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Artificialisation et trame verte et bleue : de la protection de la biodiversité à  un outil d'aménagement. Le cas de Lille métropole depuis 2002.

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par Daphné Lecointre
Université de Lille II - Master 2015
  

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CHAPITRE II : L'artificialisation des territoires et la Trame verte et

bleue

L'artificialisation des territoires apparaît comme un enjeu majeur dans les discours des acteurs du territoire. Son ambiguïté sémantique conduit à l'apparition d'un dialogue entre des organismes qui, pour le premier, était victime de l'artificialisation, et qui, pour le second, y participait. L'artificialisation justifie également l'émergence d'un concept, celui de la Trame verte et bleue, qui, en poursuivant l'ambition de limiter les conséquences de l'étalement urbain sur la biodiversité locale, remet encore en question la fiabilité de la définition de l'artificialisation, et qui génèrent des réactions variées.

1. L'artificialisation et la fragmentation des espaces naturels

L'artificialisation menace non seulement l'agriculture, elle impacte profondément l'environnement et met en péril les équilibres écosystémiques des milieux naturels. Le constat selon lequel l'artificialisation conduit à la fragmentation des habitats naturels se développe aux échelles nationale et régionale.

1.1.Un constat national inquiétant

a. Une artificialisation généralisée et ses conséquences

Les dynamiques d'artificialisation des sols s'étendent sur tout le territoire métropolitain. Entre 1992 et 2004, les superficies artificialisées se sont accrues de plus de 600 km2 par an en France métropolitaine, ce qui correspond à la superficie d'un département tous les dix ans. Depuis le début des années 1980, cette progression a même été quatre fois plus rapide que la croissance démographique, avec 40% d'augmentation des superficies artificialisées entre 1982 et 2003. Le rythme d'artificialisation s'est poursuivi après 2000, et « selon les mêmes tendances que dans les années 1990, c'est-à-dire principalement aux dépens des espaces agricoles.»134 . On compte près de 86 000 hectares gagnés par l'artificialisation chaque année entre 2006 et 2009.

134 Philippe Chéry, Alexandre Lee, Loïc Commagnac, Anne-Laure Thomas-Chery, Stéphanie Jalabert and Marie-Françoise Slak, « Impact de l'artificialisation sur les ressources en sol et les milieux en France métropolitaine », Cybergeo : European Journal of Geography, 2014

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Ce constat est d'autant plus inquiétant, que « cette artificialisation est, pour l'essentiel, irréversible »135, « 250 km2 sont imperméabilisés chaque années, avec des conséquences majeures sur les sols et la gestion des eaux pluviales »136. Les ressources en sol diminuent à grande vitesse et les impacts de l'artificialisation vont bien au-delà de la destruction des sols. En effet, ce phénomène tend à « fermer le paysage et met en danger l'identité de l'habitat et le devenir de l'agriculture »137.

Du point de vue de l'environnement, les conséquences sont multiples. L'artificialisation conduit à une réduction de la surface des espaces naturels et donc de la biodiversité. Elle génère également des effets de coupure des corridors biologiques et conduit donc à la fragmentation des écosystèmes, selon les localisations de l'étalement urbain. S'ensuit une imperméabilisation des sols entraînant un accroissement des risques d'inondation et une moindre recharge des nappes. De plus, l'étalement urbain est un facteur de dépendance à l'automobile : le taux de motorisation est d'autant plus élevé que l'on s'éloigne du centre-ville. Logiquement, la consommation d'énergie par habitant augmente lorsque la densité baisse. Il en va de même pour les émissions de CO2. L'artificialisation, du point de vue de la biodiversité locale, est particulièrement néfaste car elle génère la fragmentation des habitats naturels.

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