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L'optimalité du régime de change dans la zone UEMOA.


par AYA MARIE ESTELLE AMANI epse KONAN
université Félix Houphouet Boigny de Cocody/Abidjan - DEA/MASTER NPTCI option macroéconomie appliquée 2012
  

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CHAPITRE 2 : LE CADRE THEORIQUE

Dans ce chapitre, nous allons présenter la théorie du taux de change réel d'équilibre qui va permettre plus tard d'estimer le taux de change réel d'équilibre de la zone UEMOA. Nous allons donc aborder les différentes théories du taux de change réel d'équilibre, et expliquer pourquoi certaines théories ont été abandonnées au profit d'autres. Nous allons par la suite aborder les développements théoriques récents concernant le régime de change optimal et les approches théoriques du lien entre taux de change, croissance et inflation dans la zone UEMOA.

2.1. Les théories du taux de change réel d'équilibre

Il existe plusieurs théories qui ont été développées sur le taux de change réel d'équilibre. La parité des pouvoirs d'achat (PPA) constitue la théorie qui était la plus utilisée pour déterminer les taux de change réel d'équilibre. Cette théorie existe sous deux formes : la forme absolue et la forme relative.

La forme absolue de la PPA s'applique en l'absence de toute entrave au commerce international (barrières tarifaires, barrières non tarifaires, etc.) en supposant négligeables les coûts de transaction et d'informations. Selon cette approche, la valeur du taux de change nominal est déterminée par le rapport des niveaux de prix entre deux pays. Cette définition découle de la loi du prix unique selon laquelle le prix d'un bien échangeable est identique partout, une fois converti dans une monnaie commune. La réalisation de cette loi suppose alors que les taux de change réels bilatéraux sont toujours égaux à l'unité. En présence d'entraves au commerce international, la loi du prix unique ne s'applique plus.

Le principe de la PPA peut alors s'exprimer sous une version dite relative : une variation du taux de change nominal vient compenser l'écart d'inflation. On rappelle que cette théorie a été introduite par Cassel en 1916 qui a suggéré de définir le niveau du taux de change nominal d'équilibre comme le taux assurant la parité de pouvoir d'achat entre deux monnaies : un bien quelconque peut être échangé contre la même quantité de biens dans son pays d'origine ou dans tout autre pays après conversion en monnaie locale. Dans ces conditions, le taux de change réel est constant (mais non nécessairement égal à l'unité).

AMANI Aya Marie Estelle, DEA/MASTER NPTCI 4ème promotion 28

De façon générale, la théorie de la PPA souffre de plusieurs inconvénients majeurs, tant au niveau théorique qu'au niveau empirique, bien qu'elle puisse être utile pour évaluer les parités de long terme entre pays à niveau de développement similaire.

Au niveau théorique, le taux de change réel auquel fait référence la PPA ne permet pas de relier le taux de change réel à la situation économique d'un pays, notamment à sa position extérieure. Au niveau empirique, les difficultés sont nombreuses. En particulier, la PPA suppose la constance du taux de change réel, ce qui semble difficilement compatible avec les importantes fluctuations observées des parités réelles.

Cependant, la littérature théorique et empirique actuelle sur les taux de change réel d'équilibre de long terme sont dominées par trois modèles, à savoir le Fundamental Equilibrium Exchange Rate (FEER) de Williamson (1994), le Natural Real Exchange Rate (NATREX) de Stein (1994); Stein et Allen (1995); Stein et Sauernheimer (1996) et le Behavioral Equilibrium Exchange Rate (BEER) de MacDonald (1997); Clark et MacDonald (1998).

Pour le modèle FEER ou modèle du taux de change d'équilibre fondamental, le taux de change d'équilibre est celui qui assure à la fois, pour l'économie nationale considérée, l'équilibre interne, défini par son taux de croissance potentiel et l'équilibre externe au sens du solde du compte courant potentiel. De plus, de nombreuses difficultés pour caractériser l'équilibre externe, notamment l'évaluation des élasticité-prix du commerce extérieur, nuisent à la fiabilité des estimations obtenues. Cela explique que l'on préfère utiliser une version différente de ce modèle, appelée le modèle BEER ou taux de change d'équilibre comportemental. Pour le déterminer, sont retenues comme principales variables fondamentales la position extérieure nette (solde des investissements étrangers dans le pays et des investissements du pays à l'étranger), la productivité relative (l'efficacité économique mesurée notamment par la production du pays rapportée à son volume d'heures de travail) et les termes de l'échange (rapport des prix à l'exportation aux prix à l'importation).

Quant au modèle NATREX ou modèle du taux de change réel naturel, ce modèle reprend la théorie de la PPA, mais sans l'obligation de considérer comme constant le taux de change réel et le modèle par la balance des paiements mais sans l'obligation de voir cette balance équilibrée à chaque période. Il suffit que les mouvements de capitaux aient une évolution compatible avec un

AMANI Aya Marie Estelle, DEA/MASTER NPTCI 4ème promotion 29

endettement international soutenable à long terme. Il recherche en définitive le taux de change qui assure des flux de capitaux optimaux. Ce taux de change doit permettre tout à la fois, globalement, d'avoir une allocation internationale optimale de l'épargne et, à chaque économie nationale, de trouver son sentier de croissance potentielle. Mais le NATREX est également un modèle opérationnel en ce sens qu'il permet d'établir les estimations du taux de change courant, en sachant que le taux de change courant doit converger vers le NATREX et d'autant plus rapidement que son flottement est libre.

Cependant, Edwards (1989) et Elbadawi (1994) estiment le taux de change réel d'équilibre de plusieurs pays en voie de développement en régressant le taux de change réel sur des variables telles que le progrès technique, l'accumulation du capital, le niveau et la répartition de la dépense publique entre biens échangeables et non échangeables, les termes de l'échange extérieur, les tarifs à l'importation, et des indicateurs du contrôle des changes. Halpern et Wyplosz (1995) utilisent une approche identique pour les pays en transition d'Europe de l'Est et font notamment apparaître le rôle de la productivité apparente du travail, des termes de l'échange et du taux de participation sur le marché de l'emploi.

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