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Gestion des lamantins des lacs de Lere : entre conservation des ressources naturelles et survie de la population.


par HONORE BEAKGOUBE
CREFELD, Université de Sarh-Tchad - Master 2 en Environnement et Developpement Communautaire  2011
  

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5.1.2. Sur le plan international.

A l'échiquier international, le Tchad a manifesté sa volonté politique à travers la ratification de différentes conventions internationales :

Convention relative à la conservation de la faune et de la flore à l'état sauvage, Londres 1933.

Convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles de 1969 (en Algérie).

Convention relative aux zones humides d'importance internationale, dite convention de RAMSAR de 1971.

Convention sur le patrimoine mondial, culturel et naturel, UNESCO 1972.

Convention relative sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacés d'extinction (CITES), dite convention de Washington de 1973.

Convention relative aux règlements communs sur la flore et la faune dans le bassin du Lac Tchad de 1976.

Convention sur la biodiversité de Rio de Janeiro en 1992.

Convention cadre des Nations sur les changements climatiques en 1992.

L'application de ces différentes conventions est faible partout dans les aires protégées du pays. Un manque de respect des textes règlementaires est signalé de partout. Par exemple, il est rapporté que certains officiers de l'armée sont complices de certains actes de vandalisme sévissant (les menaces proférées à l'endroit des agents de contrôle et le cas d'assassinat des gardes de réserves ou parcs) dans les aires protégées. Les pots de vin et la corruption sont fréquents à tous les niveaux. Cela est ressorti lors de nos enquêtes de terrain. Les aires protégées subissent les conséquences d'agitation civiles et l'instabilité politique, ce qui favorise le braconnage (la guerre civile de 1979, la rébellion et le phénomène de coupeurs de route sévissent également tant au niveau de RFBL et de Sena Oura. Les pratiques culturelles, les croyances et les usages traditionnels entrent en conflits avec les objectifs poursuivis dans certaines aires protégées. Dans la RFBL, on observe des débordements pendant la « fête des pintades » et cérémonies traditionnelles (fii loo, fii mundang ....). En fin, il faut aussi le dire que la forte demande pour la consommation ou la commercialisation des ressources vulnérables (la graisse et la viande de lamantin, la bile du babouin, la viande du lycaon...qui ont respectivement des vertus pour la virilité et servant des anti-dotes contre le Sida et l'épilepsie.) confère à celles -ci une valeur marchande.

5.2 Développement Rural intégré (DRI).

Le développement rural intégré est une stratégie par laquelle une série d'actions régulières progressives, amorcés ou soutenues par une volonté politique apporte des changements quantitatifs et qualitatifs au sein d'une population rurale et avec sa participation consciente et active en vue de répondre à ses besoins essentiels, d'améliorer son bien-être et d'engendrer un processus autonome de développement (CIEM, 1980). Un développement soutenable du milieu rural, garant d'une bonne gestion de la biodiversité est nécessairement un compromis entre ce qui est socialement souhaité, écologiquement acceptable (Christian Leveque, 2002). Le DRI implique conséquemment la participation de la communauté à  tous les niveaux des actions à entreprendre.

La participation de la population : il convient de dire que le DRI est fondé sur la participation qui doit être volontaire, active et consciente. Cependant dans certains cas, il pourrait être justifié de « provoquer » dans une certaine mesure. La participation communautaire implique que l'ensemble de la population concernée prenne une part active à la réalisation des projets de développement, sans pour autant brimer les initiatives individuelles. La participation doit être préparée et stimulée par des actions d'éducation, de formation, d'information, d'animation, de vulgarisation et de communication.

Soucieuse de conserver le patrimoine naturel que constitue la RFBL en vue de leur gestion durable, la coopération tchado allemande (l'ONG GTZ ) favorise la reprise de la situation du DRI à travers sa composante « Gestion et conservation des ressources naturelles »

Cette ONG, s'appuyant sur des structures locales existantes, a mis en place une méthode participative qui intègre de manière active et chacun en ce qui le concerne (masse paysanne, chefs traditionnels, responsables administratifs, services techniques, ONG, projets, ...) à la gestion saine du patrimoine.

Avec cette intervention de la GTZ qui a mis en place un ensemble de règles simples, faciles d'application, objectives et équitables pour tous les utilisateurs et producteurs, les résultats semblent être prometteurs.

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