WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Eglise evangélique du cameroun et coopération internationale (1957-2007)


par MOISE NKAPMENI NGAPET
UNIVERSITE DE YAOUNDE I (ENS) - DIPES II 2015
  

précédent sommaire suivant

D- L'évolution vers l'autonomie de l'Église Évangélique du Cameroun

1) La situation financière critique de la S.M.É.P. à partir de 1940

À partir de 1940, les problèmes financiers commencèrent à être brûlants, la S.M.É.P. se trouvant dans une situation financière particulièrement critique, en raison de la faiblesse matérielle de ses donateurs. Elle fit alors appel aux Église s-soeurs pour lui venir en aide. En 1947, l'Église Évangélique des Frères Tchèques et l'Église Luthérienne de Slovaquie décidèrent d'aider la Mission du Cameroun. 84 Vers les années 1950, de nouvelles circonstances permirent à la S.M.É.P. de continuer seule, sans encombre, sa tâche missionnaire au Cameroun. La Mission Protestante Française au Cameroun se vit accréditer

82 R. Melh, Décolonisation et Missions Protestantes, Paris, 1964, p. 88.

83 Cahiers Eglises Bamoun-Grassfields 1918-1926. Synodes Régionaux Bamoun-Bamiléké.

84 A.N.Y., A.P.A. 10167, Mission Évangélique de Paris, 1944-1945.

33

d'importantes sommes d'argent par les F.I.D.É.S. (Fonds d'Investissement pour le Développement Économique et Social des Territoires d'Outre-Mer). Le problème financier, que l'on sentait fondamental, échauffa les esprits des Camerounais, au point qu'ils comprirent la nécessité de la revendication d'une responsabilité partagée. Mais, il y avait bien d'autres facteurs encore qui orientaient irrésistiblement les Églises vers leur autonomie.

2) L'adoption de la constitution de 1949

Depuis la prise du champ de mission du Cameroun par la S.M.É.P., tous les problèmes de ce champ d'évangélisation se ramenaient à la question d'autonomie. Il fallait désormais étudier les questions missionnaires avec un esprit plus ouvert aux problèmes modernes. En 1947, le Comité Directeur de la S.M.É.P. proposait d'associer les délégués des Églises, les laïcs et les pasteurs aux délibérations des différentes commissions de la Conférence des Missionnaires. Ce serait un moyen de faire participer les Camerounais à la direction des différentes branches de l'oeuvre. Croyant que les Camerounais n'étaient pas capables de porter des responsabilités majeures, on procéda à l'élaboration d'une constitution, en 1949. Elle avait pour but de préparer les Églises lentement et mûrement à leur autonomie85.

Cette constitution nommée Constitution de l'Église Évangélique du Cameroun, était de type synodal. Elle avait pour chapitre :

- 1. l'Église ;

- 2. l'Église Locale ;

- 3. le Consistoire ;

- 4. le Synode Régional ;

- 5. la Commission Synodale Régionale ;

- 6. le Synode Général ;

- 7. la Commission Synodale et son Bureau ;

- 8. la Caisse Centrale et la Commission Financière ;

- 9. les Ministères dans l'Église ;

- 10. dispositions Transitoires.

Elle fut ratifiée par le Synode Général de janvier 1951. Plusieurs membres de l'Église Évangélique du Sud réclamaient que l'Église ainsi constituée reçoive une reconnaissance civile. De ce fait, la personnalité civile fut accordée à l'É.É.C. par la décision n° 1627 au 29

85 J. V. Slageren, Les origines de l'Église Évangélique, p. 220.

34

mars 1951, autorisant la constitution d'un Conseil d'Administration86. Ainsi, une Église autochtone existait légalement en tant qu'association autorisée. Il paraissait alors certain que, les missionnaires ne reconnaissaient pas la forme d'une Église autonome de laquelle ils pouvaient faire partie intégrante. La question se posait alors de savoir si la Mission, qui était essentiellement vue comme le résultat d'une organisation de la métropole, ne serait pas absorbée et étouffée par l'Église autochtone, dès qu'on lui donnerait une organisation lui permettant de vivre sa vie autonome.

précédent sommaire suivant