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Les conditions d'accès à  l'emploi des jeunes diplômés bac plus deux et plus des zones urbaines sensibles de l'agglomération nantaise

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par Jean-Baptiste DROUET
UFR de Sociologie de Nantes - DESS 2005
  

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Conclusion

En guise de conclusion, je voudrais souligner les difficultés que représentait cette étude.

Bien évidemment, les difficultés se sont d'abord posées par rapport aux choix méthodologiques, mais sur plusieurs aspects. Il n'a pas été facile de trouver une méthodologie qui réponde le plus objectivement possible à la problématique posée. Cela a été une longue période de questionnement et de remise en cause, nécessaire pour mettre en place les outils d'investigation et affiner l'enquête de terrain.

L'autre difficulté méthodologique concernait l'enquête qualitative et la façon de rentrer en contact avec les diplômés, sans dévoiler la question de la discrimination.

Ces mêmes difficultés sont aussi liées au fait que les diplômés Bac+2 et plus résidant en ZUS sont peu nombreux, mais cela constituait un premier résultat qui était déterminant pour la suite de l'étude.

Concernant les résultats de cette étude, et tout particulièrement la question de la discrimination, la discrimination liée aux territoires prioritaires n'est pas en tant que telle un frein à l'emploi. Je ne pense pas que l'on ait plus de difficultés à accéder au marché du travail quand on est diplômé Bac+2, habitant de Bellevue.

Cela dit, pour comprendre ce décalage ou du moins dépasser ce constat, il s'agit d'examiner les relations entre les différents usages des ZUS et l'organisation spatiale de la précarité sociale. Plus globalement, la dimension spatiale de la précarité joue un rôle dans la pertinence du principe du quartier prioritaire. Des indicateurs témoignent de la fragilité de l'insertion professionnelle des populations résidentes : taux de chômage, part des différents types d'emplois, précaires ou atypiques (CDD, Intérim, emplois aidés, temps partiel), part des non-diplômés. L'étude met aussi en évidence les fragilités qui peuvent être induites par la structure familiale : la part des ménages de plus de 6 personnes. On doit rendre compte des caractéristiques démographiques, l'insertion de certaines populations étant plus fragile du fait de leur âge (part des moins de 25 ans) et de leur nationalité ( part des étrangers hors UE). Des catégories socio-professionnelles sont plus susceptibles d'être touchées par des situations de précarité : part des ouvriers et part des employés.

L'ensemble des conditions sociales du quartier déterminent la trajectoire du diplômé et ses perceptions par rapport au marché du travail.

Les stratégies mises en place et les décisions prises par le diplômés sont directement en lien avec son parcours au sein du quartier. Dans la totalité des entretiens, les diplômés issus d'une ZUS, font part des conditions de vie matérielle, de l'environnement familial, de la valeur du diplôme par rapport à leur parent...et de ce qu'ils attendent de ce diplôme. Les déceptions sont encore plus grandes quand on est issu de l'immigration, que les parents sont ouvriers, et que soit même, en possédant un diplôme, on ne trouve pas de travail.

Derrière ces constats d'ensemble, il faut s'intéresser aux trajectoires individuelles, on remarque alors des divergences dans les perceptions et les façons de se construire. Les filles issues de l'immigration misent en partie sur le diplôme pour rompre avec une condition sociale et familiale qui leur a été assignée, les garçons sont davantage dans une logique de l'honneur qui nourrit un sentiment de victimisation...

Cette étude nous apprend à dépasser la simple logique de la discrimination, qu'elle soit sexiste, raciale, ou territoriale, (dans le rapport diplômé-employé) pour comprendre ce qui se cache derrière, les perceptions, les sentiments, les stratégies mises en place...les manières de se positionner face à ce qui fait frein ont été déterminées tout au long d'un parcours, de surcroît un parcours vécu en quartier prioritaire.

C'est aussi sur ces aspects que doivent travailler les acteurs éducatifs et les dispositifs publics. Ouverture de la mission :

L'objectif de cette étude était de faire en partie l'analyse des phénomènes de discrimination, elle peut amener à mise en débat des résultats avec les acteurs du service public de l'emploi, les établissements et les diplômés, pour pouvoir aussi travailler sur des préconisations.

Cette mise en débat qui concernera plus spécifiquement les acteurs du service public de l'emploi doit contribuer à la construction d'une « culture commune » sur la question des discriminations. La réalisation d'un séminaire d'acteurs sur ce thème pourrait être une forme adaptée de communication et de capitalisation des résultats d'une telle démarche.

Ce séminaire pourrait également contribuer à l'élaboration de préconisations opérationnelles sur ces questions.

A l'issue de cette mise en débat, la démarche de conseil auprès de la maîtrise d'ouvrage s'appuiera sur quatre approches privilégiées qui pourraient être débattues lors du séminaire :

L'analyse des facteurs de risques d'un renforcement des discriminations

La compréhension des forces et faiblesses du dispositif de lutte contre les discriminations à l'échelle de l'agglomération et notamment le rôle particulier joué par le service public de l'emploi

Le repérage des ressources locales pour faire face à ces divers enjeux Les axes d'intervention qu'il s'agirait de prioriser

Elle débouchera également sur des préconisations qui concerneront par exemple:

La construction et l'élaboration d'une véritable stratégie de lutte contre les discriminations à partir du service public de l'emploi (ex : développement des fonctions de médiation, de tutorat, de contractualisation avec les entreprises...)

L'opportunité ou non de constituer un système de veille sur ces questions à l'échelle locale et d'envisager les formes et les moyens que celui-ci pourrait prendre

Le montage d'actions de communication et de mobilisation en direction des jeunes

L'amélioration des pratiques d'accompagnement (ex : formation des acteurs à l'échelle territoriale) Les points d'accroche d'une possible mobilisation des entreprises

Les conditions d'un suivi et d'une évaluation du dispositif local

Les démarches possibles de capitalisation de résultats obtenus localement ou sur d'autres sites (regard sur les expériences menées par ailleurs et qui pourraient apporter un véritable éclairage aux questionnements particuliers qui se posent sur l'agglomération nantaise).

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