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Eglise evangélique du cameroun et coopération internationale (1957-2007)


par MOISE NKAPMENI NGAPET
UNIVERSITE DE YAOUNDE I (ENS) - DIPES II 2015
  

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4) Le changement de statut de la S.M.É.P. et la naissance de la C.É.V.A.A. a) Projet des structures nouvelles de l'action missionnaire

En novembre 1968, l'assemblée générale de la S.M.É.P. charge son Comité élu en Juin, de préparer les réformes des structures de la Société. Elle prit fin le 31 octobre 1970. Le comité de la Société se réunit de nouveau le 2 novembre 1970. Au cours de cette séance, il étudie la résolution adoptée par l'assemblée, concernant le nom de l'organisme international qui devra remplacer la S.M.É.P. Ainsi, l'expression «Communauté Évangélique d'Action Apostolique» fit son entrée dans l'histoire. La première partie, contenant dix-sept articles est consacrée à la « Communauté Évangélique d'Action Apostolique » et la deuxième partie avec seize articles concerne le « Département Évangélique Français d'Action Apostolique ». L'article 2 du projet énumère les Églises qui ont constitué la C.É.V.A.A., qui sont, et c'est une liste provisoire en début de son existence :

- l'Église Évangélique du Cameroun ;

- l'Union des Églises Baptistes et Évangéliques du Cameroun ;

- l'Église Protestante Méthodiste du Dahomey ;

- les Églises Protestantes de France (Église de la Confession d'Augsbourg, d'Alsace et

de Lorraine, Église Évangélique Luthérienne de la France, l' Église Réformée

d'Alsace et de Lorraine, l'Église Réformée de France, la Fédération des Églises

Évangéliques Baptistes, l'Union Nationale des Églises Réformées Évangélique s

Indépendantes)

- l'Église Évangélique du Gabon ;

- l'Église Évangélique du Lesotho ;

- l'Église de Jésus-Christ à Madagascar ;

- l'Église Évangélique de la Nouvelle Calédonie ;

- l'Église Protestante Évangélique de Polynésie Française ;

- les Églises Suisses Romandes qui ont constitué leur département missionnaire ;

129 E. Tchuindjang, « Les expressions oecuméniques d'une jeune Église », p.180.

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- l'Église Évangélique du Togo ;

- l'Église Évangélique de Zambie130.

Le fait que l'É.É.C. se classe en tête de cette énumération, se justifie par le rôle primordial qu'elle a joué pour l'avènement de la Communauté, surtout à travers le dynamisme de son Secrétaire Général le pasteur Jean Kotto. Après, c'est l'U.É.B.C. Cela rentre dans le même ordre d'idées. Car, au moment de son appel en 1964, le pasteur Jean Kotto était aussi le Secrétaire Général du Conseil des Églises Baptistes et Évangéliques du Cameroun (C.É.B.É.C.). Et, c'est cet organisme, qui était en charge de gérer les oeuvres de témoignage chrétiens communes à l'É.É.C et à l'U.É.B.C. Les statuts postérieurs de la Communauté ainsi que les modifications de certains articles, garderont la même disposition, c'est-à-dire, avec l'É.É.C. en tête, suivie de l'U.É.B.C., de la liste des Églises membres de la C.É.V.A.A. Cependant, dans un document datant du 21 au 28 juin 1986 à Maputo au Mozambique, le règlement intérieur de la C.É.V.A.A., mentionne l'Église Protestante Méthodiste au Bénin en tête de liste, suivie respectivement en deuxième et troisième position de l'É.É.C. et de l'U.É.B.C. Pourquoi ce changement ? Etait-ce une tentative d'ignorer le rôle primordial joué par l'É.É.C. dans la création de la Communauté ? Selon Emmanuel Tchuindjang, cela pourrait se justifier par le fait qu'à l'époque de la rédaction de ce document, c'est un Béninois de l'É.P.B.M., en la personne de Samuel Aklé, qui était l'un des secrétaires de la C.É.V.A.A., en charge de l'échange des personnes131.

Le nouvel organisme missionnaire en gestation qu'était la C.É.V.A.A s'attribuait donc quelques tâches qui sont consignées à l'article 6132 du projet de structures nouvelles de l'Action Missionnaire. Il est dit que la a C.É.V.A.A a une triple responsabilité :

a) mener une réflexion continue sur la signification de l'Évangile et sur la mission de l'Église, établir une politique générale d'action apostolique et assurer une unité d'action ;

b) établir la liste des tâches qui seront prises en charge en tenant compte d'une part des demandes et des besoins exprimés par chaque Église ou organisme, d'autre part des ressources disponibles en Hommes et en argent ;

c) décider des voies et moyens de l'exécution de ces tâches, soit en les confiant à des Églises ou organismes, soit en les prenant elle-même en charge, et veiller à leur réalisation.

130 J.M.É., août-septembre 1971, p.180. U.P.A.C. / Yaoundé.

131 E. Tchuindjang, « Les expressions oecuméniques d'une jeune Église », p. 182.

132 J.M.É., août-septembre 1971, p. 191.

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Ce sont là les lignes directrices de l'Action missionnaire de la nouvelle Communauté qui remplacera la S.M.É.P.

La deuxième partie du projet de structures nouvelles de l'Action missionnaire fut consacrée au Département Évangélique Français d'Action Apostolique (D.É.F.A.P.). Comme on peut le constater par le projet de structures nouvelles de l'Action missionnaire, ce sont deux organismes qui se sont mis sur pieds. L'un international, dénommé Communauté Évangélique d'Action Apostolique (C.É.V.A.A), l'autre national Français, le D.É.F.A.P. Le projet précisa la nature et la fonction de ce dernier. La nécessité de créer cet organisme français émana du fait que l'idée en cours dans les milieux oecuméniques dont les Églises françaises étaient imprégnées, était l'intégration de la Mission dans l'Église. En bref, dans ce projet, le D.E.F.A.P apparut en gros comme l'organe qui poursuivrait dans les Églises de France, l'oeuvre de la S.M.É.P., en liaison avec la C.É.V.A.A. Aujourd'hui, on aime bien présenter le D.É.F.A.P. en France comme le Service Protestant de la Mission et des relations internationales.

b) Dissolution de la S.M.É.P. et création de la C.É.V.A.A.

Le 30 novembre 1971, le glas sonna pour la S.M.É.P. Sa dissolution est prononcée lors de sa 143ème et dernière Assemblée Générale. Son dernier président, Jean Courvoisier, la reconnaît en ces propos : « Dans l'histoire contemporaine du protestantisme de langue française, une grande dame s'efface aujourd'hui : la Société des Missions Évangéliques de Paris qui, constituée à Paris le 04 novembre 1822, aurait eu dans douze mois et cinq jours, 150 ans133 ». À partir de ce moment, la S.M.É.P. se prolongea dans un organisme français, le D.É.F.A.P., et donna naissance à un organisme international, la C.É.V.A.A. Faisant un témoignage à ce sujet, Maurice Pont, directeur de la S.M.É.P., nommé un an auparavant, en remplacement de Charles Bonzon dira : « Il n'y a ni mort, ni disparition, mais transformation et renouvellement »134. Comme pour dire, qu'il y a dans la dissolution de la S.M.É.P., une continuité et une nouveauté. Ce qui se poursuit, c'est le D.É.F.A.P, service protestant de mission et de relations internationales, qui poursuivra dans les Églises de France l'oeuvre de la S.M.É.P., en liaison avec la C.É.V.A.A. Ce qui est nouveau, c'est la C.É.V.A.A, dont le premier secrétaire général, le malgache Victor Rakotoarimanana, donne un aperçu de ses activités et des Églises qui la composent en ces termes :

La C.É.V.A.A est une communauté d'Églises ayant chacune son autonomie, son identité, sa situation particulière. Mais, dans cette diversité, toutes ces Églises ont accepté délibérément de

133 J.M.É., octobre, novembre et décembre 1971, p.199. 134Ibid, p. 194.

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marcher ensemble, de s'engager ensemble pour la cause de l' Évangile et pour annoncer le salut d'aujourd'hui135.

C'est ainsi que la structure missionnaire dont rêva le pasteur Jean Kotto, secrétaire général de l'É.É.C., dans son appel de 1964, devint une réalité par la naissance de la C.É.V.A.A. L'idée de base de la C.É.V.A.A. était donc : « Par le partage, aider les Églises de plusieurs continents à mieux vivre et témoigner leur foi chrétienne dans notre monde d'aujourd'hui »136. Celle-ci regroupe actuellement 35 Églises protestantes réparties dans 24 pays en Afrique, en Amérique Latine, en Europe, dans l'Océan Indien et dans le Pacifique137.

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