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Enjeux et jeux pétroliers en Afrique: étude de l'offensive pétrolière chinoise dans le Golfe de Guinée

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par Severin Tchetchoua Tchokonte
Université de Yaoundé 2 - Master 2 science politique 2008
  

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SECTION II : Les importations d'hydrocarbures : une absolue nécessité

La très forte croissance de l'économie chinoise génère une demande en hydrocarbures que la production nationale n'est pas à même de fournir, et les importations nettes qui étaient de 61,91 millions de tonnes en 2002 devraient atteindre au minimum 200 millions de tonnes en 2020 (Miginiac Jean Philippe ; 2006 : 12). En 2010, la moitié des besoins pétroliers de la Chine dépendra ainsi de ses importations, lesquelles importations constitueront en 2020, jusqu'à 80% de ses besoins pétroliers (Miginiac Jean Philippe ; 2006 : 12).

Aussi, pour faire face à ce nouveau défi, la Chine a-t-elle lancé un véritable « quadrillage » diplomatique des principales zones pétrolières mondiales. Cette offensive politique pétrolière chinoise, dénote le caractère structurant du pétrole dans la formulation de la politique étrangère chinoise (paragraphe1). Elle nous permet également de comprendre l'important redéploiement de Pékin dans les zones pétrolifères mondiales (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : le pétrole : un enjeu majeur de la politique étrangère chinoise

Le pétrole est considéré ici comme un enjeu majeur de la politique étrangère de la Chine eu égard à la subtile diplomatie menée par pékin pour le conquérir (A), mais aussi compte tenu de l'instrumentalisation ou de l'utilisation de ses compagnies pétrolières comme de véritables outils de politique étrangère (B).

A- La diplomatie pétrolière chinoise

La diplomatie pétrolière chinoise est un concept qui, en réalité n'est qu'un néologisme nous permettant de traduire l'idée d'une diplomatie au service des intérêts pétroliers. Pour la Chine en effet, la diplomatie constitue le cheval de Troie de son offensive pétrolière. Les autorités chinoises ont compris que pareillement aux Etats-Unis, le pétrole est d'un intérêt vital pour leur économie. Il semble donc évident à l'analyse que les offensives diplomatiques chinoises sur la scène internationale sont le juste reflet de cette ambition. Pékin entend en effet par le dynamisme de sa diplomatie tisser des liens de coopération étroits avec les pays producteurs de pétrole. C'est ce qui explique le quadrillage des principales zones pétrolifères mondiales par l'ensemble de son corps diplomatique.

L'attention médiatique de ces dernières années portée sur l'ouverture de la Chine et sa conquête du monde, démontre la crainte que l'Occident éprouve pour ce pays, jusqu'alors isolé et à l'histoire émaillée par la dictature et l'autoritarisme. La Chine utilise toutes les astuces pour se faire les amis parmi les pays producteurs de pétrole. Pour pékin en effet, la diversification et la garantie de ses approvisionnements extérieures contribueraient à limiter sa dépendance vis-à-vis du marché international et le mettrait à l'abri des chantages des pays ou groupes de pays tels que l'OPEP.

B- Les compagnies pétrolières chinoises : de véritables instruments de politiques étrangères.

Les compagnies pétrolières chinoises, instruments de la quête chinoise d'hydrocarbures, sont les suivantes : China National Petroleum Corp. (CNPC), Petro china, China National Off Shore Oil Corp. (CNOOC), China National Oil Development Corp. (CNODC), China National Star Petroleum (STAR), China National Petrochemical Corporation (SINOPEC), China National Chemicals Import and Export Corporation (SINOCHEM), China United Petroleum Corporation (CHINA OIL) et China United Petrochemical Corporation (UNIPEC) (De Lestrange Cédric; Paillard Christophe Alexandre ; ZELENKO Pierre; 2005: 175).

Pour mener à bien cette nouvelle stratégie de présence dans les zones productrices, la Chine privilégie le déploiement de son réseau d'entreprises pétrolières avec une multiplication des projets d'exploration et de production dans des pays peu occupés par les compagnies internationales et où la concurrence provient le plus souvent des compagnies Russes. La CNPC a ainsi acquis des concessions au Kazakhstan, au Venezuela, au Soudan, en Iraq (avant 2003), en Iran et au Pérou, sans autres véritables justifications que d'occuper les secteurs pétroliers encore vacants :

" Dans ce cadre, la stratégie chinoise d'alliance tout azimut dans le monde pétrolier a de nombreuses cibles, comme l'Egypte, l'Algérie ou le Gabon. Ceci s'est traduit dans ces derniers cas en 2004 par des accords de prospections et d'exploitations, puis des contrats de commercialisation entre les compagnies opérant dans les pays producteurs et le groupe chinois SINOPEC" (De Lestrange Cédric; Paillard Christophe Alexandre; Zélenko Pierre; 2005: 175).

Accédant aux ressources des pays producteurs par le biais de ces compagnies pétrolières dont il est l'actionnaire principal, l'Etat chinois peut ainsi " sécuriser " une partie de son approvisionnement. Les nombreux accords de partage de la production signés par les compagnies pétrolières chinoises dans les pays producteurs témoignent de la réussite de ces stratégies.

Tableau n° 2 : Principaux fournisseurs en pétrole de la Chine en 2003

(En % des importations chinoises)

Arabie saoudite

15.6 %

Iran

15 %

Oman

11.3 %

Angola

9 %

Soudan

7.7 %

Yémen

5.2 %

Russie

4.5 %

Indonésie

4 %

Malaisie

2.3 %

Guinée équatoriale

2.2 %

Congo

1.5 %

Gabon

1.2 %

Cameroun

1.1 %

Algérie

0.75 %

Nigeria

0.6 %

Egypte

0.3 %

Autres

17.75 %

Source : François LAFARGUE, op.cit page 50.

Tel que nous pouvons le constater dans ce tableau, après les pays du Golfe arabo-persique, les pays du Golfe de Guinée occupent une place importante parmi les principaux fournisseurs en pétrole de la Chine. Les pays tels que l'Angola, le Nigeria, la Guinée Equatoriale, le Congo, le Gabon et le Cameroun fournissait en 2003 jusqu'à 15,6% des importations chinoises de pétrole.

La Chine a intérêt aujourd'hui à diversifier ses sources d'approvisionnement, et nous pouvons dès lors nous interroger sur les nouvelles régions où elle souhaite désormais étendre son influence.

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