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L'entreprise aux mains de la generation Y

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par Antoine AUBARD
ESCEM Tours-Poitiers - Master en Management des Hommes et des Organisations 2012
  

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Partie 1 : Revue de Littérature

La génération Y

Définition de la Génération Y

Il faut être conscient que dans cette partie de mon étude tout ce qui va suivre devra être nuancé. Effectivement, j'ai pu noter un nombre important de traits de personnalité, d'attitudes communs à l'ensemble de cette génération. Cependant chaque individu étant unique, certains membres de cette génération peuvent ne pas se retrouver dans le cadre de définition qui suit.

De plus, malgré l'engouement d'auteurs au sujet de la génération Y, peu de revues scientifiques ont été rédigées sur le sujet. La grande majorité des auteurs sont des consultants qui décrivent uniquement de façon factuelle sans aucune analyse pour approfondir leurs propos. C'est la critique apportée par Cécile Dejoux dans l'article « Diversité générationnelle : implications, principes et outils de management » lorqu'elle affirme que de nombreux auteurs (Strauss, 2000 ; Martin, 2006, Bovis, 2010) se sont arrêtés sur les attitudes en les faisant passer pour des caractéristiques.

De nombreux qualificatifs ont été évoqués pour définir la génération Y : « Millenial Generation » (W. Strauss et N. Howe, Generations, 1991), « Net Generation » ou « e-Génération », « Echo Boomers » (enfants de « Baby Boomers »), « Generation Why » (Eric Chester, Getting Them to Give a Damn : How to Get Your Front Line to Care about Your Bottom Line, 2005). Le simple fait de nommer cette génération par autant de qualificatifs prouve bien qu'elle n'est pas évidente à cerner et qu'une confusion importante existe au sujet des membres de cette génération. Ces appellations aussi différentes peuvent s'expliquer par le contexte économique, social, culturel et technologique dans lequel les membres de cette génération ont évolué. En effet les années 80 et 90 ont été une période de rupture d'un point de vue économique et social : fin des trente Glorieuses et début d'une longue période de croissance très ralentie en Occident, démocratisation de l'informatique et apparition de l'Internet, des réseaux sociaux, uniformisation des comportements de consommation, etc. Tous ces changements ont profondément affecté les membres de la génération Y et leur ont apporté leurs caractéristiques. Par exemple, selon Howe et Strauss c'est la première génération du monde à grandir en étant « mondiale », c'est-à-dire que des membres de cette génération habitant sur des continents différents ont les mêmes comportements (alimentaires par exemple). De plus, comme l'explique Rebecca Huntley dans « The world according to Y : inside the new adult generation » paru en 2006, en conséquence des changements économiques des années 80 et 90, la génération Y est la première à subir les effets du divorce, des réductions d'effectifs et le statut d'utilisateur-payeur dans l'enseignement supérieur. Face aux difficultés rencontrées par leurs concitoyens, les membres de la génération Y se portent souvent volontaires dans des associations. C'est, selon Bruce Tulgan et Carolyn A. Martin, dans leur ouvrage Managing Generation Y : Global citizens born in the late seventies and early eighties, 2001, la génération la plus consciente depuis les années 60, comme le prouve l'enquête annuelle nationale de UCLA parue en 1999: 75% des étudiants de 1ère année sont volontaires dans des associations.

Or malgré le fait que cette génération soit «née dans l'ère de l'incertitude» comme l'explique Hugh Mackay (Generations: Baby Boomers, their Parents & their Children, 1997) elle est décrite étude après étude comme optimiste, idéaliste, habile, ambitieuse, confiante, engagée et passionnée. Le rapport du Spin Sweeney de 2004 constate même que les jeunes dans la tranche d'âge 16-28 ans sont étonnamment optimistes, les ¾ des répondants pensant même que le futur sera meilleur que le passé. Comme l'explique Peter Sheahan, le changement est quelque chose auquel les Baby Boomers ont résisté, la Génération X a accepté le changement et a essayé de s'y adapter, quand la Génération Y vit pour ce changement.

Ce changement s'illustre notamment par leur adaptation aux NTIC avec lesquels ils ont grandi. Ils ont vu ces moyens de communication se multiplier et se développer à une vitesse incroyable ; et comme ils grandissent en même temps, ils ne peuvent être dépassé par les nouveautés contrairement aux autres générations pour qui ces NTIC sont nouvelles et évoluent souvent trop vite. Une récente étude américaine portant sur les déterminants cognitifs de la génération Y (The Cognitive Determinants of Generation Y's entitlement mentality, Christopher S. Alexander, King's College James M. Sysko, Eastern Illinois State University, 2011) affirme que pour la plupart des membres de la génération Y, le traitement de l'information et le rapport aux technologies correspond à « un sixième sens ».

Un sixième sens qu'ils paient cher. Peter Sheahan les caractérisent même comme étant plus matérialistes que les générations précédentes, ils sont obsédés par le fait d'avoir le dernier, le nouveau, le plus rapide, le meilleur et paient pour cela. Le succès du Blackberry et de l'iPhone chez les membres de la génération Y le prouve. Le plus souvent, « Ils pensent qu'ils ont droit à la richesse et au succès juste en se montrant. Il n'est pas aussi facile qu'ils le pensent. Ils ne comprennent pas le concept de cause à effet ou du sacrifice à court terme pour un gain à long terme », ce qui fait le défaut de leur manque de maturité pour certains. Mais cette technologie leur permet de former des liens étroits de loyauté avec ceux avec qui ils partagent leurs différences ainsi que l'honneur de leur unicité. Et la technologie leur a permis de créer des relations privilégiées avec ceux-ci.

La technologie a rapproché les membres de la génération Y peu importe leur race, leurs origines. A tel point que George Barna, chercheur américain, estime qu'ils ne « respectent que 2 règles : poursuivre agressivement la diversité au sein des personnes et que le changement est bon ». Ou comme le rapporte Bruce Tulgan et Carolyn A. Martin, « la plupart des membres de la Génération Y pense qu'il est stupide de juger les personnes uniquement sur leur genre, héritage ou orientation sexuelle. » et que « le talent devrait être le seul facteur de succès ».

Ceci n'est qu'un petit échantillon des différences existantes entre cette jeune génération et celles qui la précèdent.

Or elle surprend aussi par son conformisme, « paradoxalement, alors que c'est une génération qui a des valeurs de liberté, de flexibilité, de choix, elle est beaucoup plus conformistes que les précédentes. Le désir de s'intégrer, de faire partie du groupe, qui a toujours été présent dans la culture des jeunes, est particulièrement important pour la Génération Y. » comme l'explique Rebecca Huntley.

Chris Watt, chercheur sur la jeunesse, explique que de loin le problème le plus pressant de la génération Y dans la vie quotidienne est le « désir incessant d'être accepté, d'appartenir à un groupe ».

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