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Les contradictions des politiques de ciblage dans les projets de lutte contre la pauvreté dans l'ouest montagneux ivoirien

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par Alexis KOFFI
Université de Bouaké - DEA 2009
  

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5.1.3 Période de réalisation des enquêtes

Les informations de terrain utilisées dans cette étude ont été recueillies au cours de la période du 08 au 31 Juillet 2009 (soit 24 jours de terrain). Quant aux enquêtes complémentaires, elles se sont déroulées sur une période d'environ trois semaines. La recherche et l'exploitation de sources secondaires de données quant à elles ont débuté au mois de juin 2007. Elles se sont étalées tout le long de la réalisation de cette étude. Elles ont d'ailleurs été réalisées au fur et à mesure que les besoins d'informations particulières se posaient.

5.1.4 Méthodologie d'échantillonnage

Les politiques de ciblage font intervenir différentes catégories d'acteurs dans leur élaboration et dans leur mise en oeuvre. Généralement, les principaux acteurs impliqués directement ou indirectement dans les politiques de ciblage des bénéficiaires des projets peuvent être regroupés en trois catégories selon leur niveau d'intervention dans la mise en oeuvre des projets de réduction de la pauvreté. Il s'agit notamment :

· Des bailleurs de fonds intervenant dans le domaine du financement des programmes/projets de réduction de la pauvreté : Ils sont constitués d'agences de développement (AFD, Irish AID, USAID, ACDI, OFDA...), des pays tiers, des agences du système des Nations Unies (UNHCR, FAO, UNICEF, PNUD, PAM etc.) ou même des institutions financières internationales comme la Banque mondiale, le FMI... Ces institutions constituent un maillon du champ sociologique dans la problématique du ciblage dans les projets de lutte contre la pauvreté. Car leur idéologie globale oriente quelquefois les organismes intervenants directement sur le terrain. Elles définissent en général en amont les champs de vulnérabilité pris en compte dans leur domaine de financement. On pourrait les nommer les acteurs au sommet ;

· Des ONG nationales et/ou internationales et leurs sous-traitants car elles sont considérées comme les institutions médiatrices dans le jeu de la lutte contre la pauvreté et du développement. Elles constituent pour tout dire le relais entre les bailleurs de fonds et les bénéficiaires directs des projets. Ces organismes d'appui sont en aval des institutions finançant les activités de terrain et en amont des communautés bénéficiaires des projets. Concrètement, ce sont les acteurs jouant le rôle d'interface entre les acteurs au sommet et ceux à la base. Ils sont impliqués de façon directe dans la sélection des bénéficiaires (des projets, des zones et des individus ou groupes d'individus). Ils constituent par conséquent la cheville ouvrière de l'application desdites politiques. C'est ceux que nous désignons ici les acteurs intermédiaires.

· Des bénéficiaires réels ou `'supposés'' des programmes de lutte contre la pauvreté. Nous entendons ici par bénéficiaires `'supposés'' les groupes sociaux qui devraient en théorie bénéficier des projets élaborés pour lutter contre la vulnérabilité. Généralement c'est une catégorie spécifique d'une communauté qui est visée en priorité par un programme. Ainsi au nom de ces groupes sociaux, les ONG et autres prestataires montent des projets et formulent leur plaidoyer pour obtenir le financement de ces projets. Dans l'exécution effective desdits projets, ils réduisent l'éventail des bénéficiaires en sélectionnant finalement des groupes d'individus qui ne figuraient pas au départ dans le plaidoyer soumis à financement. Aussi soulignons-nous que les bénéficiaires réels sont les individus ou les groupes d'individus ayant obtenu effectivement un appui dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Ces acteurs à la base, du fait de leur position, constituent une unité d'observation essentielle. Car dans l'approche dite participative utilisée par les gestionnaires des projets, leur opinion n'est pas à négliger dans la sélection des bénéficiaires des projets de réduction de la pauvreté et donc dans les politiques de ciblage.

Concrètement, nous avons construit notre échantillon dans le cadre de la présente étude, en restreignant notre population sociologique. Ainsi, pour des raisons de lourdeur de l'enquête mais aussi de temps pour élaborer cette étude, nous avons limité la collecte des informations en ne prenant en compte que les acteurs de terrain à savoir les personnes ressources de l'ONG CARE choisies pour l'enquête et les bénéficiaires des micro-projets. Ce choix obéit à une volonté de mener une étude rendant compte du point de vue des bénéficiaires et des prestataires de service dans le cadre du ciblage en matière de mise en oeuvre de micro-projets.

La constitution de l'échantillon s'est faite selon la méthode de l'échantillonnage théorique (Glaser 1967; Pires 1997). L'échantillon par contraste-approfondissement15(*) est la posture théorique que nous avons adoptée. Elle a consisté à faire un raisonnement à partir des connaissances du champ étudié pour décider que tel ou tel acteur doit faire partie de l'échantillon et ce au regard de leur implication dans les politiques de ciblage. Soulignons qu'il était impossible de prévoir le nombre d'entrevues ou d'observations que nous devions mener. C'est au sein de ces groupes que s'est effectué le choix des sujets à observer. Concrètement, nous avons sélectionné :

a) Au niveau des ONG, nous avons choisi CARE, pour le compte des structures internationales. Au sein de cette ONG nous avons interviewé trois chefs de projets, un assistant technique et quatre superviseurs de projets. Ainsi nous avons enquêté deux chefs de projets basés à Man et un autre installé à Duékoué. En plus, nous avons interviewé un assistant technique et des superviseurs de ladite ONG établis à Man et à Duékoué. Le choix de ces interlocuteurs se justifie par l'implication desdits acteurs dans de nombreuses activités de micro-projets menées dans le cadre de la lutte contre la vulnérabilité à l'Ouest montagneux ; surtout depuis les années 2004-2005 avec un accent particulier dans cette zone sous contrôle des rebelles. En somme, nous avons eu huit entrevues avec les agents de l'ONG CARE sous bureau Man avec extension à Duékoué.

b) Au niveau des bénéficiaires, nous avons organisé trois focus group. Ceux-ci se sont déroulés dans les villages de Diourouzon, Irozon et Fengolo. Ces entrevues regroupaient au sein de ces focus group les responsables des comités de paix et de gestion des réalisations des différents villages visités. Ils étaient composés généralement des différents représentants communautés du village. Ensuite, nous avons interviewé individuellement sept personnes ayant bénéficiées de la réalisation d'un micro-projet. Et enfin nous nous sommes entretenus avec des personnes n'ayant pas profité directement de la réhabilitation de maison lors des projets passés. Nous avons ainsi diversifié notre échantillon au niveau des communautés locales. Notre objectif était d'obtenir un maximum de points de vue différents les uns des autres et ce, afin de les comprendre de manière approfondie. Nous avons pu obtenir au total trois focus group avec les populations de trois villages bénéficiaires, dix interviews individuels dans le cadre de la saisie de l'opinion des populations sur le ciblage dans les micro-projets

Au total, le choix des personnes à enquêter s'est opéré en fonction de leur implication dans les projets, la position stratégique occupée par ces acteurs et groupes d'acteurs dans l'action collective qu'est l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques de ciblage ; en rapport avec la nature de l'information recherchée. Étant donné que tous ces acteurs ci-haut cités sont les principaux intervenants des projets de réduction de la pauvreté, ils ont fait l'objet d'une enquête qualitative. Nous avons réalisé en définitive vingt et un entretiens avec une trentaine de personnes.

* 15Pires 1997 `'Echantillonnage et recherche qualitative : essai théorique et méthodologique [texte disponible dans Les Classiques des Sciences Sociales]

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