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L'héritage leibnizien dans la cosmologie d'A.N. Whitehead

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par Siham EL Fettahi
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne - Master de Philosophie 2011
  

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2.1.2 relations externes versus relations internes

Whitehead en rejetant chez Leibniz l'isolation substantielle des monades, ouvre la monade et l'a fait interagir avec les autres. Les monades deviennent des entités actuelles qui s'ouvrent au monde extérieur pour rencontrer directement ce qu'il contient (relations externes). Effectivement, les entités par le mécanisme de préhension capturent chez leurs semblables ce dont elles ont besoin pour se modifier mais elles deviennent aussi des datas, des transmetteurs pour les autres entités. Elles participent directement à la formation du monde objectif et ceci de manière éternelle (immortalité objective). Les relations qui tissent le monde sont externes car chaque entité se confronte à autrui et s'enrichit grâce à cette confrontation directe. Ce sont ces relations externes qui régissent le monde. Si Whitehead s'oppose à la doctrine des relations internes proposée par Leibniz, c'est pour mieux asseoir son réalisme philosophique. En effet, Leibniz considère que le monde est fait d'une multiplicité de substances individuelles se définissant par des prédicats. Le principe de complétude s'ajoute à cette assertion pour exprimer le fait que le sujet contient en lui la totalité de ses prédicats. Dès lors, si tous les prédicats sont enveloppés dans ma notion, il s'ensuit que tous mes états sont les pures conséquences de ma notion, mon développement se fait de manière interne, nul besoin d'introduire des relations externes. Leibniz dans l'article 7 de la Monadologie :

« Il n y a pas moyen aussi d'expliquer comment une Monade puissent être altérée ou changée dans son intérieur par quelque autre créature ; puisque on n'y saurait rien transposer, ni concevoir en elle aucun mouvement interne qui puisse être excité, dirigé, augmenté ou diminué là dedans ; comme cela se peut dans les composés, où il y a des changements entre les parties. Les Monades n'ont point de fenêtres, par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir. (...). ».

S'il n'y a point de fenêtre par laquelle l'extérieur puisse entrer ou sortir alors je ne dépends pas du monde extérieur pour me développer. Whitehead rompt avec cette conception. Il est nécessaire que le monde externe agisse sur chaque entité par des portes et des fenêtres : le brin d'herbe préhende le rayon de soleil qui le frappe et la chaleur de ce rayon de soleil ; la terre dans laquelle le brin d'herbe s'enracine préhende l'humidité de cette terre ; la planète préhende le soleil qui exerce sur elle une force d'attraction. C'est donc un monde social que décrit Whitehead, une communauté solidaire composée d'individus pluriels et complémentaires qui tissent en se liant l'univers en procès. Toutefois, les entités de Whitehead se modifient intérieurement comme chez Leibniz mais ce changement interne a lieu par un échange direct avec l'extérieur.

Les entités actuelles préhendent les autres entités en y entrant et sortant comme elles le feraient par l'intermédiaire d'une fenêtre parceque « Toute entité actuelle est par sa nature sociale »69(*).

C'est la rigueur et cohérence de Leibniz qui le mène à exclure les relations externes, la monade étant atomique et n'ayant point de parties donc d'influence externe, elle est de nature mentale et isolée. Whitehead moins rigoureux mais attaché à l'interaction du sujet avec le monde extérieur, préfèrera la solution d'un réel constitué d'événements en relation directe, un monde fait d'interconnexions et de liens sociaux.

CONCLUSION : Whitehead reprend à Leibniz, le panpsychisme, l'atomisation, les mécanismes monadiques (perception, entéléchie, appétition, perspective) mais rejette les relations internes et la substantialisation (substance-attribut) pour mieux asseoir ses convictions philosophiques : le sujet est dans le monde, l'extérieur agit sur lui, en effet, c'est par des relations externes que le sujet s'enrichit et se développe.

* 69 P.333, P.R. Whitehead (cf bibliographie)

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