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Les soignants et leur téléphone portable à l'hôpital

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par Frédéric GRIPON
Université de Caen Basse- Normandie - Master 1 des sciences de l'éducation option éducation, mutations, formation 2012
  

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2.5.2 - Un risque hygiénique identifié

Pour certains personnels interrogés, le risque de contamination du téléphone portable est mis en évidence, comme pour Samia :

« Des gens qui sortent leur téléphone portable pour répondre à des communications pendant des moments très précis, pendant une anesthésie, sur une phase de réveil, là c'est déplacé d'une part, par le moment et d'autre part par l'hygiène. »

Ce qui singularise ces témoignages sur l'hygiène, par rapport à la littérature que nous avons pu explorer dans notre cadre conceptuel, c'est de constater vers qui le risque semble le plus les inquiéter. Ainsi Carine précise à propos de ses collègues qui portent leur téléphone dans leur poche :

« Pour moi déjà, juste pour l'hygiène je l'aurais pas tout le temps dans ma poche, c'est vrai que limite... Enfin c'est vrai que je pense pas trop à l'hygiène de mon téléphone pour les autres mais plus de ce qu'on peut toucher et qu'ensuite je touche mon téléphone et ramener ça chez moi en fait... Donc c'est plus ça qui me gêne qu'autre chose »

Mais le plus étonnant est de constater que la cadre de santé Flore fait la même analyse du risque, non pas pour la personne soignée, mais pour le soignant lui-même qui s'expose à une contamination de son objet personnel et à une dissémination de germes dans son environnement privé :

« Certaines oui, elles l'ont dans leur poche... Après en plus je trouve que ce n'est pas euh... En plus on rentre dans les chambres, je trouve qu'on n'a pas à trimbaler des choses euh, même si ce n'est pas euh... C'est dans la poche, on ramène ça chez soi, je trouve que... Voilà quoi. »

L'individualisme serait devenu tel que les soignants en introduisant un objet personnel de communication penseraient d'abord à la prise de risque de contamination personnelle en reléguant au second plan le risque de contamination de la personne soignée. Les

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infections associées aux soins sont actuellement au coeur des actions de santé publique et ces infections constituent pourtant un indicateur de qualité des prestations d'un établissement de soin auquel les soignants et l'encadrement doivent être vigilant. Paule Bourret dans son ouvrage « les cadres de santé à l'hôpital », explique comment les soignants peuvent se sentir déresponsabilisé dans la transmissions des infections nosocomiales : « Si une personne meurt à l'hôpital des suites d'une infection nosocomiale, c'est-à-dire d'une infection qu'elle a contractée pendant son séjour hospitalier alors qu'elle était entrée pour d'autres raisons qu'une infection, il est un peu plus difficile d'identifier un responsable. Les occasions de contamination sont si nombreuses qu'il n'est pas évident d'établir un lieu de cause à effet. Cette absence de vision, pour les autres mais aussi pour soi-même, des conséquences de son action ne favorise pas le respect scrupuleux des règles162 ». L'auteure illustrait son propos en faisant référence au port des bijoux, mais il nous semble que pour le téléphone mobile, prolongement de soi et vecteur identitaire, la problématique soit proche.

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