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Rwanda, un génocide colonial, politique et médiatique

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par Mathieu OLIVIER
Université Paris 1 - La Sorbonne - Master de Relations Internationales et Action à là¢â‚¬â„¢Etranger 2013
  

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La dualité nationale et la guerre des races

Cette thèse de l'ancienne migration des peuples dominants n'est pas la première du genre. Les migrations aryennes ont également été l'objet de mêmes études. Surtout, elle se fait l'écho d'une théorie visant à expliquer l'Histoire, et notamment celle de la noblesse, du Tiers-Etat et de la révolution.

A partir du 16ème siècle se développa ainsi en France une lecture mythique de la révolution française. Elle attribua à la noblesse une origine franque et donna à la bourgeoisie une ascendance gauloise ou gallo-romaine. Il y aurait donc, selon plusieurs auteurs, dont Etienne Pasquier7(*) et François Hotman8(*), deux nations en France. L'une ayant une antériorité sur le territoire et l'autre ayant conquis son royaume. Les nobles, descendants des francs, domineraient donc, par droit de conquête, les bourgeois gallo-romains.

Cette théorie de la guerre des races, même si l'on ne peut encore parler de racisme - plutôt réservé à une conception biologique -, ne manqua pas de s'enraciner. Elle se retrouva même au centre de certains discours révolutionnaires dont ceux de Sieyès9(*).

« Puisque le tiers est aujourd'hui assez fort pour ne pas se laisser conquérir (..), pourquoi ne renverrait-il pas dans les forêts de la Franconie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d'être issues de la race des conquérants ? »

L'illustre Camille Desmoulins1(*)0 semble, lui aussi, avoir intégré une partie du discours racial :

« Ceux qui se prétendent nos conquérants seront conquis à leur tour. La nation sera purgée, et les étrangers, les mauvais citoyens, tous ceux qui préfèrent leur intérêt particulier au bien général seront exterminés. »

Dès lors, l'histoire de la révolution française est celle d'une lutte entre deux peuples. Deux nations sur un même territoire, l'une vaincue, l'autre conquérante. Cette vision perdura jusqu'à ce qu'une autre la remplace, plus moderne : la lutte des classes, héritée de Marx, à partir de 1848.

Mais, entre temps, bon nombre d'intellectuels étudièrent l'Histoire à travers ce prisme. En Espagne avec les conquêtes des Wisigoths puis des Arabes, en Angleterre avec les Normands, en Allemagne avec les Aryens... Or, ce qui existait en Europe ne pouvait manquer d'exister en Afrique. On transposa donc, aux côtés des thèses héritées de la Bible et de l'Antiquité, la vision d'une double nation sur un territoire : les Tutsi, venus du Nord, avaient conquis le pays des Hutu. Dès lors les Tutsi, ces nègres blancs, justifiaient leur domination.

* 7 Les Recherches de la France, 1560-1567

* 8 Franco-Gallia, 1573

* 9 Sieyès, Qu'est ce que le Tiers-Etat ?

* 10 Camille Desmoulins, La France Libre, 1789

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