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L'éco-responsabilité des événements sportifs

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par Mael Besson
Institut de Management de l'Université de Savoie - Master de Gestion 2008
  

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IV. Etude de cas : L'Ultra Trail du Mont Blanc

IV.1 Présentation de I'UTMB

The North Face® Ultra-Trail du Mont-Blanc® est un événement regroupant des courses de pleine nature empruntant en grande partie le sentier international de Grande Randonnée du Tour du Mont-Blanc (GR TMB), ouverte à tout homme ou femme, justifiant d'une expérience dans la discipline et âgé de 20 ans révolus au moment du départ.

L'objectif des épreuves est de réaliser pour :

L'UTMB®, un tour complet du Mont-Blanc, soient 163 km et 9500 m de dénivelé positif, en semi autosuffisance et dans un temps maximum de 46 heures.

La CCC®, Courmayeur-Champex-Chamonix, soient 96 km et 5500 m de dénivelé positif, en semi autosuffisance et dans un temps maximum de 25 heures.

La Petite Trotte à Léon, un « grand » tour du Mont-Blanc, soient 220 km et 17 000 m de dénivelé positif, en équipe de 3 et en autosuffisance dans un temps maximum de 100 heures Classement :

- Pour l'UTMB® et la CCC®, seuls les coureurs arrivant à Chamonix sont classés, et reçoivent un lot spécial finisher.

- La Petite Trotte à Léon ne donne lieu à aucun classement.

The North Face® Ultra-Trail du Mont-Blanc® est sur le plan mondial un événement unique dans le domaine de la course à pied nature. Traversant trois pays (la France, l'Italie, la Suisse) et 9 communes, la première épreuve créée, l'UTMB®, se déroule en une seule étape sur un parcours de 163 Km faisant le tour complet du Mont-Blanc, en empruntant le célèbre GR TMB et en franchissant dix cols à plus de 2000 mètres d'altitude avec un dénivelé positif de 9400 mètres. Créé en 2003 par une cordée solidaire d'amis passionnés par la course nature et le pays du Mont-Blanc, les Trailers du Mont-Blanc, The North Face® Ultra-Trail du Mont- Blanc® est devenue, seulement 6 ans après sa naissance LA référence mondiale du trail.

The North Face® Ultra-Trail du Mont-Blanc® invite les amoureux de trail, athlètes de haut niveau ou non, à entreprendre non--stop et individuellement le tour complet du plus haut sommet d'Europe.

IV.2 L'éco responsabilité dans l'UTMB

IV.2.1 Leurs motivations

Avec un nombre élevé de coureurs, de spectateurs et de bénévoles, l'organisation de cette course a souhaité devenir un « moteur » pour le respect de l'environnement. Et mieux qu'un exemple, les organisateurs ont la volonté d'être innovants et performants.

En 2006, une commission environnement a été créée par l'organisation. Outre des membres de l'organisation elle comprend d'autres personnes, notamment certaines appartenant aux collectivités territoriales concernées. Elle a suivi la mise en place d'actions concrètes.

IV.2.2 Mon travail de conseil

 
 

C'est lors des 3èmes rencontres nationales des sports de pleine nature à Besançon que j'ai découvert cette manifestation et son orientation éco-responsable. C'est après une discussion avec Michel Poletti, l'organisateur de la course avec sa femme, que l'idée d'effectuer mon stage de master est venue. De retour en Savoie une première réunion de travail a permit de définir mon rôle au sein de l'UTMB. Mon travail consistait à identifier les principales sources de pollution de l'événement, rechercher et proposer des solutions viable et d'analyser sur le terrain les difficultés de mise en place et les possibilités d'amélioration. Il s'est donc découpé en trois phases de travail : la prise d'informations sur l'événement, la recherche de solutions viable, et l'analyse sur le terrain.

Analyse de l'événement

Cette première partie de mon travail n'a pas été évidente pour la bonne est simple raison qu'il est difficile de se rendre compte d'une organisation sans l'avoir vécue sur le terrain. Je me suis donc atteler de deux façons : analyse des documents existants, et questionnement des organisateurs.

Dans le premier temps j'ai analysé tout les documents à ma disposition externe ou interne à la manifestation. Les photos, les vidéos, les témoignages, les dossiers de presse, les programmes, fly affiches, sont des documents généraux qui permettent de se faire une idée de l'événement, de l'état d'esprit ambiant. Cela donne également des informations sur certain points « visibles » de l'organisation. Cette vue d'ensemble est indispensable pour bien identifier les besoins organisationnels. Ensuite la lecture des documents interne, bilans, comptes rendus des réunions notamment de la commission environnement, sont des documents indispensables afin de connaître l'état d'avancé de la réflexion interne de l'organisateur. Cela permet d'approfondir la connaissance de l'événement, des priorités organisationnelles, des besoins, de la situation financière...

Dans un deuxième temps la récolte de certaines informations indispensables pour cibler les efforts en terme d'éco-responsabilité doit passer par un entretient avec l'organisateur. Ces informations très concrètes (combien de verres plastiques utilisés, d'où provient le papier des affiches...) sont des informations quasi introuvables dans les documents écrits (les budgets et factures n'étant pas forcement à disposition. Pour cette partie « questionnaire » j'ai commencé par établir une série de question par écrit (annexe 11) que j'ai fait parvenir à l'organisateur. Ce mode de fonctionnement « par écrit » n'a pas fonctionné. Le questionnaire peut être trop rébarbatif et pas assez clair, le manque de temps des organisateurs a enterré ce document dans les oubliettes d'un bureau administratif. Une réunion de réflexion entre l'organisateur et moi-même a permit de reprendre point par point le questionnaire. Apres réflexion je pense que le travail d'un conseillé (si je peux me permettre de me qualifier comme cela dans le cadre de cette mission) doit passer par des entretient direct avec l'organisateur et ne peux se faire uniquement à distance. Le questionnaire établie à la base a servit en quelque sorte de guide d'entretient lors de cette réunion. Il en est ressorti une série de questionnement et de perspective de solutions.

Les thèmes abordés sont : Le tri des déchets, La restauration, la communication, la consommation d'énergie, les achats, transport, partenaires subventions.

Recherche de solution

Pour définir les solutions les plus adéquates à l'événement, un échange régulier par mail a été nécessaire avec l'organisateur. Pour chaque problématiques, une sorte de mini cahier des charges été établie. Mes expériences dans le domaine de l'éco-événement m'on permit d'apporter un certain nombre de solutions quasi immédiatement. Pour le reste une recherche sur internet, auprès d'organismes environnementaux (ADEME...) et auprès de fournisseurs a été nécessaire.

Proposition de solutions

Les solutions ou recommandations proposées ont été faites dans un premier temps de manière écrite. Ces documents ont été des résumés de guides pratiques sur l'écoresponsabilité (doc sur l'éco-communication Annexe 10). Il est apparut que les attentes de l'organisateur étaient plus de l'ordre du conseil, sous formes d'affirmations que des recommandations de procédure à suivre. L'exemple du résumé proposé sur « comment faire une éco-communication » illustre bien l'écart entre l'outil proposé et la solution attendue. L'organisateur à un besoin de réponse aux questions du type « quoi faire pour être plus écoresponsable ? » et non « comment faire pour trouver la solution ». Un changement de méthode à donc été nécessaire. Des entretient avec certains fournisseurs de l'événement (imprimeur), ou avec certains organismes (Ademe, Association environnemental...) ont permit de déterminer les choix les plus éco-responsable. C'est au nom de l'UTMB que ces recherches et prises de contacts on été effectuées.

Les Solutions

Les propositions de solutions apportées sont des solutions élaborées pour l'UTMB et ne correspondraient pas forcement à une autre manifestation.

La restauration.

Les lieux de restauration sont principalement les points de ravitaillement des coureurs. Ces lieux sont des villages ou des refuges traversés par la course. Sur ces points de ravitaillement une restauration bénévole est également mise en place.

La principale source de pollution issue de la restauration est l'utilisation de matériels de restauration jetable en plastique pour les coureurs et les bénévoles. Deux solutions ont été mises en place lors de la manifestation. Premièrement un verre type écocup a été offert à chaque coureur afin d'éviter l'utilisation de verres plastiques jetables sur les points de ravitaillement. Le nombre de coureurs étant trop important sur le début de la course, les verres plastiques sont resté présent sur les 5 premiers points de ravitaillement. Par la suite, l'étalement du pelletons et le grand nombre d'abandon permet un service moins précipité l'utilisation du verre éco-cup. Pour les bénévoles et pour les coureurs, sur les points de ravitaillement servant des repas chaud dans les villes, l'utilisation de cantine à été possible. La vaisselle alors réutilisable et les laves vaisselles collectifs permettent d'éviter une grande consommation de vaisselles jetables. Pour pallier à l'utilisation de la vaisselle plastique sur tous les ravitaillements ne pouvant pas fonctionner avec du réutilisable, la solution de fonctionner avec du matériel

jetable mais compostable a été proposé. Cependant,

l'Ademe Rhône Alpes affirme que cela est pertinent si

et seulement si une poubelle de tri sélectif du compost

est mit en place. L'isolement des points de

ravitaillement en montagne rend la tache quasi

impossible.

Le deuxième gros point noir de la restauration est la consommation de bouteille plastique d'eau minérale acheminée en camion, en quad ou en hélicoptère selon l'isolement des points de ravitaillement. La solution proposée est d'utiliser les sources de montagne ou les réseaux des villes et villages. Plusieurs problèmes techniques sont à résoudre. Le premier est celui de la potabilité de l'eau. Une recherche auprès de la DRASS Rhône Alpes à permit d'établir un protocole de contrôle des sources. Des devis ont été faits par des laboratoires d'analyses. Le deuxième problème technique est le

besoin d'un débit important nécessaire en cas d'affut important de coureurs en même temps, surtout lors des premiers ravitaillements. Cette solution a été déjà résolue, sans que l'organisateur ne le sache, par les bénévoles du service des fêtes de St Gervais qui n'ayant pas suffisamment de bouteille plastique ont confectionné une série de robinet en tuyauterie souple. Ce robinet géant, directement relier au réseau d'eau potable de la ville permet de subvenir à l'ensemble des coureurs. Cependant les sources de montagne n'ont pas le même débit. Un réservoir de réserve doit être ajouté à ce système. Le troisième problème technique est la température de l'eau. L'eau de source étant à une température très basse ne peut pas être bue par un sportif en plein effort. Il est impératif que celle-ci soit réchauffée à une température ambiante. Pour le moment aucune solution n'a été trouvée.

L' éco-communication

L'analyse des matières premières et des procédés utilisés par l'imprimeur montre son engagement en termes d'éco-communication. De plus l'organisateur conçoit ses documents dans un souci d'économie maximum du nombre de pages et de tirage de ses supports de communication. Aucune proposition d'amélioration n'a donc été faite.

Les Sacs coureurs

Chaque coureur à un ou deux sacs, selon la course qu'il effectue (UTNiB ou CCC) avec des affaires de rechange. Ces sacs de ravitaillement se trouvent sur des points de ravitaillement le long du parcours. Cela représente environs 7000 sacs utilisés sur l'ensemble des courses. Ces sacs sont en plastique résistant. Les contraintes technique (étanchéité, solidité et avec fermeture) ne permettent pas de trouver une solution alternative à cette consommation. La seule

solution d'amélioration trouvée est d'augmenter la qualité du sac afin que celui-ci soit

réutilisable par les coureurs.

Transport

Nous pouvons diviser les transports en trois parties. Le transport des participants pour venir à la manifestation, le transport sur la manifestation et l'acheminement du matériel et du ravitaillement. Plusieurs solutions d'accès à la manifestation ont été proposées. D'abord la mise en place de transport en commun des grandes villes, en l'occurrence Lyon. Trois freins important à cette solution : le coût, le fait que beaucoup de coureurs viennent accompagner de proche ayant un besoin d'autonomie en terme de transport sur le site, et le fait que les

coureurs viennent de 1 jour à deux semaines avant la manifestation. Cette proposition n'a donc pas été retenue. La proposition suivante est le covoiturage avec la mise en place sur le site internet de l'UTMB d'un espace dédié à se sujet. Une analyse de la fréquentation de la page covoiturage permettrait d'évaluer l'utilité et l'efficacité de ce service. Sur la manifestation un système de transport en commun efficace pour les participants et les bénévoles est déjà mis en place au travers de bus et de train locaux. Aucune amélioration n'a été nécessaire. Le transport du matériel ne représente pas grand-chose et n'est pas réductible. Par contre une grande partie des transports sert à acheminer les denrées alimentaires et notamment l'eau minérale. Pour des raisons économiques les transports ont déjà été réduits au minimum mais une élimination des bouteilles d'eau permettrait de faire des économies.

Le tri des déchets

Le conseil dans la mise en place du tri des déchets sur l'événement s'est résumé au choix des poubelles à mettre sur chaque point de tri. Poubelle grise (ordures ménagères) et poubelles jaunes (carton, papier, bouteille plastique et aluminium). Cette réflexion a été faite à partir de l'analyse des besoins des coureurs et de l'organisation. Il s'est avéré que les coureurs, lors de la course, ont une utilité de la poubelle d'ordure grise et non de point de tri. Cependant leur besoin en poubelle grise est relativement fréquent malgré la mini poubelle portable qu'il leur est distribué. Il est donc indispensable à l'organisateur de disposer un grand nombre de poubelle le long du parcours. Par contre un fort besoin de tri est nécessaire pour les bénévoles et sur les points d'accueil du publique. Afin de faciliter le tri j'ai conseillé l'organisateur de mettre des sacs de couleur (pour ne pas

confondre les poubelles) et transparent afin de faciliter la compréhension du tri. Une

signalétique et évidement indispensable.

Sensibilisation

La proposition de partenariats avec des associations de sensibilisation comme les Mountain Rider n'a pas été mit en place par faute de temps et de disponibilité.

Autre (recherche de partenaire, de subvention)

Au nom de l'UTMB j'ai eu l'occasion de démarcher plusieurs institutions afin de trouver de nouvelles solutions aux problématiques environnementales de l'événement et des sources de financement des solutions potentiels. Cette recherche de partenaires s'est traduite par une réunion entre l'ADEME et l'UTMB. Un guide d'entretient résume tout les point abordés lors de cette réunion (annexe 13). Les solutions apportées à l'issue de la réunion sont la mise en place d'un bilan carbone, l'apport d'informations techniques comme la liste des centres de retraitement des déchets, la mise a disposition d'études comparatives des différentes solutions (verres compostables versus verres plastiques), et la possibilité de subvention et d'appuis au dossier de subvention vers le CR Rhône Alpes. Outre les solutions apportées, cette réunion à eut un effet motivateur auprès de l'organisateur.

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