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Artificialisation et trame verte et bleue : de la protection de la biodiversité à  un outil d'aménagement. Le cas de Lille métropole depuis 2002.


par Daphné Lecointre
Université de Lille II - Master 2015
  

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2. Du marketing territorial à promotion de la biodiversité locale

Les politiques de verdissement de la ville sont initiées dans le souci d'améliorer son

image, afin d'en faire un cadre de vie agréable pour les habitants. Quand on parle de verdissement, celui-ci passe par le développement d'une politique de protection de la biodiversité. Mais de quelle biodiversité parle-t-on ? En effet, cette notion renvoie à une multitude de réalité, et l'adéquation entre l'idée d'une ville verte et sa matérialisation soulève de nombreuses problématiques.

327 Entretien avec Pierre Dhenin, directeur d'Espace Naturel Lille Métropole, le 27 février 2015 à Lille

328 Ibid.

329 Ibid.

330 Ibid.

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2.1.Une politique de biodiversité dans un objectif de « marketing territorial »

a. La promotion de la ville verte

Toutes les métropoles sont soucieuses de l'image qu'elles renvoient, que ce soit celle d'une ville minéralisée ou celle d'une ville verte. Richard Florida défend l'idée selon laquelle les métropoles sont en compétition331. La performance de la ville dépend de la « classe créative » qui recouvre une grande variété de métiers, de l'ingénieur au journaliste. Le développement urbain dépend de ces membres de la classe créative, qui sont les moteurs de la création d'activités nouvelles. L'attraction de ces « créatifs » apparait comme la solution pour obtenir le développement des villes. Si la pertinence de cette hypothèse a été remise en question, notamment par le sociologue Alain Bourdin332, elle a été employée par les métropoles car elle est peu onéreuse, attirer des personnes est moins couteux que d'attirer des entreprises.

Lille est un exemple parlant de cette volonté d'attirer les créatifs, et cela passe par la promotion d'une certaine image de la ville. Ce marketing territorial débute avec Euralille qui « peut apparaître comme un prototype de la ville marketing avec un lieu générateur, la gare TGV, et un architecte médiatique, Rem Koolhaas »333. La rupture induite par ses aménagements a considérablement fait évoluer la perception de la ville elle-même. Toutefois, « depuis Euralille, les temps ont changé, et (...) nous avons fait le constat d'une contradiction croissante entre deux types de marketing : le premier à destination des décideurs économiques, qui a pour objectif d'inciter à des implantations ou à des développements d'activités, et le second à destination des habitants, visant à convaincre ceux-ci de la qualité des services urbains locaux. Ces deux marketings ne convergent pas spontanément, car les habitants n'aspirent par d'emblée au « développement », mais plutôt à l'amélioration constante de leur cadre de vie »334.

Ainsi, la LMCU, afin de satisfaire les citadins, développe une « ambition politique de faire du marketing territorial »335 autour de la « création d'espaces ludique et récréatifs »336. La TVB est pensée à la fois comme un moyen d'attirer les classes créatives et de satisfaire les

331 Richard Florida, The Flight of the Creative Class. The New Global Competition for Talent, 2005

332 Alain Bourdin, « La classe créative existe-elle ? » Revue d'Urbanisme, n°344, 2005

333 Antoine Loubière, « La ville marketing », Revue d'Urbanisme, n°344, 2005

334 Ibid.

335 Entretien avec Guillaume Schmitt, géographe, le 2 avril 2015 à Lille

336 Ibid.

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habitants en proposant un corrigeant l'image négative dont souffre Lille, celle d'une ville minéralisée avec très peu d'espaces verts. Pour Laure Cormier, cette dimension marketing de des espaces de nature est une réalité partout en France, et « la ville végétale, c'est surtout une question d'image et d'attractivité des foyers »337. Ainsi, la Trame verte et bleue reste fidèle à ce « projet de faire du ludique, du récréatif alors que l'objectif initial était plutôt écologique. Aujourd'hui, on constate qu'il y a plus de projets relatifs au cadre de vie qu'à la biodiversité, et le cadre de vie, c'est un peu de paysage et très peu de biodiversité »338. Le paysage est donc « la clé d'entrée pour l'attractivité »339.

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