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Artificialisation et trame verte et bleue : de la protection de la biodiversité à  un outil d'aménagement. Le cas de Lille métropole depuis 2002.

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par Daphné Lecointre
Université de Lille II - Master 2015
  

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CHAPITRE III : Le mainstreaming de l'écologie et ses conséquences

Les conséquences de l'artificialisation sur la biodiversité conduisent à l'apparition de la politique de Trame verte et bleue qui ambitionne de rétablir les continuités écologiques pour lutter contre l'érosion de la biodiversité locale. Pourtant, ce concept s'éloigne de cette visée écologique, et on peut parler de « mainstreaming de l'écologie »276. De plus, le terme de biodiversité peut être remis en question, et ainsi que la légitimité de l'écologie de la restauration. Finalement, peut-on dire que la Trame verte et bleue lilloise est une réussite ?

1. La TVB consensuelle au nom du développement durable

Le concept de développement durable qui apparaît au début des années 1980 cherche à associer trois aspects, économique, social et environnemental. Ce qu'on a appelé les trois piliers du développement durable se sont vus ajouter la notion de gouvernance d'après le modèle de la concertation. La Trame verte et bleue, en poursuivant l'objectif de concilier un aspect social et économique ainsi qu'écologique, devient un outil de concertation.

1.1.La TVB, un outil de concertation

a. L'impératif du dialogue

La Trame verte et bleue est un outil qui a pour but de corriger les effets de la fragmentation des territoires. Si elle revendique, du fait de son officialisation avec la loi de Grenelle, un aspect écologique qui a du mal à fédérer les acteurs du territoire, elle est également, et peut-être surtout, un moyen de mettre ces acteurs autour de la table, et de brasser les connaissances afin d'aboutir à un projet de territoire. Marie-Christine Blandin, sénatrice verte en 2009, le souligne : « la trame n'est pas seulement un but en soi. Il s'agit d'une opportunité pour que des gens qui ne se parlent pas d'habitude se rencontrent, échangent leurs buts, leurs connaissances, leurs contraintes et arrivent à accoucher de quelque chose »277.

276 Andrew Dobson, Green Political Thought, 4e éd., London-New York, Routledge, 2007 (1990)

277 Pierre Alphandéry, Agnès Fortier et Anne Sourdril, « Les données entre normalisation et territoire : la construction de la trame verte et bleue », Développement durable & territoires, Vol. 3, n°2, juillet 2012

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Laure Cormier partage ce point de vue, « la trame verte met autour de la table différents partis qui commencent à réaliser un savoir commun de prise en compte »278. Dans le cas de la métropole lilloise, le syndicat mixte ENLM souligne également son rôle de générateur de dialogue. Pour son directeur, « la première mission d'ENLM reste la concertation, la nature représente un domaine sensible, la bataille sur l'usage des terres de la métropole lilloise est telle que nous avons à convaincre de l'intérêt de la métropole verte »279. La concertation semble être indispensable pour mener à bien les opérations de restauration de la nature dans la métropole, et la diffusion de l'information occupe une place prépondérante dans la mise en oeuvre du concept de TVB.

Pierre Dhenin assure que la « mise en oeuvre de la trame verte c'est d'abord la concertation »280, et illustre son propos, « il y a une chose difficile à faire, c'est d'abattre les arbres. Dans la métropole, il y a des peupliers car c'est intéressant économiquement, mais après 40 ans, c'est dangereux et il n'y a pas d'intérêt paysager »281. A Haubourdin, il y a deux ans, le syndicat s'engage à abattre 20 hectares de peupliers, et durant un an, il diffuse « des informations pour expliquer la vie de l'arbre, il y a un comité de suivi avec les forestiers »282. Toutefois, les riverains sont attachés aux charmes et aux ormes qui poussent entre les peupliers, bien qu'il soit « très compliqué de les garder. Finalement, on a fait le premier abatage avec des chevaux de traie, c'était un spectacle. Aujourd'hui, il y a une nouvelle forêt qui pousse »283. Ainsi, « il y a eu 20 hectares d'arbres qui tombent et aucune protestation »284.

Compte-tenu de cette réussite, il apparaît que le dialogue est indispensable, et que la « trame verte est une oeuvre collective »285 et l' « appropriation des lieux »286 est essentielle. De même, si les documents d'urbanisme qui implémentent cette trame verte, « la réglementation doit être le fruit d'une information »287 . L'élaboration du SCOT, et d'après

278 Entretien avec Laure Cormier, géographe, le 5 mars 2015 à Paris

279 Entretien avec Pierre Dhenin, directeur d'Espace Naturel Lille Métropole, le 27 février 2015 à Lille

280 Ibid.

281 Ibid.

282 Ibid.

283 Ibid.

284 Ibid.

285 Entretien avec Rodastina Ivanova, responsable Structure territoriale à l'Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille, le 19 mars 2015 à Lille

286 Ibid.

287 Ibid.

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Ivanova Rodastina, son intérêt, est « de réunir élus et décideurs pour élaborer un projet commun, une occupation des sols autour d'une ambition »288.

La TVB semble donc être le fruit d'une concertation complexe, que ce soit avec les résidents, ou avec les élus, autour d'une vision du territoire, qu'elle soit à l'échelle du citoyen comme à celle du décideur. Le dialogue est engagé par le concept, et la « réussite de la Trame verte et bleue repose sur l'implication de l'ensemble des acteurs qu'ils soient décideurs, gestionnaires ou usagers de l'espace »289. Il convient donc de « sensibiliser, concerter et co-construire autour de la TVB »290 et « d'identifier les clés de réussite pour faciliter le dialogue territorial »291. Toutefois, si la concertation est indispensable, le dialogue n'est pas évident.

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