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Les conditions d'accès à  l'emploi des jeunes diplômés bac plus deux et plus des zones urbaines sensibles de l'agglomération nantaise

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par Jean-Baptiste DROUET
UFR de Sociologie de Nantes - DESS 2005
  

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Entretien Saadia. Source : « Education National ».24ans. BTS .Vente et Production touristique.

L'entretien montre ici les difficultés d'accès à l'emploi lié à la conjoncture. Elle a un bon CV, de nombreux stages, dont certains à l'étranger. Elle fait preuve d'une réelle motivation et d'une grande ambition.

Par rapport à son nom de famille, elle pense que ça a pu jouer, mais elle n'insiste pas sur le fait qu'elle ait des origines arabes, ou sur son nom. Elle ne veut pas se porter comme victime, au contraire. C'est une jeune femme, avec des origines arabes, mais elle veut faire preuve de combativité quand à sa recherche d'emploi. Cela est peut être due à son éducation, et à son milieu social : classe moyenne sup, établissements de centre ville, a toujours vécu hors quartier, elle est autonome, prend la décision de faire un emprunt...

Même si il y a eu des périodes de découragement quand à sa recherche, elle ne cherche pas les réponses par rapport à son identité, elle remet au contraire sa personnalité en question, ses démarches, cherche de nouvelles stratégies...

« J'étais au lycée Jules Verne, j'ai passé un Bac L, option européenne, Histoire et Anglais ; je voulais avoir la
mention européenne. Ensuite, j'ai fait une première année de Fac de Droit, pour apprendre l'Histoire et le

Droit...ça m'a pas trop plus. J'ai cherché un type d'études autour du BTS tourisme. Je suis allé à l'école Pigier, c'est une école privée, qui faisait un BTS Vente et Productions touristiques. Je voulais travailler en agence de voyage, ou en Tour Opérator...vendre les brochures aux agences ».

« J'ai fait deux stages à Nantes en agence. En 2003, j'ai eu mon BTS Tourisme, je voulais pas rentrer directement sur le marché du travail. C'est un BTS très complet, après la formation, c'était déjà vu, je me suis dirigée vers le Commerce International, car le tourisme, c'est bouché. J'ai fait un TS+, en faisant une Licence Commerce International, option Bois, c'est plus sécurisant de se spécialiser dans ce domaine. J'avais quatre mois de cours et six mois de stage. Pendant mon stage, j'ai organisé des salons sur La Roche. J'ai aussi fait un stage à Miami chez un exportateur, je faisais du marketing, reporting ; puis j'ai fait un mois en Belgique, sur une création de maquette. J'ai eu ma Licence professionnelle en octobre 2004 ».

« Pour ma recherche d'emploi, je recherche dans le Tourisme et dans le Commerce International. Au bout de deux mois, je me suis rendu compte que c'était pas facile de trouver quand on est jeune diplômé ; les professionnels ne nous prennent pas au sérieux, ils n'ont pas envie de nous faire confiance. J'ai cherché du travail dans tous les domaines. Je veux m'installer à Nantes, mais j'ai pas 25 ans, je n'ai pas le droit au RMI ».

« Les entretiens d'embauche, j'en ai fait une bonne dizaine en six mois, ça s'est pas très bien passé...je ne répondais pas bien aux questions...mais de me planter comme ça...ça m' a appris. J'ai essayé dans différents domaines, la banque, la télécommunication, l'info-comm. Je me suis inscrite à l'ANPE, où il y avait beaucoup d'annonces, et je me suis inscrite dans une agence Intérim, et aussi dans une agence d'hôtesses. J'ai pas mal d'expérience dans le Tourisme et le Commerce International. Pour eux, c'est pas très clair, pour moi, je trouve ça cohérent...les langues, le tourisme, le Commerce International. J'aime tout ce qu'est Commerce. Mon stage en Belgique, j'etais assistante commerciale, ils voulaient ouvrir un nouveau marché dans le sud. J'ai eu trois stages avec des responsabilités.

A La Roche, j'ai animé des salons que j'ai menés du début jusqu'à la fin, j'avais une certaine autonomie ».

« Par rapport aux entretiens d'embauche, on me parle de manque d'expérience. Dans le bois, c'est un milieu assez misogyne, quand tu es une femme, ça passe pas, ils parlent d'une histoire de risque, non seulement je suis une femme et en plus je suis jeune. Il faut savoir se faire respecter, savoir ce qu'on veut ...J'ai eu un entretien avec l'entreprise HERTZ, je n'ai pas eu de nouvelles, ils m'ont fait passer des tests psychotechniques, et m'ont posé des questions basiques, ils me disaient qu'ils leur fallait des gens dynamiques mais ça n'a pas marché, la réponse n'était pas claire ».

« Les entretiens où ça été négatif, pour le nom, je sais pas...mais pour certains entretiens, ça a joué...j'y allait en tant que personne. A l'ANPE, j'ai fait une formation `ACCOMPLIR', j'ai eu un conseillé qui m'aidait à rédiger le CV et les lettres de motivation. Je postulais à des offres de l'ANPE, ou sur Ouest Job...le bilan du conseillé, c'est qu'il avait rempli sa mission. Mon bilan, c'est que mon nom est un frein à ma recherche d'emploi, mais on ne me l'a pas fait ressentir ».

« Au collège, j'étais à Saint Jean-Baptiste de La Salle. J'ai vécu en Centre Ville. Actuellement je suis avec mon mari au pont de la Tortière ».

« Mes parents m'ont aidé financièrement, ils m'ont financé l'école privée. Pour la Licence, j'ai fait un emprunt, j'ai des échéances, ça pousse aussi à trouver du boulot. Ma mère est secrétaire de Direction dans un banque et mon père est grutier dans le bâtiment ».

« J'ai eu un entretien avec Bouygues, j'ai eu un refus, je ne correspondais pas au profil, je me suis dit...si je ne suis même pas prise pour répondre au téléphone. On se remet tout le temps en question...qu'est ce qu'il faut que je change ?...on finit par tourner en rond. J'en parlais avec la famille, mon mari...beaucoup de personnes...ils me disaient tu iras loin, tu as du charisme...on s'inquiète pas pour toi...on finit par se dire comment c'est possible, pourquoi je trouve pas de travail ? ».

« J'ai trois bonnes amies avec qui j'ai gardé contact, elles sont parties trois mois à Miami, pour la langue, pas pour un boulot fixe. On s'échange des infos, on s'appelle, on s'échange des offres, on est toutes dans la même galère ».

« Mes parents, ils sont déçus par la situation. J'ai pas envie de tomber dans une paranoïa...ça existe, mais si je me mets à penser à ça, j'ai pas finit. Si on leur prouve nos qualités...les entreprises, elles pensent à leur business, à leurs clients. Tout est une question de risque. Je suis autant française, je suis née à Nantes, et j'ai du sang arabe. J'ai pas à justifier ça. Mon père est d'origine algérienne, ça fait plus de quarante ans qu'il est en France ».

« Mon petit frère est en première année de Bac Pro, mes parents...ils m'ont pas obligé après le Bac, je voulais continuer. Si je ne m'étais pas mariée, j'aurais continué. Avec le mariage, il fallait bien travailler, je me suis arrêtée au Bac+3, sinon, je serais partie à l'étranger, j'aurais fait un Master en France et à l'étranger ».

« Actuellement, j'ai eu deux entretiens il y a deux semaines, Phone Régi, ils recherchaient une hôtesse d'accueil. Et là, je travaille à la banque populaire, comme hôtesse d'accueil. J'ai une collègue qui est enceinte, il y aura peut-être un remplacement, j'attends la réponse. C'est un CDD de quatre mois pour être conseillère banque à distance, il y a des contacts avec les clients, il faut gérer les plaintes, les dossiers ».

« J'ai des exigences, financièrement, j'ai un emprunt...faut que je puisse vivre. Je vois sur le long terme...je suis assez ambitieuse. Je me vois responsable d'agence dans cinq ou dix ans, il faut voir les perspectives. Géographiquement, j'ai une contrainte pendant quinze mois, mon mari est en formation. On bougera tous les deux ».

« Pour le BTS tourisme, les profs nous disaient qu'on allait être mal payé, qu'il fallait qu'on soit sédentaires. Les discours n'étaient pas très positifs. Après, ça dépend des opportunités qu'on a ».

« Ma mère est née à Nantes ».

« J'ai eu ma licence en 2004. J'ai fait la Fac de Droit en 2000 2001. La Licence, c'était rue Crébillon, à L'ENACOM ».

« Le stage à Miami, ça a duré un mois et demi. C'était des stages de deux mois en moyenne. Mon mari, ça fait dix ans qu'il est dans le bâtiment. Sa formation a commencé en juillet, il fait attention. Je me suis débrouillée pour trouver des petits boulots, dans la distribution...comme démonstratrice ».

« Je suis confiante, ce que je souhaite, c'est une réponse positive à la caisse d'épargne, même si c'est un CDD de quatre mois comme hôtesse d'accueil ».

« Aujourd'hui, je regarde les offres, j'ai lâché du lest. Là, je suis hôtesse d'accueil, j'ai moins de temps, je souffle un peu ».

« Je me disais, c'est bon, cool, le mois prochain je travaille...j'ai vite déchantée. On se remet en question, j'étais trop sûre de moi. Je sais ce que je veux. Je lâche pas du tout ».

« Mes recherches, c'était par l'ANPE, des recherches par Internet, les agences Intérim...ils m'ont proposé trois missions, je pouvais pas ».

« En octobre, décembre 2004, il n'y avait rien, peut-être que je prospectais mal. J'ai postulé pour un emploi pour l'ancienne école, ils ont préféré prendre quelqu'un de l'école concurrente ».

« Pour l'ANPE, c'est une amie à moi qui m'a parlé de `ACCOMPLIR'. Mais c'est moi qui suis obligée de les démarcher, c'est un système défaillant. Les offres ANPE, il faut y répondre via l'ANPE, si il y a un truc qui ne correspond pas sur le CV, ils n'envoient pas la candidature. Je trouve que c'est une barrière...vous n'avez pas ce diplôme, ce n'est pas possible...Quand il s'agit d'étude, on ne sait jamais ! »

« J'utilise mon réseau de connaissance, je ne mets pas `stages' sur le CV ».

« Les écoles, à Saint Jean-Baptiste, c'était des classes moyennes, mais à Jules Verne, c'était plutôt des classes sup de centre ville. Je suis contente d'avoir fait ces deux établissements, j'ai un recul sur les deux classes. J'ai passé du temps avec des gens riches et du temps avec des gens plus populaires. C'est bien pour l'avenir, il faut savoir s'adapter, je suis plutôt de classe moyenne supérieure, je suis même plutôt dans la classe aisée, je me trouve dans la moyenne. Ca m'a permis de faire des études, j'ai eu de la chance que mes parents me payent mes études. Ca permet aussi de n'avoir aucun préjugé envers les différents milieux, mes amis viennent d'un peu tous les milieux ».

« Les personnes que je côtoie, elles ont arrêté les études assez tôt. Les personnes de la prépa, au lycée, elles ont toutes fait des études, mais si je voie quelqu'un du collège, il n'y a pas de barrière, il n'y a pas que l'intellect ».

« Je vais peut-être faire le concours de la fonction publique, j'ai regardé le calendrier, mais là, je ne suis pas prête ».

« Pour le tourisme, je fais des candidatures spontanées, mais j'ai très peu de retour. J'ai eu trois, quatre réponses sur trente. Il y peut-être une réponse positive, j'aurais la réponse en octobre 2005. Sur le CV, je mets ma photo, je ne cible pas trop. Il faut connaître un minimum les entreprises, faire marcher le bouche à oreille...'j'avais entendu dire...ou tient, ils prennent un vacataire'...par quelqu'un que je connais ou de la famille ».

Pour les entretiens, au niveau des lettres de motivation, il y a eu un changement, j'ai fait des lettres de motivation qui faisaient plus pro...il ne faut pas faire de fausse modestie, il faut trouver le juste milieu. Montrer plus sa personnalité et ses expériences ».

« En octobre et décembre 2004, c'était assez aléatoire. Mes parents étaient au rond-point de Paris. Depuis février 2004, je suis partie de chez mes parents ; je me suis mariée en mai 2004, avant mon mari était à La Roche ».

« J'ai passé deux tests de `performance'. La personnalité du travail, c'est les gros traits de la personnalité : `pouvoir, combativité, extraversion'...quelqu'un qui aime bien diriger, autonome, qui ne veut pas être sous des ordres ».

« J'ai le même caractère que mon père, ma mère est plus souple (elle n'est pas très directive, plus douce), moi, je dis un peu trop ce que je pense...mais je suis plus proche de ma mère. Mon père, il va me parler d'emplois qui ne m'intéressent pas ».

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