Fatick)

Cette main d'oeuvre est sollicitee par les maraichers soit sous forme d'aide populaire (ou santane), oil le producteur fixe une date et avise des femmes de son village, leur prepare un repas et ces dernieres passe la moitie de la journee au champ pour assurer toute la recolte; soit sous forme de remuneration. Dans ce cas de figure, le paiement se fait en nature, en fonction de la taille du recipient utilise : par exemple pour quatre pots de tomate fruit recoltes, l'employe beneficie d'un pot, donc chaque femme gagne l'equivalent du 1/4 de la quantite qu'elle reussit a recolter dans la journee. La photo 16 montre un exemple de recipient utilise pour la recolte et la remuneration.

Pour la recolte d'autre speculation comme la patate douce, le navet et l'oignon, ce sont les maraichers eux mêmes qui s'en chargent. En effet ce travail necessite beaucoup d'effort (deterrement), et ces speculations sont en general produites en faible quantite et ne se degradent pas vite. Donc leur recolte peut prendre du temps.

Photo 16: Récipient servant de récolte et de rémunération

Equivalant de 2 récipients

Cliché : Ndao 2009

La determination exacte des rendements n'a pas ete possible. En effet, le calcul du rendement d'une exploitation suppose la connaissance de la superficie de la parcelle d'exploitation et le poids de la production, afin de faire le rapport pour obtenir le rendement en termes de tonnes par hectare. Or dans notre echantillon, 62% des maraichers n'ont pas une idee exacte sur la superficie de leur exploitation. En plus de ce facteur, la quantite des productions est souvent oubliee : en effet pour certaine speculation comme la tomate, les fruits ne murissent pas tous en même temps et il faut trois operations de recoltes espacees de 5 a 7 jours pour que les plantes soient propres. Ce phenomene fait que beaucoup de maraichers ne retiennent pas le nombre

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Rurale de Ndiob (département de Fatick)

exact de cageots35 recoltes. Un dernier facteur est l'association de plusieurs speculations dans une meme exploitation36, chacune occupant une portion de superficie indeterminee. Tous ces facteurs ont rendu difficile l'estimation du rendement exact de chaque speculation. Neanmoins certains ont pu donner une approximation de la production de chaque speculation qu'ils ont cultivee. A partir de ces informations, nous avons calcule la moyenne des rendements par speculation (les quatre speculations les plus cultivees) et par exploitation, donnant ainsi 70 cageots (3,5 t) par parcelle pour la tomate (un cageot equivalant a 30 kg), 21 sacs (1,05t) pour l'aubergine (un sac egal a 50kg), 12 sacs (0,6t) pour le jaxatou, 14 sac (0,7 t) pour l'oignon et variable pour les autres speculations. Le tableau n°14 represente en resume les rendements moyens des speculations renseignees.

Tableau 14: Rendement moyen des spéculations cultivées

Speculations

Tomate

Aubergine

Jaxatou

Oignon

Total
rendement

Rendements/exploitation

3,5 t/ex.

1,05 t/ex.

0,6 t/ex.

0,7t/ex.

5,85t/ ex.

Source : Enquêtes 2009

De ce tableau, il ressort, d'apres nos calculs approximatifs que le rendement moyen total de chaque exploitation (toute speculation confondue), s'eleve a 5,85 tonnes.

Les productions de l'activite maraichere n'ont pas encore fait l'objet d'estimation et d'enregistrements par le CADEL de Diakhao et la CR de Ndiob. C'est pourquoi il n'est pas aise d'etudier l'evolution des rendements en fonction des annees.

Cependant une etude realisee par F. DOUI (2004) en collaboration avec World Vision, sur les contraintes du maraichage dans la zone nous a permis d'avoir une idee sur le rendement moyen a l'hectare de chaque speculation pour la campagne de 2004. Le tableau n°15 fait etat de cette approximation.

35 Ils evaluent les rendements en termes de cageots (pour la tomate, cf. photo 17) ou de sacs (pour les autres speculations) par exploitation

36 La majorite des maraichers ne pratique pas une culture pure, ils associent plusieurs speculations soit en rotation, soit sur les mimes portions de sole.

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Aliou NDAO, Mémoire de Master II, UGB, Section de géographie, 2008/2009

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Photo 17: Cageots de tomate

Cliché : Ndao 2008

Tableau 15: Approximation des rendements à l'hectare en 2004

Speculation

Tomate

Aubergine

Chou

Gombo

Piment

Jaxatu

Oignon

Patate
douce

Rendement

9,15

12,75

11,85

9,94

7,52

11,20

15,35

7, 20

(T/h)

 
 
 
 
 
 
 
 

Source F. DOUI 2004

11-1-3-2 : La commercialisation des produits

L'expansion démographique de la population urbaine sénégalaise a créé un important marché pour les produits maraichers. Les productions de la vallée de Ndiob sont essentiellement vendues au niveau des centres urbains de Diourbel, Gossas, Fatick, Bambey, et des marchés ruraux comme Diakhao, Niakhar, Patar, Ndiob et Darou Salam (cf. carte 5).

La destination des produits varie suivant la proximité des centres urbains. La ville de Diourbel située a 10 km de Ndiob est le lieu qui recoit le plus les produits maraichers de la vallée, avec 46% des livraisons ; a sa suite, nous avons la CR de Diakhao qui regoit 19%. La ville de Gossas avec 8% des livraisons est le centre le moins fréquenté, en raison de son éloignement et l'absence de piste le reliant directement a Ndiob. La figure n°19 montre la répartition des destinations des produits

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Rurale de Ndiob (département de Fatick)

Figure 19: La répartition des lieux de destination des produits maraîchers

8%

19%

52%

11%

10%

Diourbel Fatick Diakhao Gossas Bambey

Source : enquêtes 2009

La collecte est en grande partie assurée par les grossistes et les demi-grossistes venus de ces contrés. Ils sillonnent la vallée en période de récolte pour s'approvisionner. A côté de ce groupe d'acheteurs, on note les détaillants en majorité constitués de femmes de la communauté rurale de Ndiob. Ces détaillants s'approvisionnent aupres des grossistes et demi-grossistes. Ils achetent des quantités peu importantes et vendent au kilogramme ou par petits tas selon la préférence du client. Le prix du kilogramme varie de 225 A 350 FCFA suivant le type de produit et celui des tas de 25 a loo FCFA, suivant la taille, mais également le type de produit et sa qualité.

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Carte 5: Les différentes destinations des produits maraîchers de la CR de
Ndiob

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Rurale de Ndiob (département de Fatick)

Photo 18: Vendeuses en détail des produits maraîchers de la vallée, au marché de Ndiob

Cliché : Ndao 2009

Les prix aux producteurs connaissent des fluctuations importantes en fonction de la disponibilite sur le marche : en periode de rarete par exemple, ils peuvent atteindre 6000 FCFA par cageot pour la tomate, 12000 FCFA par sac pour l'aubergine, 10000 FCFA le sac de chou etc. Cependant, en periode d'abondance, les prix connaissent de fortes chutes pouvant aller jusqu'a 2500 FCFA pour le cageot de tomate, par exemple.

Au cours de nos enquêtes de terrain, les producteurs nous ont donné les différents prix par cageot ou par sac37, pour la campagne de 2007/2008. A partir de ces prix, nous avons fait un calcul du prix moyen de chaque speculation (cf. tableau 16).

Tableau 16: Le prix moyen des productions

Speculation

Tomate

Aubergine

Chou

Gombo

Piment

Jaxatou

Oignon

Patate douce

Prix moyen (en FCFA)

3900/C

6000/S

11000/S

15000/S

45000/S

12500/S

10000/S

9000/S

NB : C= Cageot et S= Sac Source : Enquêtes 2009

Une application de ces prix moyens par sac ou par cageot, au kilogramme donnent : 130 FCFA/kg pour la tomate, 120 FCFA/kg pour l'aubergine, 200 FCFA/kg pour le chou etc. Le tableau n°17 indique les différents prix moyens au kilogramme par speculation en 2008, compares aux prix du marché.

37 ,
· ,

L umte de mesure n'est pas ici le kilogramme ou la tonne, mais le contenant (cageot ou sac)

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Rurale de Ndiob (département de Fatick)

Tableau 17: Prix moyens de vente en 2008, comparés aux prix officiels sur le marché

Spéculations

Tomate

Aubergine

Chou

Gombo

Piment

Jaxatou

Oignon

Patate
douce

Prix moyen
(en FCFA)

130/kg

120/kg

200/kg

300/kg

900/kg

250/kg

200/kg

180/kg

Prix officiel
(en FCFA)

150/kg

150/kg

250/kg

350/kg

1200/kg

250/kg

300/kg

200/kg

Source : Enquêtes 2009

La commercialisation des produits se deroule a travers trois circuits :

Producteurs grossiste, demi-grossiste, détaillants, consommateurs : dans ce circuit, le producteur est le principal fournisseur. Les acheteurs se deplacent en general pour chercher les produits au niveau des champs. Cependant en cas de surabondance de produit sur le marche et de mevente, les producteurs sont parfois obliges d'aller livrer eux memes leurs produits aux grossistes et demi-grossistes, ou meme aux detaillants et aux consommateurs ruraux, surtout pour le cas de la tomate. En effet pour eviter le pourrissement rapide de cette speculation, certains producteurs sillonnent les villages au moyen de la charrette pour ecouler leur production.

Grossistes demi-grossistes, détaillants, consommateurs : les grossistes fournissent aux demi-grossistes, aux détaillants et aux consommateurs dans ce circuit.

Demi-grossiste, détaillant Consommateur : dans ce circuit, les demigrossistes approvisionnent les détaillants qui eux, ne vendent leurs produits qu'aux consommateurs. Ces derniers s'approvisionnent également aupres des demigrossistes. La figure n°20 fait une synthese des différents circuits de commercialisation des produits maraichers de la vallée.

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Aliou NDAO, Mémoire de Master II, UGB, Section de géographie, 2008/2009

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Figure 20 : Circuit de commercialisation des produits maraîchers de la vallée de Ndiob

Source: Enquêtes 2009

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Rurale de Ndiob (département de Fatick)

Les différentes caractéristiques de l'activité maraichere montrent qu'elle est en pleine mutation dans la CR de Ndiob. A travers ses multiples enjeux (fonciers, économiques sociaux etc.), elle mobilise une diversité d'acteurs qui, grace a une diversité de pratiques culturales produisent en quantité dans des parcelles de superficies assez réduite. Le contexte économique difficile de la CR de Ndiob, lié principalement au déclin des systemes pluviaux, est dans une certaine mesure atténué par cette activité aux multiples impacts socio-économiques et spatiaux.

CHAPITRE 2 : INCIDENCES SOCIO-ECONOMIQUES ET SPATIALES, ET CONTRAINTES DE L'ACTIVITE MARAÎCHERE DANS LA CR DE NDIOB

Le maraichage prend de plus en plus de l'importance dans l'économie de la CR de Ndiob. Malgré un certain nombre de contraintes, il tend a devenir un des meilleurs moyens des populations pour faire face a la pauvreté.

Dans ce chapitre il s'agira principalement d'étudier les incidences socio-économiques et spatiales de l'activité maraichere dans la CR de Ndiob, mais également les contraintes auxquelles elle est soumise.

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard