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Réflexions autour du projet de vie en EHPAD


par Catherine Nedelec Lissillour
IFCS Montsouris / Créteil - Master 1 management et santé 2010
  

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5.1.2. Importance de l'implication des acteurs dans le projet de vie

La construction d'une collaboration est l'atout majeur du projet de vie. El-le se situe au niveau des professionnels mais aussi des familles.

> Le personnel

« En l'absence de motivation des personnels, aucune dynamique de projet ne peut se développer91 ». Les compétences des professionnels ne sont

90 Fondation de France, Le projet de vie, op.cit.

pas forcément mises en valeurs, elles sont mal utilisées. Les soignants connaissent leur travail, du fait de leur formation initiale. Cependant, l'évolution des pratiques professionnelles est constante. Par manque d'informations, le personnel peut rester dans une approche du soin stoïque.

Le projet de vie donne comme l'explique un cadre de santé, du sens aux actions. Une responsabilité qui valorise les soignants dans leur travail au quotidien. Nous connaissons les difficultés liées au travail dans certains domaines de la santé, dont celui des personnes âgées. La charge de travail est souvent importante. L'absentéisme peut être important et source de problématiques au sein de l'EHPAD. Des glissements de tâches apparaissent. Le cadre de santé passe du temps à gérer les plannings, il lui est difficile de motiver une équipe dont la constitution change beaucoup. Ce « voeu pieu » semble rendre le projet de vie comme irréalisable face aux aléas de la présence éventuelle du personnel.

Les échanges, la communication sont des outils que le cadre utilise avec les professionnels. Cela permet d'avancer, de « faire des consensus », comme dit un des cadres de santé. Encore faut-il que le cadre soit motivé, soit un leadership qui va conduire le projet de vie. Il apparait par des non dits, des soupirs durant les entretiens, que les cadres de santé puissent être en souffrance. Il est difficile de guider une équipe non motivée sur un projet : « [...] rien n'est plus difficile à bien conduire, plus casuel à réussir et plus dangereux à manier, que de se rendre chef en introduisant des nouveautés : parce que l'interlocuteur se fait des ennemis de tous ceux qui se trouvaient bien de l'ancien état des choses et ne se fait, d'autre part que de froids défenseurs de ceux qui gagnent au nouvel établissement92 ».

Les résistances aux changements, de culture sont des freins à tout pro-jet. Elles peuvent expliquer aussi ce manque de motivation des professionnels, pour qui le changement est synonyme d'inconnu. Cela induit une crainte, une méfiance vis-à-vis de toute modification organisationnelle et dans les pratiques professionnelles.

> Les familles

Les familles sont impliquées dans la vie de l'EHPAD dès qu'elles entreprennent de trouver une place pour leur aïeul. Dès la visite de pré-admission, le cadre de santé leur présente l'établissement, ainsi que les projets de ce dernier. Cela permet aux familles informées de se sentir plus en confiance, d'avoir des informations claires.

Malheureusement tous ne réagissent pas de cette manière. C'est ainsi que deux cadres sur trois ne parlent pas du projet de vie aux familles. Je me suis demandée pourquoi. Est-ce parce qu'il est en difficultés par rapport à un quota de personnel que la direction veut modifier à la baisse ? Son personnel étant peu informé, il ne peut pas non plus diffuser une information auprès des familles. Ses compétences dans ce domaine sont alors limitées. « L'articulation

91 Fondation de France, le projet de vie, op.cit.

92 MACHIAVEL Nicolas, (2009), Le Prince, Editions Librio, Paris, 123p.

entre familles et professionnels dans l'accompagnement du projet de vie individuel du résident parait difficile du fait d'un manque de dialogue93 ». Le cadre de santé n'assure pas sa mission de veille juridique au regard de la loi sur la convention tripartite.

La sélection de familles au regard de la dépendance des résidents n'est pas très éthique, même en se défendant d'organiser des réunions pour tous94. Certes ces dernières faites en partenariat avec le médecin coordonnateur ou le psychologue sont instructives pour tous, mais n'enlèvent en rien le fait que le projet de vie est une démarche collective et obligatoire.

Les sentiments de culpabilité et de déni des familles expliquent les présences parfois constantes de ces dernières en EHPAD. Leurs demandes sont tournées plus vers l'état de santé, pas sur le vécu quotidien de leur aïeul. Ce vécu quotidien étant le projet de vie en intégralité : projet de soins, d'animation, personnalisé. Sans informations, les familles n'y adhèrent pas. Au contraire, celles qui sont informées, s'impliquent car elles en comprennent l'importance pour le mieux-être du résident.

Avec ces premiers éléments, il s'avère que la mise en oeuvre du projet de vie est problématique dès le début, dès l'arrivée du futur résident. Le cadre de santé a un rôle important dans cette démarche collective et doit faire face aux difficultés institutionnelles et sociétales. Il est intéressant d'analyser main-tenant les réponses aux questionnaires.

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