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Le dessin du bonhomme chez des enfants autistes : quatre études de cas à  l'association burkinabè d'accompagnement psychologique et d'aide à  l'enfance (abape).

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par Wendpanga Daniel OUEDRAOGO
Université Ouaga 1 Professeur Joseph Ki-ZERBO - Maitrise en psychologie clinique et pathologique 2015
  

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2.2. Théories de référence : le dessin du bonhomme selon l'approche de Royer et de Machover

2.2.1. Les stades de Royer

L'évolution du dessin chez l'enfant telle que Royer l'a développée est liée à l'acquisition progressive de la notion du temps et de sa traduction dans le graphisme. Elle distingue cinq stades principaux qui sont :

· Le stade préliminaire ou gribouillage moteur (1 à 3 ans)

C'est la période gribouillage proprement dit, celui-ci prend fin avec le gribouillage intentionnel où apparaissent des formes reconnaissables dans le dessin de l'enfant. C'est dans ce stade qu'apparaissent le « bonhomme têtard » et la maison « en forme de simple enclos » : forme arrondie ou angulaire très simplifiée. Kellogg décrit explicitement les 20 tracés fondamentaux qu'elle a repérés au cours de ses observations, c'est-à-dire les 20 premiers gribouillis exécutés par l'enfant. Ces tracés sont indiqués dans le tableau suivant.

Tableau 4: Les vingt tracés fondamentaux de Kellogg (Kellogg, 1970 ; cité par Gervais, 2005).

· Le stade du dessin éparpillé (4 à 6 ans)

A ce stade, le graphisme est intentionnel et représentatif. Royer considère que l'enfant ne recherche pas un lieu sur la feuille pour sa représentation, il n'y a pas de chronologie et les thèmes sont versatiles. En effet, les différentes formes représentées par l'enfant sont dispersées sur la feuille, elles flottent dans l'espace graphique, sans ordre et ne sont pas parallèles aux bords de la feuille. Il arrive que la même représentation soit nommée différemment. Les différentes formes représentées sont à dominantes anthropomorphiques et la verticalité ne s'acquiert que tardivement. Pour Royer, c'est la période où les affects oedipiens se manifestent chez l'enfant et se traduisent graphiquement par la multiplication des thèmes, des symboles le plus souvent à caractère phallique.

· Le stade du dessin localisé (6 à 8 ans)

Ce stade correspond à la période de latence, la période de la scolarité. Le thème du dessin devient unique même si parfois l'enfant présente plusieurs formes. L'écriture se différencie du gribouillage et contribue à améliorer les règles d'orientation dans l'espace, la forme et la dimension imposées au tracé. La notion du « haut et du bas » est acquise à travers la représentation du ciel, du soleil, des arbres, du sol, etc. La notion du temps est évoquée sous la forme du temps qu'il fait et non sous la forme du temps qui s'écoule (matin, soir, saisons). La verticalisation est acquise et l'enfant dessine au crayon noir avant de colorier. Les éléments sont en relation les uns avec les autres mais la transparence peut persister jusqu'à 7ans.

Entre 5 et 7 ans, la représentation du soleil est maximale et Royer propose l'idée de la signification oedipienne du soleil représentant le père. Vers la fin de ce stade, les représentations anthropomorphiques baissent considérablement.

· Le stade du dessin temporalisé à l'âge (9 à 11 ans)

A cet âge, l'unité du temps est acquise par l'enfant et l'espace de la feuille est bien occupé. La représentation des objets et des personnes est influencée par les connaissances que l'enfant accumule. Les formes que l'enfant représente prennent en compte la variation des dimensions des objets en fonction de leur éloignement et des relations qu'ils peuvent avoir entre eux.

Le vide entre la terre et le ciel se remplit et la ligne d'horizon apparait. La représentation des formes cubiques n'est pas encore maitrisée. La notion de profondeur est acquise et se manifeste à travers les représentations en plan, la représentation des motifs de dimensions différentes pouvant être cachés partiellement en fonction de leur position.

La représentation du mouvement dans les dessins est intégrée de même que la présentation des personnes ou des animaux d'âges différents. Le contexte historique s'inscrit alors dans les dessins. On observe le passage de l'expression implicite à l'expression explicite (titre, légendes et commentaires).

· Le stade critique (au-delà de 12-13 ans)

Il y a un désintérêt progressif du dessin chez le préadolescent. Ses dessins sont généralement empruntés aux bandes dessinées, aux médias (caricatures) plutôt qu'à la spontanéité créative.

Aubin(1970) pense que c'est la remise en cause de ses capacités dans le dessin et l'investissement du langage verbal comme moyen d'expression qui sont à l'origine de la régression du dessin chez le préadolescent. Ils découvrent à travers les longues conversations un moyen de communication qui les affranchit de l'enfance, un moyen de s'affirmer dans les relations sociales et de se découvrir.

Seul un petit nombre d'adolescents vont conserver un intérêt pour le dessin, ils travaillent alors à renforcer en nombre et en qualité les caractéristiques du stade précédent.

Pour Royer, l'évolution du dessin est liée au système éducatif de la société qui tend à développer l'activité de l'hémisphère cérébral gauche, celui de la raison, aux dépens de l'hémisphère droit, celui de l'affectivité et de l'intuition.

Le personnage humain est l'un des contenus les plus retrouvés dans les dessins d'enfants. Lorsque le personnage est seul, on pourrait supposer qu'il s'agit d'un autoportrait réalisé plus ou moins consciemment (Royer, 1995).

La présence des animaux peut représenter la complicité, la communication non verbale, mais peuvent également être un symbole des instincts de l'enfant. Ils peuvent servir à masquer une réalité humaine. L'eau représenterait la mère et l'essence du féminin tandis que le feu serait le symbole de la puissance virile. Le soleil est généralement associé à l'image paternelle alors que la lune, symbole lié à la féminité, évoque la nuit et les mystères (Royer, op.cit.).

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