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Analyse des impacts écologiques et socioculturels de l'exploitation des produits de Daniellia Oliveri sur la viabilité de ses peuplements au Bénin

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par Rémy HOUEHOUNHA
Université d'Abomey-Calavi (Bénin) - Doctorat Unique 2009
  

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8.3- Reproduction de D. oliveri

L'étude a permis d'explorer les possibilités d'utilisation de divers modes de reproduction sexuée et asexuée à savoir le semis de graines et les boutures de tiges et de racines, dans la multiplication artificielle de D. oliveri en général et la production de plants en pépinière en particulier. Les résultats ont montré que les graines de D. oliveri ont une très bonne aptitude à la germination. Elles ne nécessitent pas de prétraitements ou un type de substrat particulier. Les graines mûres

ANALYSE DES IMPACTS ECOLOGIQUES ET SOCIOCULTURELS DE L'EXPLOITATION DES PRODUITS DE DANIELLIA OLIVERI (ROLFE) HUTCH. & DALZ.
SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

de l'espèce ne souffrent donc pas de problèmes de dormance. Toutes les méthodes de prétraitement testées dans le cadre de cette étude ont induit des pertes de viabilité des semences, avec des effets variables suivant les méthodes. Le prétraitement qui affecte le moins la viabilité des graines est le trempage dans une solution d'acide sulfurique avec des pertes de l'ordre de 9-10% par rapport aux graines non-traitées. Mais les traitements qui affectent le plus la viabilité des graines sont le brûlage au feu et le trempage dans l'eau chaude avec des pertes de l'ordre de 80% pour le brûlage et 35% pour l'eau chaude. La chaleur semble donc être un facteur préjudiciable à la viabilité des graines de D. oliveri. Outre, leur bonne aptitude à la germination, les graines de D. oliveri ont aussi une bonne aptitude à la conservation dans les conditions paysannes (Ouédraogo et al., 2003). En effet, elles peuvent se conserver pendant plus d'un an avec les moyens traditionnels peu coûteux et sans une perte significative de viabilité (Ouédraogo et al., 2003).

Si pour la germination des graines, le prétraitement a produit un effet néfaste et le substrat pratiquement pas d'effet, il semble qu'il n'en est pas de même pour la croissance des plantules issues des graines. En effet, sur tous les types de substrats, les plantules issues des graines traitées au feu ont montré les croissances les plus significatives pendant les trois premiers mois. Elles sont suivies par les plantules issues des graines traitées à l'acide sulfurique. Après trois mois, la même tendance est maintenue sur les sols ferrugineux sablonneux, ferrallitique et latéritique. Sur le sol ferrugineux argileux par contre en quatre ou cinq mois, c'est plutôt les plantules issues des graines non traitées qui montrent les meilleures hauteurs. Elles sont suivies des plantules issues du traitement au feu et du traitement à l'acide sulfurique. Ainsi, sur les sols ferrugineux argileux, on n'a peut-être pas besoin de prétraitement des graines pour stimuler la croissance en

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hauteur des plantules. Les croissances les moins fortes sont obtenues pour les plantules issues des graines traitées à l'eau simple et à l'eau chaude pour tous les types de sol.

Ces effets possibles du prétraitement sur le développement des plantules suggèrent que le prétraitement pourrait influer sur l'utilisation des réserves de la graine par les plantules, favorisant une croissance plus rapide, une vigueur plus grande et donc une meilleure chance d'établissement durant les premiers mois. En effet, la croissance et la vigueur des plantules dépendent de la disponibilité des réserves nutritives que la graine contient. Ainsi, par exemple, les semences les plus grosses ou lourdes génèrent généralement des plantules plus vigoureuses qui croissent et résistent mieux aux aléas du milieu (Khan et al., 1999; Baraloto et al., 2005; Bladé et Vallejo, 2008; Du et Huang, 2008). Un autre processus par lequel le prétraitement pourrait influer sur le développement des plantules est le raccourcissement du temps d'émergence de la plantule par élimination des possibles obstacles mécaniques au développement de la plantule (Du et Huang, 2008). Toutefois, des investigations complémentaires devraient être faites par d'autres essais et sur d'autres espèces pour confirmer ces relations entre le prétraitement et le développement des plantules.

De façon pratique, ces tendances suggèrent que, pour maximiser le nombre de plants et la croissance des plantules sur les cinq premiers mois, on peut utiliser des graines non traitées sur substrat argileux en pépinières ou en semis direct dans une zone oil prédominent les sols argileux.

Ces résultats expliquent aussi les observations faites pendant l'inventaire forestier national de 2007 au Bénin, qui a montré que la régénération naturelle de D. oliveri dans les Forêts Classées et dans les terroirs villageois est presque nulle (IFN-DFS-PBF2, 2007). En effet, les

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peuplements de D. oliveri sont généralement situés dans des formations végétales à caractère savanicole. Les savanes sont très menacées par les feux de végétation qui sont allumés pendant la période de maturation des semences de l'espèce. Les effets néfastes du feu sur la germination des graines combinés avec la forte pression des prédateurs et des parasites, expliqueraient la faible régénération naturelle observée. Un phénomène similaire a été observé dans un essai de régénération artificielle par semis direct dans la zone de Benega à 160 km de Ouagadougou par Ouédraogo et al. (2003) qui ont obtenu un taux de survie de plantules de D. oliveri de 3,7% sur une année, après un taux de levée initial 70%. Les facteurs de stress étaient essentiellement le feu, les prédateurs et le piétinement par le bétail (Ouédraogo et al., 2003).

Concernant la multiplication végétative artificielle, les résultats ont montré que les boutures de tiges sont inappropriées pour reproduire l'espèce. Les pousses issues des bourgeons de ces boutures n'ont pas été viables car elles ont dégénéré très rapidement en l'intervalle de 30 jours et sont toutes mortes. Par contre, les boutures de racines ont été viables avec des taux de réussite de l'ordre de 66 % et une croissance constante des jeunes pousses jusqu'à cinq mois après le début du bouturage. Bien que l'enracinement n'ait pas été directement observé, les boutures de tiges n'auraient pas développé des racines pour leur survie, ce qui a fait qu'après l'épuisement des réserves au bout d'un mois, toutes les pousses ont dégénéré. Par contre, les boutures de racines ont développé des racines adventives, ce qui explique la survie et la croissance des pousses sur plus de cinq mois.

La comparaison de la multiplication par graines et de la multiplication par boutures de racines du point de vue des taux de réussite suggère que le taux de réussite des boutures de racines est bien supérieur au taux de germination des graines traitées au feu, mais inférieur au taux

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de germination des graines non traitées ou traitées à l'acide sulfurique. Du point de vue de la croissance, les pousses issues des boutures de racines croissent beaucoup moins vite que tous les types de graines traitées. En somme, du point de vue de la croissance des jeunes pousses en pépinière, les boutures de racines ne présentent pas d'avantage par rapport au semis de graines.

Dans tous les cas, la bonne aptitude à la germination et à la conservation en milieu paysan des graines de D. oliveri (Ouédraogo et al., 2003) et la croissance relativement bonne des plantules sont autant d'avantages à l'actif de la multiplication par semis.

Toutefois, il convient de mener des essais sur la survie des plants issus des différents types de matériel de reproduction face à divers types de stress comme le feu, la sécheresse, le broutage, le piétinement, etc. Cette aptitude à résister au stress est déterminante dans la réussite de toute initiative de restauration.

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