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Diagnostic des entreprises de la filière lait - défis, opportunités et perspectives- Cas de la région d'Analamanga - Madagascar


par Olinantenaina Miharisoa RAKOTOARINOSY
Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques (ESSA) de l'Université d'Antananarivo, Madagascar - Ingéniorat 2012
  

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INTRODUCTION

Les entreprises de type micro-entreprise, Petite et Moyenne Entreprise, Petite et Moyenne Industrie, Grande Industrie1, sont les piliers principaux du développement économique et social d'un pays. Leurs contributions sont très marquantes dans la création d'emploi et la valorisation de toutes les ressources naturelles. Pour le cas de Madagascar, en 2005, les entreprises formelles ont employé dans les 753353 personnes (INSTAT, 2006), ont réalisé un chiffre d'affaires total de près de 7380 milliards d'Ariary, et ont créé une valeur ajoutée d'environ 4336 milliards d'Ariary ; soit 58,7% de leur production (INSTAT, 2006) et 54.5% du PIB 2(INSTAT, 2010).

Pour Madagascar, un pays à vocation agricole et dont l'activité économique de base demeure dans l'Agriculture, le secteur primaire occupe 70% de la population (United Nations, 2011). A côté, les entreprises spécialisées dans la production, la valorisation et la transformation des produits agricoles ont leur part importante dans le développement de l'économie. Elles contribuent dans la satisfaction des besoins nationaux, l'amélioration des recettes fiscales, la production de valeur ajoutée, la rentrée de devises, la réduction du déficit de la balance commerciale, la création d'emploi, et l'amélioration de la filière agricole concernée.

Malgré toutes ces considérations, selon les études effectuées en 2009, le secteur primaire est en deuxième position derrière le secteur tertiaire en matière de création de valeur ajoutée à l'économie. Sa part de contribution au PIB n'est que 26,3%, contre 51,7% pour le secteur tertiaire (INSTAT, 2010). Ce secteur est, ainsi, loin d'être un secteur moteur pour le développement économique car il est encore caractérisé par la prépondérance des activités informelles (INSTAT, 2010). Aussi, la politique d'ouverture et de libéralisation3 (libéralisation des marchés, renforcement de l'économie régionale, privatisation,...), et du désengagement de l'Etat adoptée par Madagascar depuis les années 80, ne font que bloquer le

1Micro-entreprises : moins de 9 salariés; Petites et Moyennes Entreprises (PME) / Petites et Moyennes Industries (PMI) : 10 à 199 salariés; Grandes Entreprises : plus de 200 salariés (INSTAT, 2006).

2PIB : Somme des valeurs ajoutées créées, à laquelle s'ajoutent les TVA et les droits de douanes (Wikipédia, 2012).

3En économie, la libéralisation consiste à rendre libre l'accès à une activité économique pour différents agents économiques, privés ou publics (Wikipédia, 2012).

développement et l'épanouissement des entreprises agricoles. La vision pour une autosuffisance alimentaire demeure encore très loin, à cause du niveau de performance de ces entreprises : faible technicité, faible productivité, faible valorisation, etc. Ces lacunes constituent un handicap pour la conquête des marchés régionaux ou internationaux. Ce qui donne prise à l'importation de nombreux produits agroalimentaires comme le riz, la farine, le sucre, et les produits laitiers (SSA, 2008).

Toutefois, la filière lait a commencé à se démarquer de cette position du secteur primaire, et également de celle du secteur secondaire. En marge des sociétés de production, de collecte et de transformation, des petites ou micro-entreprises ont vu le jour ne serait ce que pour satisfaire les besoins locaux. Plusieurs actions ont, par la suite, suivi cette démarcation : des actions menées par le Gouvernement, par des organismes nationaux et internationaux. Elles portent sur l'amélioration de la race des vaches laitières, le développement du service vétérinaire, la multiplication des plantes fourragères, et la formation et l'appui des éleveurs. Les organismes cités ci-après ont été ou restent encore les acteurs principaux : le FIFAMANOR (FIompiana FAmbolena Malagasy NORveziana)4 a été implanté à Madagascar en 1972, le Programme Sectoriel Elevage ou PSE (Cf. Annexe I) développé au cours de la période 1992-1999, le ROMA (ROnono MAlagasy)5, le ROMINCO (ROnono Malagasy INdustrie et Commerce)6 mis en place en 1992, ..., le Malagasy Dairy Board ou MDB7 initié en 2004(Cf. Annexe II), le Land O'Lakes en 2008 (Cf. Annexe III), etc. Les coopérations régionales, bilatérales, et internationales ont aussi leur part de contribution non négligeable. La crise sociopolitique de 2009 n'a pas aussi ménagé la filière lait: bouleversement de toutes les structures qui lui sont liées tant en amont qu'en aval. Cette circonstance a été accompagnée par la fermeture du « Géant laitier »8 sur le marché de produits laitiers. De ce fait, certaines entreprises ont disparu du marché ; Alors que d'autres, nouvellement créées ou déjà existantes, se sont lancées et/ou prospérées dans cette filière. De même, plusieurs acteurs ont inondé le marché, faisant que plusieurs marques et produits ont fait leur apparition (Land O'Lakes, 2010).

4 Projet malgache norvégien de développement de l'élevage et de l`agriculture.

5 Vulgarisation au sein du Triangle Laitier

6Transformation et commercialisation

7 Groupement d'Intérêt Economique

8Groupe TIKO

Particulièrement, la Région d'Analamanga a toujours été considéré comme un grand centre de consommation ; et, en même temps, le lieu où se concentre la plus grande partie du secteur formel de la grande île (INSTAT, 2011). De plus, selon une étude effectuée en 2005, cette région renferme à elle seule 119 744 entreprises privées formelles, soit près de 57% de l'effectif total des entreprises dans toute l'île. En termes de chiffre d'affaires et de valeur ajoutée, le niveau atteint respectivement la somme de 5 908 milliards d'Ariary et 3 426 milliards d'Ariary ; soit 80% et 79% du total de l'ensemble du pays (INSTAT, 2006).

La Région d'Analamanga, faisant partie du triangle laitier9, connaît également cette perturbation localisée au niveau de la filière lait. En effet, depuis l'année 2009, l'apparition de nombreux acteurs dans la production, la collecte, la vente de lait et produits dérivés dans chaque coin de rue a été constatée. Celle-ci s'est accompagnée d'une explosion du secteur informel. De même, des entreprises de vente et de distribution de divers intrants ont vu le jour. Une telle situation pourrait avoir des effets tant bénéfiques que négatifs pour la filière, pour la région elle-même, et pour l'ensemble de l'économie du pays. Tout de même, il faut noter qu'Analamanga jouit l'avantage du bon fonctionnement des services liés à la filière (semence fourragère, produits prophylactiques et vétérinaires, matériels, services vétérinaires, vente et distributions, etc.). En particulier, elle bénéficie aussi de l'importance du nombre des consommateurs (INSTAT, 2006). Et bien que ces problèmes, relatifs à l'environnement interne et externe, ont été dénotés d'une part, et, que la Région de Vakinankaratra ait toujours tenu la première place dans la production de lait et de ses produits dérivés (80% de la production lait de Madagascar y provient) (FERT, 2008), voire, qualifiée de « Région laitière par excellence »(MAEP, 2004), d'autre part, les entreprises de la Région d'Analamanga tentent elles aussi de trouver leur place dans la filière, d'assurer la satisfaction de la demande sur le marché, et d'apporter leur part dans le développement économique. L'avenir de cette filière demande de grand effort de la part de tous les acteurs et opérateurs; et de considérations particulières pour de diverses conditions. Ces dernières sont à la fois externes et internes. Ainsi, la problématique qui se pose est la suivante : « Est-ce que les conditions internes et externes dans lesquelles évoluent les entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga sont favorables à leur développement ? ».

Cette problématique suscite les trois questions de recherches suivantes :

· QR1 : Comment se présente la situation globale des entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga?

· QR2 : Quels sont les principaux problèmes auxquels font face les entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga?

· QR3 : Est-ce que la politique et les structures de gestion, et d'appui mises en place
motivent les entreprises de la filière lait, et leur permettent d'en tirer largement profit?

Le présent rapport se propose d'effectuer « Le diagnostic des entreprises de la filière lait : Défis, Opportunités et Perspectives »; dont l'objectif global est de « Déterminer les conditions internes et externes dans lesquelles évoluent les entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga, afin de proposer des axes stratégiques d'amélioration de ce secteur et de ces entreprises ».

Cet objectif global occasionne trois objectifs spécifiques ; A savoir :

· OS1 : Proposer une typologie et une caractérisation des entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga.

· OS2 : Evaluer les problèmes principaux auxquels font face les entreprises laitières de la Région d'Analamanga

· OS3 : Identifier les politiques et structures actuelles de gestion, d'appui de la filière sur les entreprises.

Parallèlement à cela, dans cette étude, trois hypothèses sont formulées.

· H1 : Les activités des entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga sont dominées par la transformation semi-industrielle10.

· H2 : La majorité des entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga n'ont pas accès à des financements et rencontrent encore des difficultés sur le marché.

· H3 : Les politiques et structures actuelles de gestion, d'appui répondent aux attentes des entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga et contribuent efficacement à l'amélioration de leur performance et à l'atteinte de leurs objectifs.

Les résultats attendus s'énoncent comme suit:

· RA1 : Une typologie avec une caractérisation des entreprises de la filière lait de la Région d'Analamanga est élaborée.

· RA2 : Les principaux problèmes rencontrés par les différents acteurs de la filière seront mis en évidence.

· RA3 : Les différentes structures juridiques et institutionnelles existantes seront identifiées.

Ce rapport est organisé en trois (3) parties. La première partie expose les différents matériels et méthodes développés au cours de la recherche, ainsi que les démarches communes et relatifs à chaque hypothèse formulée. La deuxième partie présente tous les résultats relatifs au diagnostic effectué; entre autres, par rapport à la situation globale des entreprises de la filière lait à Analamanga, aux problèmes rencontrés suivant le type d'activité de ces entreprises, et aux différentes institutions publiques et privées qui interviennent dans la filière. La troisième et dernière partie porte sur l'analyse de ces résultats et la proposition de quelques solutions, suivant des discussions et des recommandations en vue de l'amélioration de ces entreprises et de la filière.

1 MATERIELS ET METHODES

1.1 Présentation de la zone d'étude : La Région d'Analamanga

La Région d'Analamanga est située au centre de Madagascar et héberge la Capitale de Madagascar, Antananarivo. Cette dernière constitue la principale porte d'entrée du pays par voie aérienne, en disposant de l'Aéroport International d'Ivato. Compte tenu de sa situation géographique, la région ne dispose pas d'ouverture sur la mer. Elle est délimitée au Nord par la Région de Betsiboka, à l'Ouest par celle de Bongolava et d'Itasy, à l'Est par celle d'Alaotra Mangoro et au Sud par celle Vakinankaratra.

Analamanga s'étend sur une superficie de 17445 km2, soit environ 3% de la superficie de Madagascar. Elle constitue l'une des 22 régions de Madagascar. Elle est composée de huit (8) Districts (Ex-Fivondronana) et 134 communes ; et, dont le Chef-lieu est « Antananarivo Renivohitra ».

Avec ses 2800000 habitants11, la Région d'Analamanga abrite les 14% de la population nationale. Ladite population est fortement concentrée dans la Capitale, laquelle abrite 39% de la population de la région, et environ 5% de la population nationale. La densité

2

globale de la population de la région est de l'ordre de 166 habitants au km , si la densité

2

nationale n'est que de 29 habitants au km . La répartition inégale de la population de la

2

Région d'Analamanga se traduit par une densité de 8687 habitants au Km à Antananarivo Renivohitra, représentant plus de 300 fois la moyenne nationale (MAEP, 2004).

Le tableau 1 suivant résume la présentation administrative de la région.

11Estimation de la population en 2004 selon le Recensement General de la Population et de l'Habitat ou RGPH de l'année 1993. Depuis, aucun recensement n'a été effectué

Tableau 1 : Présentation administrative de la Région d'Analamanga

CHEF LIEU

Antananarivo Renivohitra

PROVINCE D'APPARTENANCE

Antananarivo

DISTRICTS (EX- FIVONDRONANA)

COMPOSANTS LA REGION

Antananarivo Renivohitra, Antananarivo Avaradrano, Ambohidratrimo,

Ankazobe,

Manjakandriana,

Anjozorobe,

Andramasina,

Antananarivo Atsimondrano.

SUPERFICIE

17445 km2

ESTIMATION DE LA POPULATION

2 811 490

DENSITE DEMOGRAPHIQUE

166,3 habitants/km2

REGIONS LIMITROPHES

Betsiboka,

Alaotra-Mangoro, Vakinankaratra, Itasy,

Bongolava.

Source : INSTAT, 2004

Par ailleurs, l'activité économique de la région est dominée par l'importance des entreprises individuelles (91%) dans toutes les branches d'activités. L'agriculture, comme dans l'ensemble de l'île, constitue l'activité principale de la population rurale de la région. Les élevages bovin, porcin et avicole représentent respectivement 8%, 17% et 9% du cheptel total de Madagascar. La Région d'Analamanga, avec ses 2,8 millions d'habitant, et plus particulièrement la partie "GRAND TANA " occupe une place importante en termes de zone de consommation. Le marché est le lieu de transactions entre producteurs, collecteurs, détaillants et consommateurs. Les transactions portent sur tous les produits (agricole, textile, métallurgie, etc.). Pratiquement, chaque commune a son marché hebdomadaire. Les places de marché, outre leur rôle économique, constituent également des lieux de rencontre pour la population environnante (INSTAT, 2011).

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