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Enjeux et jeux pétroliers en Afrique: étude de l'offensive pétrolière chinoise dans le Golfe de Guinée

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par Severin Tchetchoua Tchokonte
Université de Yaoundé 2 - Master 2 science politique 2008
  

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Paragraphe 2 : les atouts du brut du golfe de guinée

Plusieurs facteurs expliquent le regain d'intérêt actuel pour le brut du golfe de guinée. Ce pétrole, comme celui de l'Afrique noire en général présente des avantages qui le soumettent aux convoitises et aux rivalités des principales puissances consommatrices : sa qualité, sa situation offshore (A), ses atouts d'ordre économique (B), enfin le caractère incitatifs des régimes contractuels et fiscaux(C) dans les pays de la région.

A- Un pétrole de qualité et à l'abri des tensions sociales

1. La qualité du brut du golfe de guinée

Traditionnellement, deux critères déterminent la qualité du pétrole : sa viscosité (léger, moyen, lourd) et sa teneur en souffre (doux ou sulfuré) (Kounou ; 2006 : 29). En effet, plus il est léger et doux, meilleur est sa qualité. C'est par exemple le cas du   "Bonny light" qui fournit de rendements élevés en essence. Le pétrole du golfe de guinée est réputé de bonne qualité, tant il est léger et doux. La qualité de ce pétrole en fait un produit très demandé par les puissances industrielles de l'heure, en l'occurrence la Chine.

2. un pétrole à l'abri des tensions sociales

D'origine maritime pour l'essentiel, le pétrole du golfe de guinée est offshore, et par conséquent à  l'abri des troubles sociaux et politiques. En effet, comme le souligne robert MURPHY, conseillé pour l'Afrique au département d'Etat Américain, situés pour la plupart en mer, les gisements du golfe de guinée sont relativement à l'abri des troubles sociaux et politiques qui pourraient subvenir dans la région. La production offshore présente en effet l'avantage de limiter les interactions potentiellement explosives entre les compagnies et les populations locales. Le risque politique, du point de vue des compagnies en est réduit d'autant. Si l'instabilité politique est dans certains pays comme le Nigeria l'un des problèmes majeurs entravant la croissance de la production23(*), en Angola et au Congo Brazzaville, la quasi-totalité de la production est offshore, c'est ce qui en partie explique le fait qu'elle n'ait jamais été interrompue malgré les conflits qui s'y sont déroulés (Copinschi P. ; Noel P ; 2005 : 31).

B- Les avantages d'ordre économique

Les avantages d'ordre économique tiennent aux spécificités de la région elle-même, ces spécificités sont liées à la nature géologique des zones prospectées. En effet, pour NTUDA EBODE (2004 : 47) :

 

" Celles-ci permettent de réduire les délais entre la mise à jour des découvertes et leur exploitation. Les investisseurs pouvant ainsi rapidement récupérer leurs capitaux. Comparée à la mer du Nord, la région bénéficie en outre d'un climat plus clément, ce qui facilite les opérations au large des cotes. Par ailleurs, son taux de réussite de forage des puits d'exploitation est d'environ 50%, alors qu'il n'est que de 10% dans le reste du monde. Davantage, 50 à 60% des puits d'exploration qui y sont forés permettent de découvrir un gisement d'une capacité supérieure à 100 millions de barils ".

Bien plus, les Etats pétroliers de la région sont largement ouverts aux investisseurs étrangers et aucun n'a jamais véritablement nationalisé les activités pétrolières, pas même le Nigeria et l'Angola pourtant membres de l'OPEP. Il est par conséquent plus facile d'agir sur le prix de leur production pétrolière. Contrairement au Moyen-Orient, au Mexique, au Venezuela, à la Russie ou encore à l'Afrique du Nord, l'Afrique subsaharienne fait pleinement partie du segment concurrentiel de l'industrie pétrolière internationale.

De plus, la facilité d'évacuation est un atout supplémentaire face à d'autres régions comme l'Asie centrale dont l'enclavement constitue l'un des principaux obstacles à la croissance de la production. Enfin, le coût d'exploitation est relativement bas, car les bassins étant proches des côtes, il est facile de faire passer sans frais de transport supplémentaires, le pétrole des puits de forage vers les tankers24(*).

C- Des régimes contractuels et fiscaux incitatifs

Les conditions contractuelles et fiscales y sont particulièrement incitatives. Il s'avère que les producteurs pétroliers africains traitent avec désinvolture les relations contractuelles avec les grandes ou moyennes compagnies exploiteuses du pétrole africain (Kounou Michel ; 2008 : 10). En effet, les gouvernements africains, du fait des difficultés financières auxquelles ils sont confrontés, ont tendance à assouplir les législations et les régimes fiscaux applicables aux compagnies pétrolières étrangères. Ainsi, il est en effet assez curieux de constater que les associations (joint-ventures), jadis prisées depuis les années 1970 par les gouvernements africains, sont presque systématiquement remplacées par des contrats de partage de la production(CPP), rédigés en des termes généralement plus avantageux pour les compagnies étrangères (Kounou Michel ; 2008 : 10). La Guinée Equatoriale constitue dans ce sens un véritable cas d'école. En effet, la répartition des bénéfices du pétrole n'y est pas favorable à l'Etat, qui ne recueille que 25% du chiffre d'affaire, abdiquant 75% aux compagnies étrangères25(*). Pour attirer les investissements étrangers, les autorités ont cru devoir à ce point brader le pétrole, même si aujourd'hui Malabo proclame qu'avec les nouveaux contrats, cette part ténue des dividendes pétroliers s'élèvera à 40%.

En Angola, plusieurs compagnies se distribuent les puits et intérêts pétroliers, au détriment de la compagnie nationale Angolaise (SONANGOL).Cette dernière procède généralement par joint-venture pour des gisements offshore du Cabinda, et se trouve en minorité depuis des années -SONANGOL (41%), Cabinda Gulf Oil Chevron (39.2%), Agip (9.8%) et Elf (10%) (Kounou Michel ; 2008 : 11).

Au Nigeria, deux principales associations lient la société nationale aux compagnies étrangères. La première regroupe la NNPC (55%) et Shell (45%) ; tandis que la deuxième est constituée de la NNPC (60%) et EXXON MOBIL, Chevron Texaco, ENI/Agip et TotalFinaElf (40%) (Favennec JP ; Copinschi P. ; 2003 : 137). Dans les négociations des contrats pétroliers, contrairement aux autres pays producteurs africains, le Nigeria s'en sort relativement mieux. En effet, dans les deux contrats signés avec les compagnies étrangères, la part de la compagnie nationale NNPC est nettement supérieure, au regard des chiffres publiés.

Au total, on s'aperçoit de manière générale que quelle que soit la modalité contractuelle retenue, les compagnies pétrolières étrangères engrangent d'énormes profits. Elles s'accaparent en effet d'une part importante de la production pétrolière africaine pour en tirer un plus grand bénéfice sur les marchés internationaux. D'un point de vue purement réaliste, l'attitude de ces compagnies s'avère être assez compréhensive. Mais, ce qui est tout de même curieux, c'est le fait que se soit avec la complicité des africains qu'elles parviennent ainsi à spolier le continent de ses richesses.

Donc, dans le souci de mieux cerner les différents contours de cette offensive chinoise dans la sous région, il est nécessaire d'intégrer à notre analyse la volonté de la classe dirigeante africaine à servir cette initiative ou du moins à faciliter sa mise en oeuvre.

* 23 Cf. jeune Afrique Economie, été 2008, n°373, p.3.

* 24 Cf. Jeune Afrique Economie du 4 au 17 janvier 1999, p.17.

* 25 Cf. " Guinée Equatoriale : accélérer le développement ", in Jeune Afrique l'Intelligent, hors série n°08, paris, septembre 2005.

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