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Eglise evangélique du cameroun et coopération internationale (1957-2007)

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par MOISE NKAPMENI NGAPET
UNIVERSITE DE YAOUNDE I (ENS) - DIPES II 2015
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B- De l'idée à la création de la C.É.T.A. : la conférence préparatoire d'Ibadan, 1958.

C'est en 1955 que l'idée d'une organisation regroupant toutes les Églises d'Afrique vient à l'esprit d'un jeune professeur Luthérien de Tanzanie, Joseph Kibéra161. L'idée du choix du Nigéria pour abriter cette première rencontre préparatoire ressort du discours d'ouverture de Sir Francis Ibiam162. Il déclare ceci :

Grâce à Dieu et à l'hospitalité de l' Église Presbytérienne du Canada, ma femme et moi avons pu visiter le Canada de septembre à novembre 1956. Et c'est là que j'entendis pour la première fois parler d'un projet de conférence de toutes les Église s africaines, qui serait tenue quelque part en Afrique. Le Dr. Georges W. Carpenter, secrétaire du Conseil International des Missions à New-York, me consulta à ce sujet et me demanda si la conférence pourrait avoir lieu dans le Nigéria. Je répondis oui et dis que le conseil chrétien du Nigéria serait heureux de recevoir cette conférence. Une invitation en règle fut faite plus tard au Conseil International des Missions. Et, c'est pourquoi par la grâce de Dieu, nous sommes tous ici aujourd'hui163.

À travers cet extrait du discours de Sir Francis Ibiam, nous saisissons un pan de l'histoire du choix du Nigéria comme pays devant abriter la première conférence des Églises d'Afrique.

La conférence se tient du 11 au 18 janvier 1958 à Ibadan au Nigéria. Elle regroupe deux cents représentants des Églises provenant de 25 pays d'Afrique. Ils y discutent de l'unité de l'Église et d'autres défis de l'Afrique du moment. C'est pour la première fois qu'une conférence des Églises d'Afrique a une grande influence sur l'Église en Afrique. Ici, pour la

159 Rapport du secrétaire général de la C.É.T.A., in Engagement, Rapport officiel de la 2ème Assemblée Générale de la C.É.T.A à Abidjan du 1er au 12 septembre 1969, p. 16. U.P.A.C. / Yaoundé.

160 fr.wikipédia.org/wiki/CETA, consulté le 20 février 2015.

161 Il eut cette vision après le succès enregistré par la conférence générale des Églises Luthériennes d'Afrique à Maranga en cette même année 1955. Le succès de cet événement lui fit penser que le moment était venu d'organiser une rencontre générale de toutes les Églises protestantes Africaines.

162 Sir Francis Ibiam était le Proviseur de Hope Waddel Training Institution de Calabar au Nigéria. C'est lui qui présida cette première conférence des Églises africaines. Lorsque la résolution fut prise à la fin de la conférence de constituer un comité provisoire pour pérenniser les fruits de celle-ci, il figura par les dix membres.

163Ibadan : conférence des Églises d'Afrique, Paris, boulevard Arago, 1958, p. 10.

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première fois, l'Église en Afrique trouve sa voix, en ce sens que la conférence fut dominée par les délégués Africains. Cela se passe ainsi car, la conférence avait été convoquée dans le but exprès de fournir aux chefs des Églises Africaines l'occasion de s'exprimer sur les problèmes de l'Église164. A cette rencontre, on relève la présence de vingt-cinq territoires africains. Les délégués viennent des territoires suivants : Angola, Congo-Belge, Cameroun, Égypte, Éthiopie, Afrique Équatoriale Française, Gambie, Ghana, Côte d'Ivoire, Kenya, Togo, Lesotho, Libéria, Madagascar, Mozambique, Nigéria, Nyassaland, Rhodésie du Nord, Rhodésie du Sud, Sénégal, Soudan, Tanganyika, Ouganda165. Ce sont les délégués des Églises de ces pays qui participent à la conférence. Certaines Églises à l'instar l'Église Évangélique du Cameroun sont déjà autonomes, d'autres ne le sont pas encore. Les participants et les invités à la conférence sont limités à deux cents. En fin de compte, ils sont cent quatre vingt neuf166. On a ainsi pu enregistrer :

- 96 représentants de membres d'Églises en Afrique dont 74 Africains, 16 Africaines et 6 européens représentant les Églises « Blanches » d'Afrique du Sud ;

- 48 missionnaires des pays non Africains dont 46 blancs, un noir et un Asiatique ;

- 45 membres du personnel, consultants et visiteurs d'Europe et d'Amérique et Nord, dont 5 noirs, 6 asiatiques assistants en tant que délégués fraternels de l'Assemblée du Ghana.

La conférence compte 96 Africains, 92 Européens et 7 Asiatiques. Ceci concorde avec l'intention primitive du comité d'organisation qui a insisté, avant l'envoi des invitations que la moitié des délégués soit des représentants d'Église s africaines. C'est ce qui a fait dire à Kampala en 1963, que la conférence d'Ibadan était la réunion la plus représentative des chrétiens africains.

En plus du message adressé aux Églises d'Afrique, on formule de toutes parts le voeu ardent que les résolutions de cette conférence ne se fondent pas et que se maintienne l'esprit fraternel qui y a régné. D'autres conférences aussi sont prévues. Mais, le désir de maintenir un lien entre les différentes régions et Églises fut exprimé167. Pour donner vie à ce voeu, la conférence décide de la création d'un comité de continuation et d'un secrétariat général ou de l'un d'eux seulement168. La tâche principale de ce comité de continuation consiste à ouvrir la voie, préparer le terrain et semer les graines qui s'épanouiraient en une floraison d'Église s

164 Conférence de Kampala, 1963, conférence des Églises de Toute l'Afrique Kit we (Zambie), p.5.

165Ibadan : Conférence des Églises d'Afrique, 1958, p.9.

166Ibid, p.7.

167Ibadan, 1958, p. 9.

168Ibid, p.22.

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chrétiennes et autres organismes, forts et coopérants, soucieux de témoigner Christ en Afrique, et témoins vivants de l'unité du Christ en Afrique.

Pour les délégués présents, il est clair qu'Ibadan est le commencement et non une fin en soi. Ils quittent Ibadan, le regard tourné vers l'avenir. Chacun rentre dans son propre pays en entrevoyant la possibilité d'une coopération et d'une unité plus grande.

Avec le comité provisoire169 qui est constitué pour maintenir le lien fraternel entre les différentes Églises d'Afrique, la voie est tracée pour la création d'un organisme permanent de travail commun entre les Églises d'Afrique. Ce comité, constitué pour continuer les travaux d'Ibadan, a été actif pendant les cinq ans de son mandat : tour d'horizon de la recherche théologique en Afrique, études sur les changements sociaux rapides, assemblée de cinq jeunes à Nairobi au Kenya pour une étude serrée du thème « Liberté sous la croix », longue consultation sur le foyer chrétien et vie familiale, conférence de Salisbury sur les moyens de communication aux masses. Ces efforts, ainsi que d'autres auxquels les Églises ont participé aident les membres du comité à prendre conscience des possibilités immenses du travail en commun pour mener à bien ce qu'aucune Église, travaillant indépendamment, ne peut accomplir170.

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