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L?industrie musicale : crise ou révolution ? impact des nouveaux modes de consommation de la musique


par Maxime Varloteaux
Université de Reims Champagne-Ardenne - Master 1 Management parcours Marketing 2010
  

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Partie 3 : Emergence de nouveaux modèles économiques dans lesquels l'internaute devient acteur de l'industrie

Chapitre 1 : Rémunérer la musique autrement

Dans ce chapitre, nous montrerons qu'il existe des manières alternatives et autres que la commercialisation de disques ou de fichiers numériques pour rémunérer la musique à sa juste valeur. Ainsi, nous verrons que la musique enregistrée peut être financée par la publicité et que d'autres modèles favorisant eux la location plus que la vente commencent à apparaitre.

I - La musique financée par la publicité

Il faut savoir que la publicité a toujours permis indirectement aux artistes de vivre car la Sacem rémunère les artistes par la taxation des médias qui sont eux-mêmes financés par la publicité, pour la diffusion des oeuvres.

Qui dit musique financée par la publicité dit gratuité pour le consommateur. Un fonctionnement en somme similaire aux bandes FM qui connaissent ces dernières années une baisse de leur audience tandis que le nombre d'utilisateurs d'internet lui augmente d'années en années. On peut donc en déduire qu'il s'est opéré un transfert des consommateurs, qui écoutent désormais leur musique sur internet. Les sites internet proposant l'écoute ou le téléchargement de musique sont de plus en plus nombreux et présentent pour les consonautes de nombreux avantages : gratuité, choix des titres écoutés parmi une large sélection, qualité sonore ...

Il faut toutefois noter que la principale raison du succès de ces sites est leur gratuité, c'est la technologie du streaming qui permet l'essor de ces sites, technologie qui rend possible la lecture en instantanée et en direct d'un fichier audiovisuel. Nous allons dans cette section voir différentes façon d'utiliser cette technologie.

Master 1 Management - Parcours Marketing

· La diffusion libre de musique

Ce modèle est sans aucun doute le plus populaire et le plus répandu ; des sites tels que Youtube, Dailymotion, Myspace ou encore Deezer proposent aux internautes d'écouter les titres de leur choix parmi une très grande variété issue des catalogues des différentes maisons de disque. Sur ces sites, l'internaute n'a pas la possibilité de télécharger les musiques, il peut simplement les écouter en ligne.

Ces sites vivent des publicités qu'elles mettent ainsi, par exemple, sur Deezer, il est fréquent que l'utilisateur doivent écouter une courte publicité avant de pouvoir écouter son morceau. Le succès de ces sites dépend donc de leur audience, plus le nombre d'utilisateurs est élevé et plus les annonceurs seront nombreux à investir en publicité.

Ce modèle économique devient de plus en plus viable car il semble satisfaire pleinement les internantes et il est économiquement profitable pour les maisons de disque (un pourcentage des investissements publicitaires touchés étant reversé aux maisons de disque en fonction du nombre d'écoute). En effet, Sony-BMG et la Sacem viennent de passer un accord avec Deezer pour mettre en diffusion gratuite sur le site le catalogue de Sony. Warner a fait de même avec Youtube en l'autorisant à diffuser les clips de son catalogue. Plus fort encore, certains lancement d'albums se font sur ces plateformes (par exemple, « The Resistance » de Muse sur Deezer). Un positionnement très pertinent car les majors parviennent à négocier une avance venant compenser les pertes liées aux exploitations illégales passées.

Les médias traditionnels prennent peu à peu eux aussi conscience de l'importance du streaming, les chaines de télévision et les radios diffusent désormais leurs programmes via internet.

Ces sites ont toutefois quelques limites : la rémunération des artistes provenant de ces sites reste insuffisante pour constituer un modèle efficient, il existe des contraintes géographiques liées à la gestion internationale des droits d'auteurs qui entraine un géoblocage des contenus musicaux c'est à dire que l'internaute accède à différentes parties du catalogue en fonction de l'endroit où il se connecte et enfin, ce système reposant sur les investissements des publicitaires qu'arrivera t'il si ces derniers se désengagent ? Il faut également noter que certains de ces sites sont disponibles dans des versions premium, contre un abonnement mensuel, l'internaute peut accéder sans contrainte publicitaire à l'ensemble du contenu de ces sites ; mais les utilisateurs premium restent pour le moment très marginaux, les consonautes se contentant de la version gratuite.

Maxime Varloteaux - Mémoire de recherche - 59

Master 1 Management - Parcours Marketing

· Les webradios

Il s'agit ni plus ni moins de la réplique de radios FM sur internet, ces webradios permettent aux internautes d'écouter de la musique en streaming. En général, chaque webradios a son propre style musical et touche ainsi une certaine catégorie d'auditeurs.

Les avantages de la diffusion par internet plutôt que sur les ondes hertziennes sont nombreux : mise à disposition d'informations au sujet des titres diffusés, affichage des morceaux diffusés (avant, pendant et après leur diffusion), des liens vers les plateformes de téléchargement légales pour se procurer les morceaux ... On remarque que les contenus les plus fréquentés sont ceux axés autour de thématiques bien précises, par exemple la musique rock.

La gratuité est également le mode de fonctionnement de ces webradios, elles sont donc rémunérées elles aussi grâce à l'insertion d'espaces publicitaires.

De plus en plus et en parallèle au développement des réseaux communautaires, les internautes peuvent s'ils le souhaitent créer leur propre radio et la faire découvrir aux autres internautes.

Prenons l'exemple de Goom Radio35, qui a pour ambition de transformer l'écoute d'une radio en une expérience interactive ; en plus de proposer l'écoute de différentes radios en fonction de ses préférences musicales, Goom Radio offre la possibilité de créer sa propre station de radio grâce à un certain nombre de titres disponibles et en quelques clics de la partager avec son réseau d'amis. Goom Radio permet également l'enregistrement de la musique grâce à un bouton disponible sur le lecteur de chacune des radios de Goom. Vous ne trouverez pas un seul disque dans les studios de Goom Radio, la politique est d'être au 100% numérique. Les internautes ont leur rôle à jouer, ils peuvent choisir tout ce qu'ils désirent écouter : un flash d'info à l'heure qu'ils souhaitent, tel morceau à telle heure ... le concept est que l'internaute doit pouvoir faire ce qu'il souhaite.

Afm de garder une cohérence entre les publicités et la webradio proposée, les publicités affichées seront en rapport avec la page visitée par l'internaute.

35 a Goom radio, c'est parti ... pour durer ! », Le monde numérique, 17/09/2008

Maxime Varloteaux - Mémoire de recherche - 60

Master 1 Management - Parcours Marketing

· Le téléchargement gratuit contre la publicité participative

Un concept initialement lancé par le site Airtist qui propose aux internautes la possibilité de télécharger des titres musicaux de façon légale et gratuite. En contrepartie, les internautes doivent visionner une publicité et répondre à quelques questions sur cette dernière. Ce système possède ainsi deux principaux avantages :

- l'acquisition des morceaux est gratuite et légale pour l'internaute et les fichiers étant dépourvus de DRM, ils peuvent être utilisés sans contrainte

- les annonceurs s'assurent d'une visibilité et d'une mémorisation importante de leurs messages publicitaires.

Les internautes sont ainsi directement touchés par le publicité qu'ils doivent obligatoirement visionner pour arriver à la page permettant le téléchargement de leur morceau. Le site se rémunère, quant à lui, avec les investissements publicitaires. Un accord avec la Sacem et avec la Sesam36 a été passé afin que ces dernières perçoivent un pourcentage des revenus publicitaires touchés par Airtist et cela pour que les artistes puissent bénéficier de leurs droits d'auteur.

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