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L'héritage leibnizien dans la cosmologie d'A.N. Whitehead

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par Siham EL Fettahi
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne - Master de Philosophie 2011
  

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1.1.5 De la conciliation de la religion avec la science

Leibniz, protestant luthérien n'eut de cesse de chercher à concilier les églises chrétiennes, protestantes et catholiques (Systema theologicum (1686)). Il rédige les confessio philosophi, la profession de foi du philosophe puis Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal pour argumenter contre les sceptiques de son époque et concilier foi et raison.

Whitehead, protestant, s'inscrit dans cette volonté de conciliation de la foi avec la raison. La religion tient donc une place importante dans l'oeuvre des deux philosophes.

Chez Whitehead, la sécularisation joue un rôle premier dans sa tentative de réformer la religion.

Il s'agit de comprendre pour quelles raisons, le monde moderne a perdu Dieu : l'opposition entre science et religion et l'attitude défensive des religieux expliquent le rejet de la religion. 24(*) Pour que le christianisme survive dans le monde moderne, il faut dépasser les contradictions religion-science.

« Nous devrions attendre, mais de façon ni passive, ni désespérée. La contradiction est un signe qu'il existe des vérités plus vastes et des perspectives plus fines desquelles émergera une réconciliation d'une religion plus profonde et d'une science plus subtile. » 25(*)

A l'instar de Leibniz qui considérait que la foi et la raison ne pouvait point se contredire car c'était les deux sources d'une même vérité, Whitehead envisage comme apparente la contradiction entre science et religion, il est nécessaire qu'elles convolent pour contribuer à une vision du monde plus riche puisqu'elles constituent les deux plus grandes forces générales qui influencent les hommes.

Cela dit, tandis que Leibniz entreprend de concilier la vérité révélée avec la vérité rationnelle, Whitehead promeut une évolution de la religion. Elle doit se réformer et accepter le changement pour rester vivante et ne pas se figer.

« Le progrès de la science doit entrainer la codification incessante de la pensée religieuse, au grand avantage de la religion. » 26(*)

Elle doit aussi suivre la psychologie des civilisations. Autrefois, le règne des passions l'emportait sur la raison, la religion s'adaptait à cet état de fait et suscitait la crainte chez ses dévots. L'avènement de la science a renversé les choses, elle va vers davantage de rationalisation et atténue la crainte de l'avenir, dès lors, la religion devient désuète car elle ne colle plus avec les aspirations des civilisations modernes, elle doit se réformer et s'adapter à la psychologie moderne. C'est pour cela que Whitehead définit la religion comme l'idéal ultime de la quête désespérée de l'homme, une aventure de l'esprit, c'est la vie intérieure de l'homme.

Leibniz est conciliateur puisqu'il juge que la révélation est rationnelle même si elle dépasse notre entendement tandis que Whitehead est réformateur. Le contexte historique n'est pas le même mais les aspirations sont identiques. Leibniz s'inquiétait de la montée du scepticisme, de l'incroyance à son époque et il souhaitait renforcer les bases de la religion chrétienne. Whitehead, également, désirait solidifier les bases du christianisme pour éviter sa disparition.

Le christianisme tient une place importante dans la pensée de ses deux philosophes au point que chacun considère que son système métaphysique concorde avec les enseignements du christianisme. Whitehead déclare dans son ouvrage Religion Manking que les deux religions qui concordent avec ses principes métaphysiques sont le bouddhisme et le christianisme tandis que Leibniz affirme dans l'article 37 du Discours Métaphysique que Jésus est celui qui exprime le mieux les vérités exposées de sa doctrine métaphysique en les dévoilant aux hommes.

CONCLUSION: Whitehead partage avec Leibniz des aspirations communes : métaphysique, esthétique, entreprise de conciliation de la religion avec la science. Sa formation mathématico-philosophique le rapproche de Leibniz. Mais au-delà de ces points communs, il est nécessaire d'examiner leurs philosophies respectives pour commencer à percevoir le lien de filiation qui existe entre Whitehead et Leibniz.

* 24 P.89-90, chap. VI, Cesselin, la philosophie de l'organisme (cf réf bibliographie)

* 25 P.214, Whitehead, la science et le monde moderne (cf bibliographie)

* 26 P.219, Whitehead, la science et le monde moderne (cf bibliographie)

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