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Les contradictions des politiques de ciblage dans les projets de lutte contre la pauvreté dans l'ouest montagneux ivoirien

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par Alexis KOFFI
Université de Bouaké - DEA 2009
  

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Chapitre II : Présentation de quelques projets à Man et Duékoué

Ce chapitre est consacré à la présentation générale de trois projets exécutés par CARE dans le cadre des programmes d'urgence de cohésion sociale avec un arrière plan de relance économique et de lutte contre la pauvreté. Il y sera exposé le contexte d'émergence desdits projets, leurs objectifs, leurs normes et les écarts des politiques de ciblage des bénéficiaires de chacun des projets sélectionnés dans le département de Duékoué et de celui de Man. Nous traiterons donc du projet ECHO, du projet PARCI et du projet AUDIO.

II.1-Du projet ECHO

II.1.1- Zone d'intervention

Echo est un projet qui a été exécuté dans la Régions du Moyen Cavally à Duékoué précisément dans les localités de Fengolo et Toa Zéo.

II.1-2. Contexte d'émergence du projet

Les départements de Duékoué et de Man ont été profondément affectés par les affrontements entre belligérants. Ces affrontements ont été accompagnés de destruction d'infrastructures socio-sanitaires et, plus encore, d'une forte dissension sociale. Ainsi, la cohabitation inter-communautaire se caractérise aujourd'hui par une crispation identitaire nourrie en grande partie par des suspicions, des rancoeurs, des ressentiments et la méfiance généralisée. En outre, la dégradation des infrastructures routières, la déstructuration des circuits d'échanges traditionnels, le détournement des flux économiques, la paupérisation des couches sociales traduisent, entre autres, l'état d'effondrement d'une économie locale qui ne repose, en grande partie, que sur l'activité agricole. La gouvernance locale a, elle aussi, été fortement ébranlée. Celle-ci, pendant un temps dans certains villages de Duékoué, est passée aux mains des Forces Nouvelles qui, pour s'assurer le contrôle des localités, ont procédé à l'imposition d'autorités de fait. La zone de Man elle, est restée entièrement sous leur contrôle. Il s'est donc créé une sorte de vide en termes de gouvernance pour ce qui est de la représentation officielle de l'État au niveau du chef-lieu. Dans les zones rurales également, les différents chefs (famille, terre, masque, village etc.) ont fui leur village sujet à des attaques. Ainsi, de nombreux défis en matière de développement et surtout de restauration du capital « confiance » entre les populations se posent. En effet, face à l'ampleur du désastre humanitaire induit par les tueries et les déplacements de populations, les autorités n'ont pas réussi à apporter une réponse adéquate à la demande sociale massive de prise en charge psychosociale et économique des populations. Ces dernières ont donc eu le sentiment d'avoir été délaissées par des élus locaux qui n'ont pu leur dispenser de soutien que par « doses quasi homéopathiques » ; le territoire des départements étant grand, sans grand moyens et non contrôlé par l'État de Côte d'Ivoire.

Dans ce contexte, il s'est créé un vaste champ d'interventions touchant à des domaines variés de la vie sociale et économique dont la réhabilitation des infrastructures communautaires et la lutte contre la pauvreté. Par ailleurs, la fragilisation des structures modernes et traditionnelles de régulation sociale et politique, conjuguée à l'importante demande sociale de pacification des relations intercommunautaires, a induit le positionnement de nouveaux « entrepreneurs sociaux » sur le marché de la médiation. Ces « entrepreneurs sociaux » sont les ONG internationales (IRC, CARE, GTZ) voire nationales et leurs sous-traitants (ICC), les comités de paix installés dans les villages, les comités de gestions des infrastructures réhabilitées dans les zones d'interventions des organismes d'appui... Mobilisant discours de non violence et art oratoire, ces acteurs locaux assument des fonctions de médiateurs promouvant, de la sorte, la cohésion sociale entre les communautés.

Afin de restaurer le capital social dans les zones d'intervention et redynamiser la cohésion sociale entre les communautés autochtones, allochtones et allogènes au retour des personnes déplacées internes (PDIs), CARE a exécuté de 2006 à 2008, ce projet de paix et de cohésion sociale financé par l'Union Européenne (UE) et dénommé ECHO (Assistance d'urgence aux populations de l'Ouest directement affectées par la crise en Côte d'Ivoire) d'une durée de 13 mois. Initialement prévu pour 8 mois, il a duré 13 mois soit de Mai 2006 à juin 2007.

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