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Les soignants et leur téléphone portable à l'hôpital

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par Frédéric GRIPON
Université de Caen Basse- Normandie - Master 1 des sciences de l'éducation option éducation, mutations, formation 2012
  

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8.3 - Le portable, prolongement de soi et affirmation identitaire

Le développement phénoménal du portable en a fait un objet usuel, presque banal bien loin de l'image du manager et du cadre supérieur qu'il véhiculait à ses

50 Ibid. p.142.

51 Op. Cit. Martin C. , 2003, P 94.

52 ATOM-TNS-SOFRES, Observatoire sociétal du téléphone mobile, 6ème édition , 2010 p. 11.

53 Ibid. p. 25.

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débuts54. Nous observons qu'il est devenu un accessoire de mode qui véhicule l'identité de son propriétaire au travers l'usage qui en est fait mais également par les interactions sociales qu'il permet. Selon C. Martin le portable, par la possibilité qu'il offre de communiquer de manière personnelle et individuelle, accompagne une autonomisation de chacun des membres du foyer dans sa sphère de sociabilité. Elle évoque une intégration de l'objet au schéma corporel « aussi le schéma, labile et changeant, intègre-t-il certains objets, qui deviennent ainsi un prolongement actif des segments corporels. La petite taille de l'objet portable deviendrait alors un élément décisif qui facilite cette incorporation [...] cette incorporation de l'objet semble aussi participer à son appropriation. » 55 Nous voyons bien que la nature physique même de l'objet contribue à cette intégration. Pour expliquer la relation affective développée vis à vis du portable par leurs utilisateurs, C. Martin mobilise I. Garabuau-Moussaoui et D. Desjeux (2000) : « l'objet va devenir le réceptacle de significations, de sentiments, d'affectivité ». Ceci permet de comprendre le sentiment qui peut lier le propriétaire à son portable. Cette affectivité développée à l'égard du portable justifie par ailleurs le côté "inséparable" qui lui est souvent associé, surtout chez les jeunes.56 D'autant que sa personnalisation tend à en faire un objet unique qui peut renforcer cet attachement. Pour celui qui développe ce rapport à "la machine, " C. Martin décrit qu'il en découle « un rapport au portable fait de routines comme celle de le consulter régulièrement » sans même qu'il ne sonne ou ne vibre, comme ça machinalement ; qu'en sortant d'un endroit où le portable ne peut pas être utilisé, il est consulté de manière immédiate et pour certaines personnes, note la sociologue Jane Vincent, « le processus d'incorporation du mobile est si avancé qu'elles éprouvent une peur panique de la panne de batterie.. »57. Au contraire ceux pour qui l'usage n'est pas aussi approprié dans des routines, le portable peut être « oublié au fond du sac, déchargé... » Mais il semble que pour de plus en plus d'utilisateurs l'appropriation soit telle qu'un nouveau terme est apparu pour qualifier les accros aux réseaux sociaux qui ne supportent pas d'être déconnectés : Nomophobie58. Selon le quotidien du médecin, il s'agit d'une « angoisse liée à la perte de son téléphone portable » et serait amplifiée par l'arrivée des Smartphone et des forfaits illimités. Cette nouvelle pathologie née en Angleterre en 2008 constituerait « une extension du domaine

54 Op Cit. Rivière C-A, 2002, p. 140-168.

55 Op. Cit. Martin C. , 2007, p. 112.

56 Ibid. p. 114.

57 In. Journet N. , « La culture mobile, mon portable, c'est moi ! », Sciences Humaines, n°185, 2007.

58 Contraction de no mobile phobia.

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de l'addiction »59selon le journal. Nous pouvons nous interroger sur les répercussions que ce type de phobie peut avoir chez les actifs, quelles attitudes développent-ils au travail si l'idée de ne pas être connecté génère de l'angoisse ? Peuvent-ils alors s'en passer si la situation l'exige et comment peuvent-ils être concentrés sur leur activité de travail ?

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