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Artificialisation et trame verte et bleue : de la protection de la biodiversité à  un outil d'aménagement. Le cas de Lille métropole depuis 2002.


par Daphné Lecointre
Université de Lille II - Master 2015
  

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b. Les difficultés d'application

Tandis que la Trame verte et bleue est érigée comme un schéma à appliquer uniformément sur tous les territoires par la législation, sa matérialisation est beaucoup plus difficile. Le modèle qui se caractérise par une connexion entre réservoirs de biodiversité, grâce à des corridors écologiques de formes variées, rencontre des difficultés lors de sa réalisation. Le modèle est unique, mais les matérialisations sont variées. Pour Laure Cormier, il y a une difficulté à oublier le discours premier qui « cantonne la TVB à un schéma simpliste qui n'a pas de sens. C'est une modélisation qui a du sens, mais une matérialisation qui n'est pas possible. Il faut une Trame verte et bleue pour chaque espace »270. La concrétisation de la TVB dépend donc des acteurs locaux qui doivent se réapproprier l'approche scientifique qui a été érigée en modèle par le Grenelle I.

Il faut « s'affranchir du modèle taches/corridors/matrice » car « la structure ne conditionne pas la biodiversité »271. Il faut regarder avec précision la réalisation des politiques devant favoriser la biodiversité : « s'il y a une seule essence dans une haie, on a fait le job si on regarde la structure, mais c'est uniformisé. Il faut prendre en compte la fonctionnalité des espaces, le corridor fonctionnel s'affranchit de la structure. Avec les « confettis verts », il y a un échange de biodiversité d'un point de vue fonctionnel »272. Ainsi, chaque territoire doit mettre en place des modes de gestion de la biodiversité différents, et se concentrer sur la fonctionnalité des espaces davantage que sur la structure de la TVB. Le SRCE du Nord-Pas de Calais souligne également les limites de la modélisation de la TVB : « les corridors écologiques ne sont pas localisés précisément par le schéma. Ils doivent être compris comme des "fonctionnalités écologiques", c'est-à-dire des caractéristiques à réunir entre deux réservoirs pour répondre aux besoins des espèces »273. De plus, « tout espace naturel peut concourir à fragmenter l'habitat naturel dès lors que celui-ci diffère de son milieu de vie. Ainsi, les corridors des uns peuvent constituer les barrières des autres »274.

270 Entretien avec Laure Cormier, géographe, le 5 mars 2015 à Paris

271 Ibid.

272 Ibid.

273 Schéma Régional de Cohérence Ecologique du Nord-Pas de Calais, Rapport, Juillet 2014 http://www.nord-pas-de-calais.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_srce-tvb_juillet_2014.pdf

274 Ibid.

Quand il s'agit d'appliquer la Trame verte et bleue telle qu'elle est décrite par la loi qui s'inspire de l'écologie du paysage, les difficultés apparaissent et justifient le regard sceptique des acteurs du territoire quand à au bien-fondé de cette politique. D'après Laure Cormier, les théoriciens de l'écologie du paysage sont « dépassés par l'appropriation politique d'une conception scientifique »275.

Il apparaît donc que le constat de l'artificialisation et de la perte de biodiversité qu'elle entraîne conduit les régions et les communes à se doter d'un outil d'aménagement qui puisse lutter contre la fragmentation des habitats naturels. La Trame verte et bleue, concept qui apparaît dès les années 1990 dans la région Nord-Pas de Calais et dans la métropole lilloise, et qui est officialisé par le Grenelle de l'Environnement, se développe et est destiné à se voir attribuer une valeur réglementaire permettant d'assurer sa pérennité sur le territoire. Toutefois, la politique de biodiversité qu'est la Trame verte et bleue est pensée dans un premier temps comme un moyen de redorer l'image de la ville, et l'usage de du répertoire de l'écologie du paysage avec la loi de Grenelle lui confère une dimension scientifique qui pose problème, car souvent incomprise par les acteurs du territoire, et vue comme une dépossession de leurs territoires par les élus. Pourtant, la Trame verte et bleue est un outil qui se veut consensuel, et le syndicat mixte Espace Naturel Lille Métropole qui est chargé de son application sur le territoire de la métropole adopte une position pragmatique, risquant de même à mal la dimension écologique de ce concept.

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275 Entretien avec Laure Cormier, géographe, le 5 mars 2015 à Paris

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