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L?industrie musicale : crise ou révolution ? impact des nouveaux modes de consommation de la musique


par Maxime Varloteaux
Université de Reims Champagne-Ardenne - Master 1 Management parcours Marketing 2010
  

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Conclusion

Les ventes de disques ont connu de nombreuses années de récession depuis 2002 avant que cette baisse ne commence à vraiment ralentir en 2009. Le coupable de ce déclin a longtemps été pour les maisons de disque le téléchargement illégal. Aujourd'hui, les majors tentent enfin de trouver d'autres solutions et commencent à faire, d'une part « une autocritique sur la valorisation du produit musical45 » et d'autre part à mettre en place de nouveaux modèles économiques prenant en compte les possibilités qu'offre le web 2.0.

L'une des premières erreurs des maisons de disque a été de considérer la musique comme un produit (le disque) alors que ce dernier ne constitue en réalité qu'un support permettant de diffuser la musique. En réalité donc, le monde de la musique ne souffre d'aucune crise : les salles de concert qui ne désemplissent pas et le succès d'autres supports (le Dvd musical par exemple) viennent le prouver.

La demande pour le bien culturel ne s'essouffle pas mais le disque cornait lui quelques difficultés, son prix doit donc s'adapter. Avec l'arrivée de nouvelles technologies comme le lecteur MP3, les modes de consommation de la musique d'une partie de la population se sont transformées, la musique numérique apportant une certaine souplesse de consommation que beaucoup recherchaient. Des sites de téléchargements légaux ont ainsi été mis en place afin de proposer une alternative au piratage mais l'utilisation de ces plateformes légales restent encore trop minoritaire, ces dernières n'étant pas encore assez attractives (prix, qualité sonore ...). En effet, les maisons de disque ont loupé le passage au numérique en tardant à proposer ces plateformes légales (d'autres comme Apple avec Itunes ont été bien plus réactives) mais elles semblent aujourd'hui avoir compris qu'il fallait s'adapter à Internet. Ainsi, des accords avec certains sites sont passés (Myspace, Deezer ...) et des exclusivités sont souvent proposées aux internautes. Car Internet constitue un canal de distribution énorme, il faut donc réussir à y mettre en place un système favorable à la diffusion de la musique (et plus largement à la culture) tout en respectant les droits d'auteurs. Ce que vit le secteur de la musique est finalement plus une révolution qu'une crise.

Au cours de ce travail de recherche, nous nous sommes demandés, comment l'industrie musicale parvenait à s'adapter aux nouveaux modes de consommation de la musique ?

45 « Crise de l'industrie musicale ou obsolescence du Cd ? » par E. Barreiro

Maxime Varloteaux - Mémoire de recherche - 76

Master 1 Management - Parcours Marketing

L'industrie musicale doit à présent placer le consommateur au coeur de ses stratégies, il est nécessaire de l'écouter et de le faire participer. Celui-ci a des attentes et des besoins précis, il faut donc réussir à lui proposer des technologies s'adaptant à son mode de vie. Le développement du web 2.0 a donné à l'internaute un pouvoir important dans le processus de choix et de communication de la musique enregistrée : responsabilisation de l'internaute, personnalisation de la relation client et intégration du consommateur dans la chaine de création de valeur. Les individus sont ainsi passés du statut de consommateur à celui d'acteur : les maisons de disque n'imposent plus leurs choix mais font participer le client final.

Les stratégies multi-supports sont de plus en plus récurrentes : les consommateurs étant changeant et leurs attentes diverses et variées, une stratégie reposant sur un unique support serait risquée. Il est donc plus judicieux de chercher à optimiser les différents supports existants. Il ne faut donc pas abandonner le disque mais le lier à différentes stratégies de prix et de contenu. Il faut réussir à proposer des offres de téléchargements légales diverses et attrayantes ; et également profiter du fort potentiel du spectacle vivant qui peut se révéler un moyen de limiter les pertes engendrées par la crise du disque. Tous ces différents formats peuvent également être liés pour proposer aux consommateurs une expérience musicale plus intense (par exemple, un coffret avec l'album en disque et en téléchargement ainsi qu'une place de concert).

De nouveaux moyens de financement de la musique sont également apparus en parallèle du développement du web 2.0, les webradios et les sites de diffusion libre de musique financés par la publicité rencontrent une vive popularité car ils savent proposer des contenus riches et sont faciles d'utilisation. Cependant, il reste à régler sur ce système de la diffusion libre la question des droits d'auteur.

Il faut aujourd'hui également veiller à favoriser la création et la diversité musicale car les internautes, par le biais des espaces communautaires et de leurs blogs, jouent un rôle important dans la promotion des artistes, si des nouveaux talents de qualité leurs sont proposés, dès lors que ces derniers plaisent, leurs promotions seront facilitées par les vertus virales de ces sites. Les internautes peuvent même à présent être bien plus que des prescripteurs de talent et parier sur les artistes qu'ils souhaitent voir émerger (MyMajorCompany).

« En ce qui concerne, le téléchargement légal, je ne vois plus l'intérêt avec Spotify, quitte à ne plus posséder l'objet, autant l'avoir directement en application et l'écouter indéfiniment sans encombrer son disque dur » nous dit Anna sur le forum AgME46

46 Débat « MP3 vs Cd H dans le chapitre 3 de la partie 2

Maxime Varloteaux - Mémoire de recherche - 77

Master 1 Management - Parcours Marketing

Et si finalement, l'avenir de la musique enregistrée c'était cela ? Payer 9,99€ par mois pour avoir accès à toute la musique que l'on souhaite. Plus besoin de supporter de publicités intempestives, la possibilité de se créer ses propres playlists et d'écouter sa musique n'importe où et n'importe quand : de nombreux appareils peuvent lire l'application Spotify et il est possible de mémoriser ses playlists et de les écouter même hors connexion.

Un modèle qui reposerait sur la location de la musique plus que sur son achat : tant qu'on l'on est abonné au service, on peut en disposer librement. Les sites de diffusion de musique deviendrait ce qu'on pourrait appeler des « fournisseurs d'accès à la musique47 », la qualité et l'abondance de leur catalogue deviendrait leur clé de succès. Des accords seraient évidement passés avec les maisons de disque et les labels pour rémunérer les différents acteurs à leur juste valeur.

L'accès à la musique deviendrait alors plus un service voir même un droit tout comme l'est celui à internet. Aujourd'hui avec le besoin de mobilité permanente, la possibilité d'avoir accès à sa musique partout serait une véritable plus value. Et ce modèle constituerait également un véritablement moyen de démocratiser la musique car acquérir quelques albums de temps en temps n'est plus une solution crédible dans ce monde en illimité

47 Terme utilisé par le blogueur M.Lebel

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