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Une approche sociologique de la prise en charge de la malnutrition infantile sévère par l'ong BEFEN dans le département de Mirriah

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par Lamine KALLA ADAMOU
Université Abdou Moumouni de Niamey - Maitrise en Sociologie 2011
  

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5.2. Où intervenir ?

Trouver des villages ! C'est là une étape indispensable dans la mise en oeuvre de tout programme d'aide. Mais selon quels critères cela peut se réaliser et comment? Ici, il est question d'analyser les interactions autour de cette question d'installation.

Plusieurs facteurs interviennent dans le ciblage des centres de santé qui font l'objet de cet appui. Les ressources financières et logistiques font partie des plus déterminantes. Certaines ONG(s) peuvent être limitées par les ressources, ce qui les oblige à choisir des zones faciles à accéder.

« ...ça nécessite beaucoup de mobilisation de ressources. Si vous êtes limités par les ressources, ça va être très difficile... Vous prenez des engagements avec un petit retard de livraison des vivres ça peut engendrer beaucoup de conséquences sur le terrain. » (S.S., Secrétaire Général ONG BEFEN).

Paradoxalement, les rares ONG(s) qui s'installent dans les zones les plus reculées, se sentent bien dans cette situation du fait qu'elles se trouvent souvent comme seuls intervenants. En effet, plus on est seul, moins on a ces problèmes de coordination et plus on est connu par les populations.

Alors quelles logiques peuvent guider le choix de ces zones ?

· Critères de sélection des centres de santé

En principe, plusieurs facteurs interviennent dans le ciblage des centres de santé qui font l'objet de cette intervention. Il s'agit entre autres:

ü Des études de base pour déterminer la prévalence du taux de la malnutrition (CSI répondant aux critères d'intervention);

ü De la problématique de la malnutrition dans la zone concernée (pour éviter certaines erreurs de couverture sanitaire)

ü De la présence ou non des partenaires techniques aux districts (pour une question de représentativité géographique afin de voir l'objectif atteint).

Ainsi, avant son implantation dans le département de Mirriah, l'ONG BEFEN est tenue de vérifier les trois principes énumérés ci-haut. Cependant, l'insuffisance des données sur l'état nutritionnel des populations a rendu difficile le ciblage des villages qui ont besoin de plus de soutien. Pour cela une étude de base a été menée dans les différentes localités du département afin de vérifier la nécessité de cette intervention.

« Le choix des centres de santé n'est jamais fortuit. Nous avons mené des études de base qui nous ont amenés à bien connaître la problématique de la malnutrition. Il est question de voir, avec les responsables sanitaires et les autorités communales, les sites où on a le plus d'enfants de moins de cinq ans ; la vulnérabilité de ces derniers ; la présence ou pas de partenaires ; la prévalence du taux de la malnutrition ; la situation géographique en terme de référence (...). Il y a aussi euh...une bonne ambition de représentativité géographique afin de voir l'objectif atteint. » (O.M., Coordinateur Général ONG BEFEN).

Par ailleurs, les services déconcentrés du ministère de la santé ont une mainmise dans le processus d'installation de toute ONG dont ils ont le contrôle.

« C'est en accord avec le district que chaque ONG, après la définition de ses critères et en fonction du besoin du district, parvient à s'installer. » (Médecin chef du district sanitaire de Mirriah).

Cela révèle que les représentations de l'Etat, au niveau département et/ou régional, ne sont pas contournées. De même les autorités communales et coutumières ainsi que les responsables des CSI participent d'une manière ou d'une autre à la sélection des centres de santé.

« ...On vient dans les villages ciblés, on rencontre les chefs des villages et les responsables des CSI pour leur exposer clairement notre mission. On se met d'accord sur un certain nombre de choses. D'abord au CSI, on fait un état des lieux pour voir les ressources du CSI en infrastructures sanitaires et en ressources humaines. Après cette phase, on dégage le gap qui va nous permettre de faire nos activités. » (O.M., Coordinateur général ONG BEFEN).

Rappelons que l'action de ces organisations est facilitée par l'existence des droits que les Etats leur octroient eux-mêmes. En effet, le droit international humanitaire est contenu dans les quatre (4) conventions de Genève de 1949 et les protocoles additionnels de 1977 et 2005. Le comité international de la Croix Rouge et les Organisations dites impartiales ont un droit d'assistance humanitaire dans les pays signataires de ces conventions. Le Niger fait partie de ces Etats signataires29(*). Le pays a été lié aux conventions et protocoles en 1964 (par succession aux rapports de conventions) et 1979 (par ratification par rapport aux protocoles)30(*).

C'est dans cette optique que les organisations dites impartiales comme MSF mettent en avant le droit d'assistance humanitaire pour faciliter leurs actions. Ainsi, le droit humanitaire est un droit de l'action qui assure la liberté ``d'accéder aux populations en danger '' et l'indépendance dans l'exécution de ces actions de secours31(*).

* 29 Revue internationale de la Croix rouge n° 829, convention de Genève pour la protection des victimes de la guerre du 12 Août 1949 et protocole additionnel de 8 juin 1977 URL : http// :www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/5FZG54/

* 30 Ibid.

* 31 Définition du droit humanitaire sur le site de MSF, URL : http//:note1.msf.fr/enjeux/définition.

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