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Le risque opérationnel au sein des Banques:Quelle stratégie pour une meilleure maitrise?

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par sénoussi EPAYE
ESG Business School Paris - ESGF 2009
  

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1.1. La notion de risque bancaire

Les risques bancaires sont multiples et multidimensionnels. Il faut les classifier et les définir le mieux possible en vue de les mesurer et de les maîtriser.

- Le risque lié aux mouvements des marchés est spécifiquement financier.

- Le risque de crédit, considéré comme commercial, est celui qui provoque des pertes en cas de défaut des contreparties.

- Le risque opérationnel, désigne le risque de dysfonctionnement, de défaillances attribuables à des procédures, à des personnels, à des systèmes internes où à des événements extérieurs.

- Les autres risques que l'on ne peut catégoriser.

Pour plus de compréhension, nous détaillons ces trois types de risque dans une partie dédiée.

1.2. Typologie des risques bancaires 1.2.1. Le risque crédit

Le risque de crédit se définit par comme "par la perte potentielle supportée par un prêteur suite à une modification de la qualité du crédit de l'une de ces contreparties sur un horizon donné". On peut spécifier trois composantes du risque de crédit : le risque de défaut, le risque de dégradation de la qualité du crédit, le risque de recouvrement. Le risque de défaut correspond à l'incapacité ou au refus de la contrepartie d'assurer le paiement de ses échéances. Le risque de dégradation de la qualité du crédit résulte de la perte de fiabilité du débiteur. Le risque de recouvrement correspond à l'incertitude liée au taux de recouvrement postérieur à un défaut constaté. Toute dégradation du crédit entraîne une diminution de la valeur de la créance ou du prêt, une baisse de la notation du débiteur et une hausse des spreads exigés sur la dette.

L'évaluation du risque crédit vise à apprécier la perte probable attendue d'un portefeuille de crédit sur un horizon donné, cette perte devant être couverte par une provision. La perte effective pouvant être plus élevée que la perte attendue, l'évaluation du risque de crédit vise également à apprécier la perte inattendue, celle-ci devant être couverte par les fonds propres. La perte attendue en cas de défaut (EL - expected loss) correspond au montant exposé au défaut (EAD - exposure at default) affecté de la probabilité de défaut (PD -probability of défault) et du taux de perte en cas de défaut (LGD - loss given défault) :

EL = EAD x PC x LGD

La perte étant aléatoire, il convient d'estimer non seulement la perte moyenne attendue (Expected loss), mais aussi la distribution de cette perte. Cette distribution permet de déterminer la perte inattendue (UL - unexpected loss) qui doit être couverte par les fonds propres. A titre d'illustration, si on considère un prêt unique avec une loi biominale du défaut PD et une perte P, la perte attendue et la perte inattendue se calculent aisément puisque l'espérance de la perte s'exprime :

EL = E(P) = P x PD + 0 x (1-PD) = P x PD

L'évaluation du risque de crédit repose sur des modèles ad hoc dont la construction comprend 2 phases. La première consiste en une collecte d'informations sur les éléments constitutifs du risque de chaque crédit individuel. Il s'agit de ranger les crédits en classes de risque et de déterminer les probabilités de défaut, le montant des expositions et les pertes en cas de défaut de chaque classe. La seconde phase consiste à modéliser l'incertitude des pertes et à agréger les expositions individuelles pour décrire le risque de portefeuille dans son ensemble. IL convient alors de tenir compte des corrélations entre les risques des différents crédits.

L'évaluation du risque individuel de crédit

La construction du premier étage d'un modèle de risque crédit comprend trois étape. La première est consacrée à l'affectation des positions individuelles dans un ensemble de classes de risque définies par le système de notation interne de l'institution financière. En pratique la plupart des grandes banques disposent de systèmes de notation des emprunteurs : des systèmes de scoring pour les divers types de clients de l'activité de détail (particuliers et professionnels), des systèmes experts de diagnostic financier pour les entreprises. Les banques peuvent aussi recourir aux notes fournies par les agences de notation ou par d'autres fournisseurs d'informations financières. Ces systèmes de notation permettent de classer les crédits en fonction de leur risque individuel de défaut. La seconde étape consiste à mesurer la probabilité que le crédit migre vers une autre classe de risque. Cette étape est cruciale puisque la classification interne des crédits et les probabilités de défaut et de transition retenues à ce stade déterminent très largement la forme de la fonction de densité des pertes et donc la dispersion des pertes potentielles sur le portefeuille ainsi que la VaR. Cette étape nécessite aussi de mesurer la valeur de l'exposition, autrement dit la valeur de chaque crédit, dans les divers états possibles, c'est-à-dire en fonction de son appartenance aux différentes classes de risque. La troisième étape consiste à déterminer le taux de perte en cas de défaut. Celui-ci dépend du taux de récupération ou du recouvrement en cas de défaut, qui dépend lui-même de la nature du crédit, de sa maturité et des garanties qui lui sont associées

La probabilité de défaut (PD)

Le risque de crédit, c'est d'abord le risque que la valeur d'un prêt fluctue en raison d'événements qui affectent la qualité de l'emprunteur et sa capacité de remboursement. Son estimation repose sur les probabilités de défaut des crédits si on considère un modèle de défaut, ou sur les probabilités de changement de note ou de grade si on considère un modèle en valeur de marché. Pour estimer ces probabilités, on range d'abord les crédits en classes de risque en utilisant un système de notation. On mesure ensuite le risque de transition d'un emprunteur d'une classe de risque vers une autre. Il est souhaitable que les probabilités de transition soient ajustées pour tenir compte des caractéristiques des emprunteurs et des conditions générales de l'économie. Il est tout aussi souhaitable de conditionner l'estimation des matrices de transition au secteur d'activité et à la taille de l'entreprise si les données disponibles sont insuffisantes. Cela revient à utiliser des probabilités de transition différentes pour des entreprises de dimensions différentes appartenant à des secteurs différents.

L'exposition en cas de défaut (EAD)

Dans le cas des risques classiques, l'exposition aux pertes correspond au montant actualisé
total des flux contractuels encore dus. Il convient alors d'ajuster l'exposition au cours du temps

selon les modalités de remboursement ou d'amortissement du prêt ou de la créance. En cas de garantie hypothécaire, l'exposition varie dans le temps puisque la dette diminue alors que la valeur de la garantie (bien immobilier par exemple) est aléatoire.

L'évaluation du risque de crédit sur un portefeuille

La seconde étape de construction d'un modèle de risque de crédit consiste à modéliser l'incertitude des pertes futures sur l'horizon temporel choisi, non pour un crédit particulier mais pour un portefeuille de crédits. Cette étape permet de construire la fonction de densité de pertes futures et d'estimer la VaR et les fonds propres nécessaires pour couvrir l'exposition au risque. Les résultats obtenus lors de cette étape permettent aussi de mettre en oeuvre une politique cohérente d'allocation des fonds propres et de tarification des crédits. Connaissant les probabilités de défauts ou de transition et la valeur de chaque position individuelle en cas de changement de classe, y compris en cas défaut, la construction de la fonction de densité de pertes futures nécessite d'agréer les positions individuelles pour déterminer leur risque à l'intérieur du portefeuille, qui diffère naturellement de leur risque individuel. Dans une approche de portefeuille, il importe en effet de tenir compte des corrélations entre les pertes et les expositions individuelles. Sur un horizon donné (un an dans la plupart des modèles), toutes les variables qui conditionnent le montant des pertes peuvent varier. C'est le cas, par exemple, de l'exposition en cas de défaut (EAD) si le crédit considéré est couvert par un titre obligataire dont la valeur de marché fluctue en raison de l'évolution des taux d'intérêt. C'est aussi le cas de la perte en cas de défaut LGD si les conditions macroéconomiques affectent la capacité des prêteurs à actionner les garanties. Mais ce qui détermine l'incertitude ou la volatilité des pertes futures, c'est d'abord la variabilité de la qualité de l'emprunteur. En d'autres termes, la probabilité de défaut PD doit elle-même être considérée comme une variable aléatoire. A l'horizon d'un an, un emprunteur peut changer de notation ou de classe de risque. C'est pourquoi la modélisation de la probabilité de défaut constitue l'élément essentiel d'un modèle de risque de crédit.

Tous les modèles d'estimation du risque de crédit supposent que la probabilité de défaut soit soumise à l'influence de facteurs de risque propres à chaque emprunteur et à l'influence de facteurs communs à tous les emprunteurs. Ces derniers sont des facteurs sectoriels, une crise dans un secteur d'activité affecte tous les emprunteurs de ce crédit par exemple ; des facteurs de localisation géographique, une crise régionale affecte tous les emprunteurs de cette région ; des facteurs macroéconomiques, comme les taux d'intérêts ou le taux de croissance du PIB. La variance de la probabilité de défaut est donc déterminée par l'évolution de ces facteurs de risque. À titre d'illustration, la récente récession tend à accroître la probabilité de défaut, alors que celle-ci diminue en période d'expansion. C'est la raison pour laquelle les probabilités de défaut ou les transitions entre les classes de risque ne sont pas stables dans le temps. Il est

donc nécessaire de s'appuyer sur un modèle théorique, qui associe les changements de probabilités de défaut aux facteurs de risque, pour reproduire la dynamique des défauts entre classes. En somme, construire la fonction de densité des pertes sur un portefeuille de crédit consiste principalement à modéliser la relation entre les événements de crédit et les facteurs de risques. Il faut également considérer le fait que si tous les crédits composants un portefeuille sont soumis de manière identique aux même facteurs de risques - parce que le portefeuille est insuffisamment diversifié - le montant des pertes effectives non attendues sera naturellement plus important que si le portefeuille de crédits est mieux diversifié.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.


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