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Artificialisation et trame verte et bleue : de la protection de la biodiversité à  un outil d'aménagement. Le cas de Lille métropole depuis 2002.

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par Daphné Lecointre
Université de Lille II - Master 2015
  

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1.4.La ville, rattrapée par son environnement

La ville est d'abord définie par opposition à la campagne au nom du paradigme opposant nature et culture. Aujourd'hui, alors que les espaces verts urbains suscite l'enthousiasme des citadins, cette dichotomie est obsolète, la ville est « rattrapée par son environnement »52.

a. La mosaïque urbaine

L'espace urbain est formé de matériaux de natures différentes et d'objets de tailles variées. « L'espace urbain est un milieu fortement hétérogène, formant une mosaïque urbaine. On y trouve des surfaces minérales, des surfaces métalliques, des surfaces chlorophylliennes et des surfaces hydriques »53. La ville n'est donc pas totalement minéralisée, et d'après Laure Cormier, on trouve des potentialités de nature dans l'espace public urbain. Ainsi, le territoire urbain est formé d'une mosaïque d'espaces, et une si « une zone est plutôt artificialisée, cela ne veut pas dire qu'elle l'est complètement ».54

Toutefois, malgré les différents stades de l'artificialisation, et l'incapacité de cette notion à rendre compte de la pluralité des milieux qui composent l'espace urbain, le terme se diffuse. Pour Guillaume Schmitt, l'artificialisation a tendance à trop généraliser, notamment concernant les espaces verts urbains. En effet, il peut un avoir des processus de renaturation,

51 Eric Charmes, « L'artificialisation est-elle vraiment un problème quantitatif ? », Etudes foncières, ADEF, 2013

52 Philippe Clergeau, Une écologie du paysage urbain, Ed. Apogée, Rennes, 2007

53 Rahim Aguejdad, thèse intitulée « Etalement urbain et évaluation de son impact sur la biodiversité, de la reconstitution des trajectoires à la modélisation prospective. Application à une agglomération de taille moyenne : Rennes Métropole », Géographie, Université de Rennes, 2009

54 Entretien avec Guillaume Schmitt, géographe, le 2 avril 2015 à Lille

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et une « ancienne carrière peut devenir un site de nidification »55. Pourtant, la CORINE Land Cover, qui détermine l'artificialisation, « ne fait pas de différence entre cette carrière et une autre qui serait encore en activité »56. Au regard de la complexité de la ville, « ce terme est très discutable en soi »57.

b. Le rôle social de la nature

Produire une ville complètement minérale serait une « aberration »58, si l'on reprend le mot de Laure Cormier, géographe. Et ce d'autant plus que la présence de la nature en ville remplit des fonctions esthétiques, de confort, et sociales. Pour Martin Vanier, il y a une diversité des représentations de la nature, et celle-ci conditionne « l'identité profonde du tiers espace »59, id est le périurbain. La nature peut être à la fois le cadre du confort domestique, un support récréatif, un héritage culture traduit par son paysage, un gisement à exploiter et à contrôler, un patrimoine de biodiversité. Elle peut même être l'infrastructure de l'organisation urbaine, devenant un « vide structurant ».

En raison de la pluralité des fonctions qui sont adressées à la nature, il existe une très forte demande sociale pour la diversité urbaine, et ainsi, pour une nature de proximité en ville. Cela conditionne « l'intérêt grandissant pour la nature et les enjeux que représente l'étude du fonctionnement des écosystèmes en ville »60. Ainsi, la nature occupe, matériellement et immatériellement, une place prépondérante dans l'espace urbain. La nature constitue l'espace collectif, et assure alors une fonction sociale. Pour Emma Raudin, on ne peut pas parler de densité si on ne parle pas de nature en ville. Pourtant, les cartes visant à déterminer l'occupation des sols comprennent ces espaces de natures comme des espaces artificialisés. Il s'agit alors de se reposer la question de la pertinence de cette notion, si elle regroupe sous la même catégorie des surfaces minéralisées et des surfaces chlorophylliennes. Les espaces de nature en ville sont d'une importance majeure pour l'organisation de nos modes de vie citadins, et ne peuvent être ignorés.

La notion d'artificialisation apparaît avec le développement des cartes qui visent à rendre compte de ce phénomène. Pourtant, les données cartographiques en milieu urbain ne

55 Ibid.

56 Ibid.

57 Ibid.

58 Entretien avec Laure Cormier, géographe, le 5 mars 2015 à Paris

59 Martin Vanier, « Qu'est-ce que le tiers espace ? Territorialités complexes et construction politique », Revue de géographie alpine, 2000, Volume 88, Numéro 88-1, pp. 105-113

60 Entretien avec Laure Cormier, géographe, le 5 mars 2015 à Paris

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permettent pas de traduire la complexité de la mosaïque urbaine. Les chiffres et les cartes se développent à une échelle plus grande dans le souci de précision, permettant de mettre en place des politiques de limitation de l'artificialisation.

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