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Artificialisation et trame verte et bleue : de la protection de la biodiversité à  un outil d'aménagement. Le cas de Lille métropole depuis 2002.


par Daphné Lecointre
Université de Lille II - Master 2015
  

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b. Un problème quantitatif ou qualitatif ?

»48.

Éric Charmes s'interroge sur les chiffres de l'artificialisation, cette dernière étant selon lui un problème davantage qualitatif que quantitatif47. Agreste, la revue publiée par le ministère de l'Agriculture, souligne en 2010, que le laps de temps dans lequel l'équivalent d'un département était artificialisé avait été réduit, passant de 10 à 7 ans. Toutefois, d'après l'auteur, la définition de l'artificialisation ici retenue est celle de la TERUTI-Lucas, et cette dernière est relativement extensive : « sont retenus les routes, chemins et bâtiments de toute nature, mais aussi les espaces non bâtis considérés comme urbains (espaces verts, pelouses, équipements sportifs, terrains vaques etc)

Les milieux agricoles restent toutefois les premiers touchés par les impacts de l'urbanisation, mais « ces impacts sont moins dus à la quantité des sols artificialisés qu'aux modalités de l'artificialisation »49. La focalisation sur les aspects quantitatifs, développés par la cartographie, mettrait un voile sur ce qui pose véritablement problème, à savoir « la forme prise pas les extensions urbaines et périurbaines et la manière dont elles s'organisent. »50

En effet, les métropoles ne s'étendent plus guère par étalement continu de leurs espaces bâtis, mais par émiettement. Le périurbain est émietté, et l'impact de cette caractéristique soulève beaucoup plus de problèmes que la quantité des terres artificialisées. Si l'urbanisation se faisait exclusivement par étalement continu, en continuité des limites des métropoles françaises, ces impacts seraient bien moindres qu'avec les formes actuelles de la périurbanisation car l'émiettement démultiplie les surfaces de contact entre l'agriculture et les territoires urbanisés. Ainsi, l'urbanisation massive du rural augmente les occasions de conflits entre les activités agricoles et les activités urbaines.

Concernant la biodiversité également, l'émiettement à un impact très fort. Cette forme d'artificialisation empêche certaines espèces d'évoluer sur de grands périmètres, et ces

47 Eric Charmes, « L'artificialisation est-elle vraiment un problème quantitatif ? », Etudes foncières, ADEF, 2013

48 Ibid.

49 Ibid.

50 Ibid.

26

dernières se heurtent aux coupures introduites notamment par les infrastructures routières. De plus, avec l'intensification des flux circulatoires sur les étendues de plus en plus vastes des aires urbaines, ces coupures se renforcent. Éric Charmes annonce les moyens mis en oeuvre pour lutter contre cette fragmentation : « de là découle notamment l'insistance actuelle des textes de loi sur les corridors et les trames vertes et bleues51

Ainsi, l'apparition de l'artificialisation à travers les cartes ne permet pas de rendre compte de la complexité du phénomène en raison de l'imprécision de la cartographie. Cette imprécision est d'autant plus préjudiciable que l'artificialisation ne peut pas être mesurée seulement à partir de chiffres car elle est qualitative autant, voire plus, que quantitative.

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