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Les soignants et leur téléphone portable à  l'hôpital

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par Frédéric GRIPON
Université de Caen Basse- Normandie - Master 1 des sciences de l'éducation option éducation, mutations, formation 2012
  

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2.2.5 - conciliation du travail et des SMS

Pour la rédaction des SMS, dont l'usage est plus aisé dans un contexte social contraint153, la nécessité d'une zone d'intimité est moins évidente et les échanges sont bien plus nombreux que les appels téléphoniques. Ils sont le plus souvent réalisés lors de la pause-café, dans la salle dédiée. Mais pour les soignants qui ont leur téléphone dans leur poche les échanges de messages pourront se faire rapidement depuis le poste de travail, comme pour Samia qui dit en échanger une trentaine par jour. L'asynchronie des relations permise par ce mode de communication est particulièrement adaptée dans le contexte du travail. La discrétion de la réception et de l'émission des messages en font un outil adopté par tous les soignants et S. Broadbent justifie ce plébiscite des SMS par le fait que « les gens considèrent la communication par le texte plus privée que par la voix, simplement parce qu'ils ne peuvent être entendus154. »

Chloé profite également d'avoir des patients sous anesthésie pour rédiger ses messages durant son activité au bloc opératoire :

« Alors ça peut-être en salle mais quand tout "roule", vous voyez ? Quand l'anesthésie "roule" et que le patient est stable. »

Selon l'appréciation du travail à réaliser, des risques du moment, le soignant détermine si la situation permet ou non de se consacrer à ses communications privées.

Pour Carine il n'est pas envisageable de réaliser les SMS devant les patients mais en revanche elle s'autorise à le faire devant ses collègues à la pause du déjeuner. Cette jeune professionnelle de la génération Y nous explique avec espièglerie :

« Enfin, je le prends dans ma poche et puis euh, bon ben c'est vrai que j'aime pas trop le faire quand je mange avec d'autres personnes, ça fait pas trop, heu... Ce n'est pas trop sympa pour eux, alors hop, je le fais vite fait sous la table euh (rire amusé) non mais bon, c'est vrai c'est un manque de respect je trouve donc bon...mais ça m'arrive c'est vrai. »

En revanche pour Laurent, la recherche d'intimité demeure :

153 Op. Cit. Rivière C.A. , 2002. p.143.

154 Op. Cit. Broadbent S. , 2011, p.115.

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« C'est une petite réponse tapotée dans le couloir ou bon non en général je m'isole quand même de tous les regards, parce que ça fait très, très... voilà [...] dans les toilettes, ou euh, dans la salle de pause. Enfin voilà. Ou dans la salle de soins, mais toujours à un moment tranquille, enfin une minute, une minute trente tranquille, le temps de l'envoyer quoi. »

Nous voyons que sa recherche d'intimité est moins grande que pour les appels téléphoniques et qu'il reste dans le service de soin. Nous constatons donc qu'en fonction du contexte de travail, des valeurs ou de la génération, les communications personnelles écrites ou orales réalisées avec le téléphone portable pendant le travail sont hétérogènes et soumises au libre arbitre de chacun.

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