WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Gestion des lamantins des lacs de Lere : entre conservation des ressources naturelles et survie de la population.


par HONORE BEAKGOUBE
CREFELD, Université de Sarh-Tchad - Master 2 en Environnement et Developpement Communautaire  2011
  

précédent sommaire suivant

5.4. La participation des bénéficiaires

La participation peut avoir deux sens :

a) sens actif : participer en prenant des responsabilités ;

b) sens passif : prendre part sans avoir à décider ;

La participation est, pour chaque individu, la manière de se lier aux autres : c'est une forme de sociabilité. A Léré, un tel dynamisme existe mais cela n'est que dans les structures associatives (groupements, associatives...) Selon A. MEISTER, il faut distinguer principalement cinq types de participations :

1. La participation de fait est une participation dont les bénéficiaires ignorent le bien fondé des actions auxquelles ils sont conviés. Alors les spéculations latentes gangrènent leur esprit : « que m'adviendra-t-il si je ne participe pas au projet ? », « ne va-t-on pas me créer des ennuis aux niveaux politique et administratif », « je vais participer puisque, c'est mon frère qui m'y convie »... Une telle participation ne correspond pas forcement aux objectifs recherchés.

2. La participation spontanée et /ou volontaire sont celles où l'adhésion est massive, une participation effective où les actions du projet sont appropriées par les bénéficiaires. Dans la région de Léré, les communautés riveraines de la RFBL sont réellement impliquées dans la gestion des ressources naturelles et de la conservation du patrimoine. Elles mènent des actions de développement pour pérenniser les acquis à travers les appuis des ONG.

3. La participation provoquée est celle qui est stimulée de l'extérieur afin de faire accroître une prise de conscience sur une situation jugée critique et dont la communauté n'arrive pas à la percevoir ou qui se trouverait dans l'impossibilité de la résoudre.

4. La participation imposée : c'est le degré le plus bas de la participation. Les bénéficiaires n'ayant reçu aucune explication sur les objectifs du projet, voient débarquer une équipe d'experts qui se livrent à des travaux dont ils ignorent l'origine et la finalité. Une telle participation même si elle reçoit une adhésion, les activités ne sont pas pérennisées et la finalité boycottée.

Pour mieux s'informer et informer les acteurs afin de susciter en eux l'intérêt d'une participation effective au travers de ce thème : « Gestion des lamantins des lacs Léré : entre conservation de ressources naturelles et survie de la population  », la méthode de SARAAR qui aide à comprendre les niveaux de résistance s'avère bien indiquée. Elle a été également expérimentée lors de notre visite de terrain pour tester la connaissance et la perception de nos enquêtés sur la protection et la conservation des lamantins. Cette méthode expose sept niveaux de résistance :

1- Le dénouement total du problème ;

2- La reconnaissance du problème, mais refus d'y prendre part activement en fuyant des responsabilités.

3- La reconnaissance du problème mais doute de la résolution exemple : « oui le problème existe, mais j'ai des doutes qu'on puisse le régler ».

4- Le Sentiment d'impuissance : « c'est un problème important, mais je n'ai pas les moyens de le régler ».

5- La connaissance des causes du problème : « le problème existe, je suis intéressé à connaître les causes ».

L'engagement à la résolution du problème : « je suis prêt à tout essayer pour régler le problème »

6- Engagement et rôle de leadership : « je suis disposé à démontrer une solution aux

autres et à proposer des actions ».

Nous avons constaté qu'en dehors du premier niveau de résistance, tout le reste s'applique au contexte dans la zone d'étude. La problématique de la sauvegarde du lamantin est une question connue de tous mais la compréhension du problème oscille entre les niveaux 2 et 7 de résistance c'est-à-dire le niveau de la reconnaissance du problème, mais le refus d'y prendre part activement aux opérations de sauvetage, en fuyant les responsabilités..., et le niveau élevé qui dénote d'un engagement sans scrupule avec un rôle de leadership à jouer.

Zone tampon

Reconnaissance du problème mais refus

Engagement à résoudre le problème

Connaissance des causes du problème

Sentiment d'impuissance à résoudre le problème

Reconnaissance du problème mais doute

Engagement avec le rôle de leadership

Schéma n°2 : méthode Saraar

Source : la Méthode SARAAR adoptée par le projet gouvernance de l'eau et développement local PNUD - DAES juillet 2005.

précédent sommaire suivant