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Rwanda, un génocide colonial, politique et médiatique

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par Mathieu OLIVIER
Université Paris 1 - La Sorbonne - Master de Relations Internationales et Action à là¢â‚¬â„¢Etranger 2013
  

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Les interprétations, l'éventuelle complicité

Les conclusions de la mission d'enquête parlementaire n'ont pas empêché les différences d'interprétations sur la question de la présence française au Rwanda. On l'a dit, bon nombre de journalistes se sont interrogés, de 1990 à 1993, sur le rôle des militaires envoyés et sur la relation entre un régime soupçonné d'actes génocidaires et la France.

La commission d'enquête sur les médias et les idéologies a même salué, en nuances, le travail de ces journalistes. « La plupart des envoyés spéciaux ont fait leur travail et rapporté les faits (...), ils n'ont pas déguisé la responsabilité de la France depuis 1990. (...) Cependant, certains de ces envoyés spéciaux, des éditorialistes et des rédactions parisiennes ont eu tendance à répercuter le discours de diabolisation du FPR (...). »3(*)4

Il y aurait donc une « responsabilité de la France dans le génocide rwandais ». Ou en tout cas une responsabilité de « dirigeants français, politiques et militaires, engagés dans une étroite collaboration avec un état pré génocidaire puis génocidaire », comme le souligne Jean-Paul Gouteux.

« L'occultation médiatique du génocide a été très consensuelle et s'est poursuivi jusqu'en 1998. Elle a été brisée par la série d'articles de Patrick de Saint-Exupéry publiée dans Le Figaro au début de 1998. Ces articles ont libéré la presse et provoqué immédiatement la mise sur pied d'une mission d'information par le pouvoir français pour étouffer le scandale. »3(*)5

Les articles de Saint-Exupéry, publiés dans le Figaro du 12 au 15 janvier 1998, sont ainsi accablants, nous y reviendrons dans une dernière partie. Ils montrent à quel point le silence sur l'intervention française est impressionnant dans certains journaux, en tête desquels trône le quotidien Le Monde.

Nous avons détaillé, dans la précédente partie sur l'intervention française, les deux parties de celle-ci. D'une part, celle qui s'étend de 1990 à 1993 et qui s'attache à la défense du gouvernement rwandais face au FPR et, surtout à la formation des Forces armées rwandaises. D'autre part, l'action de la France pendant le génocide lui-même avec l'opération Turquoise.

Il est important d'exposer les thèses de Patrick de Saint-Exupéry, présentées en 1994 puis de façon plus retentissante en 1998. Elles pourront servir de base et ensuite éclairer le fossé entre cette série de papiers et ceux qui ont parcouru ceux du journal Le Monde sur la présence française au Rwanda.

* 34 Rapport de la commission d'enquête citoyenne sur les médias et les idéologies et l'implication de la France au Rwanda, mars 2005

* 35 Jean-Paul Gouteux, spécialiste de la question rwandaise, dans un entretien accordé au journal The Dominion.

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