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Variabilité et tendances pluviométriques dans le nord-ouest de la Centrafrique: enjeux environnementaux


par Bertrand DOUKPOLO
Université d'Abomey-Calavi - DEA 2007
  

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RESUMÉ

Le Nord-Ouest de la Centrafrique, espace situé entre 3°45' et 8° 35' N, a connu autour des décennies 60-70, une variabilité du régime pluviométrique. Pour étudier cette variabilité et rechercher la tendance des précipitations, des séries chronologiques à divers pas de temps entre 1951 et 2000 sont soumises aux tests statistiques de détection de rupture de stationnarité. La variabilité spatio-temporelle du paramètre étudié a été caractérisée et la tendance pluviométrique significativement négative a été mise en évidence. Les résultats d'analyse révèlent une alternance d'épisodes humides et d'épisodes secs avec des déficits pluviométriques très marqués. Diminution progressive de la pluviométrie, accentuation de l'irrégularité pluvieuse et raccourcissement de la saison humide ont été confirmés. Ces fluctuations pluviométriques ont contribué à fragiliser l'environnement naturel fort déjà anthropisé. Les enjeux de cette variabilité sont préoccupants pour la gestion des ressources environnementales.

Mots clés : Nord-Ouest centrafricain, variabilité pluviométrique, recherche des tendances, environnement.

ABSTRACT

The North-West of the Central Africa, located between 3°45' and 8° 35' N, has experiential of rainfall cycle around decades 60s-70s. To study this change and look for the trends rainfalls, chronologic series of some steps of time have been submitted to statistic tests of detection of stationary rupture between 1951 and 2000. The spatio-temporal change of the studied parameter has been characterized and the rainfall trend has been brought to the fore in a significantly negative way. The results of analysis reveal an alternation of wet episods and dry episods with increased rainfall deficiencies.

Progressive reduction in rainfall, increase of rain irregularity and shortening of the rainy season have been confirmed. These pluviometric fluctuations have contributed to weaken the strong natural environment which was already exploited. The stakes of this rainfall change are worth-considering for the management of environmental resources.

Key words: North-West of Central African, rainfall change, look for the trends, environment.

INTRODUCTION GENERALE

1. Contexte scientifique de l'étude

Les questions de changement et de variabilité climatiques préoccupent depuis quelques temps les scientifiques et les décideurs politiques en raison de leurs conséquences immédiates et durables sur l'environnement. Les conclusions d'analyses faites sur l'évolution du climat par l'Intergovernmental Panel on Climate Change (IPPC, 2001 et 2007) ont prouvé une modification de l'équilibre énergétique du système « Terre-0céan-Atmosphère-Biosphère ». Aux basses latitudes, ce déséquilibre est caractérisé par une péjoration ou altération climatique.

En effet, l'espace climatique tropical connaît depuis quelques décennies une variabilité pluviométrique. Celle-ci a attiré l'attention de la communauté universitaire (Paturel et al., 1998 ; Servat et al., 1999) ; elle se manifeste par des anomalies et des crises plus ou moins aléatoires. Cette variabilité se caractérise aussi par de phases successives ou alternatives d'excédents et de déficits hydriques. Ses conséquences peuvent être durables sur le cycle hydrologique surtout lorsqu'elle se traduit par de longues périodes de sécheresse ou d'excès d'eau (Afouda et al., 2001).

En Centrafrique comme ailleurs en Afrique Tropicale, la pluviométrie est le paramètre climatique le plus fréquemment observé dans les réseaux de mesures météorologiques au sol. Elle est même qualifiée de « variable rebelle » compte tenu de sa grande variabilité spatio-temporelle. A ce propos, Fontaine (1990) évoquant la diversité et la variabilité des climats dans les basses latitudes note qu'ils sont marqués par l'absence d'un véritable hiver thermique et la primauté du critère pluviométrique. La plus grande abondance des précipitations, leur répartition dans l'espace et dans le temps, constitue les principales contraintes pour l'adaptation des organismes vivants du milieu. Cette affirmation laisse entrevoir que l'enjeu majeur pour initier les politiques d'aménagement de l'espace en terme du climat peut résider dans l'appréhension de ces contraintes. La bonne répartition spatio-temporelle des pluies a donc une importance particulière pour les activités socio-économiques, les écosystèmes naturels et anthropiques.

Cependant, depuis la fin de la décennie 60, des sécheresses récurrentes ont frappé les régions sahéliennes de l'Atlantique aux contrées de la Corne de l'Afrique en passant par les régions de l'Afrique Centrale au point où, Paturel et al.(1996) ont démontré que la sécheresse gagne également l'Afrique Tropicale humide. Cette succession d'années déficitaires n'est pas annonciatrice d'une irréversible dégradation de la pluviosité (Suchel, 1988) ; toutefois, elle a provoqué des désastres écologiques et une baisse drastique des productions agricoles. Ainsi, caractérisées essentiellement par une baisse sensible de la pluviométrie et une diminution des apports en eau de surface, ces fluctuations semblent s'étendre plus au Sud vers les régions équatoriales.

L'analyse de cette situation climatique a permis à Tsalefac (1986) de noter que la tendance à la baisse de la pluviosité observée en Afrique de l'Ouest depuis la décennie 70 a eu des répercussions jusque dans les massifs forestiers de la Sangha Mbaéré en Centrafrique et de la Mayombe au Congo. Elle est marquée par un déficit pluviométrique manifeste en 1982 et 1983. Pour Bakam (1999), ces années exceptionnellement sèches s'expliquent par une perturbation dans la migration latitudinale de l'anticyclone de Sainte-Hélène influencé périodiquement par la circulation océanique du Pacifique. Ainsi, les résultats des travaux réalisés par les Hydrologues du projet ICCARE (Servat et al., 1999) et FRIEND-AOC (Amani et al., 2002) indiquent qu'il est possible d'établir une relation à l'échelle annuelle entre le phénomène El Niòo Southern Oscillation (ENSO) et la succession des périodes sèches et humides observées en Afrique Occidentale et Centrale au cours des trente dernières années.

La concomitance des déficits pluviométriques liés aux phénomènes ENSO observés en 1982-1983 et 1997-1998 constitue une excellente illustration. Une étude sur le diagnostic saisonnier des anomalies de précipitations en Afrique Atlantique Equatoriale, montre que le phénomène n'a pas beaucoup d'influence sur toute l'année. C'est seulement sur les pluies de décembre, janvier et février que la corrélation est justifiée.

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