WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Effets de la hausse des prix des denrées alimentaires sur la consommation des ménages au Togo.

( Télécharger le fichier original )
par Moubarak DJIGBA
Université de Lomé - Master en Economie 2012
   Télécharger le fichier original

précédent sommaire suivant

CHAPITRE 2 : NATURE ET CAUSES DE L'INSTABILITE DES PRIX DES PRODUITS ALIMENTAIRES

Ce chapitre se propose d'énoncer brièvement les différentes sources de l'instabilité des prix des denrées alimentaires. A cet effet, il est divisé en quatre sections. La première section aborde la question de la nature des sources. La seconde section donne un aperçu sur les principaux déterminants de l'instabilité des prix alimentaires.

2.1- Origines de l'instabilité des prix alimentaires

En principe dans la littérature, il existe deux hypothèses sur l'origine des fluctuations de prix. L'hypothèse la plus communément acceptée est celle des fluctuations d'origine aléatoire ou exogène (Cafiero and Wright, 2006 ; Deaton and Laroque, 1992). La production agricole est généralement sujette à de nombreux accidents d'origine météorologique, complètement extérieurs au marché, mais qui perturbent l'offre et la demande. L'une des difficultés avec cette hypothèse est que des perturbations aléatoires ne produisent pas les faits stylisés des séries de prix agricoles - dissymétrie de la densité de probabilité, auto corrélation d'ordre un.

L'autre hypothèse, au contraire s'attache aux causes endogènes, liées au fonctionnement même du marché, conduisant à des phénomènes plutôt chaotiques. Par exemple, Ezekiel (1938)met en avant les erreurs d'anticipations des produits qui conduisent à des alternances de sur et de sous - production. Ici encore, l'hypothèse d'Ezekiel à l'état brut conduit à envisager des mouvements de prix périodiques qui ne correspondent en rien à la réalité.

A cet effet, la question qui est de savoir laquelle des deux théories explique le mieux les phénomènes de fluctuations de prix, demeure un vif débat ; car leur implications pratiques dans la recherche des remèdes sont très différentes, et même quelques fois opposées. Comment arriver donc à trancher ?

Si l'hypothèse exogène est la bonne, il devrait être possible de remédier aux fluctuations en faisant jouer la loi des grands nombres, à travers des mécanismes d'assurance, que ce soit les assurances traditionnelles (mutualisation des risques entre chanceux et malchanceux), le stockage (mutualisation des risques dans le temps), ou l'élargissement des marchés (mutualisation des risques dans l'espace). Dans ces conditions, l'existence d'un aléa (exemple de la sécheresse) susceptible d'affecter à la fois les plus grands fournisseurs de denrées alimentaires (Australie, Europe et Etats - Unis) semble très peu probable ; même si la probabilité qu'un tel événement se produise au niveau de chacun de ces continents n'est pas négligeable (Cabale Dismuke et Thomas, 2007). De la même manière, si une mauvaise récolte peut survenir une année, une longue série de mauvaises récoltes semble peu crédible. Dans un tel contexte, l'élargissement des marchés semble une bonne méthode pour réduire les fluctuations. C'est l'une des raisons pour laquelle la libéralisation de l'agriculture avait été recommandée par les auteurs ayant préparés les négociations de l'OMC lors de l'Uruguay Round, puis plus tard à Doha. De plus, l'existence de stock de sécurité interannuel devrait aussi permettre de réguler les prix, d'où l'initiative des politiques de sécurité alimentaire.

Par contre, avec des fluctuations endogènes, de tels remèdes ont peu de chance de résoudre le problème. L'élargissement des marchés conduira plutôt à les synchroniser, et non pas à réduire les fluctuations. Le stockage public ou privé risque de se produire à contretemps, ce qui, au lieu de diminuer l'ampleur de la crise, conduira plutôt à l'aggraver. Inversement, segmenter les marchés et développer des interventions publiques sur les prix et les quantités peut contribuer à les diminuer au prix des coûts, et plus tard compensés par les avantages de la stabilisation (Boussard, 2006).

En outre, en dépit de la nécessité de savoir si les fluctuations sont de sources endogènes ou exogènes, très peu de références sont disponibles sur la question. Une étude de Loraoque et Deaton (1992, 1996) montrent que les caractéristiques majeures des séries de prix de matières premières agricoles (en particulier la skewness et l'auto corrélation d'ordre un) peuvent être obtenues à partir de perturbations aléatoires de l'offre. Ce résultat permet donc de conclure que la volatilité des prix agricoles est vraiment causée par des perturbations aléatoires, puisqu'il est possible de reproduire les caractéristiques observées des séries de prix à partir de cette hypothèse.Dans une autre étude sur le rôle des stocks dans l'explication de la volatilité des prix agricoles et établie selon un modèle de fluctuations endogènes, Mitra et Boussard (2008) montrent qu'il est aussi possible d'identifier ces mêmes caractéristiques à partir de l'hypothèse endogène. C'est en cela que réside l'enjeu récurrent portant sur l'origine exacte de la volatilité de prix des produits agricoles.

Cependant, en raison des difficultés rencontrées dans la recherche de l'origine des fluctuations, de nouvelles études ont vu le jour non pas en se basant sur la thématique de l'origine, mais plutôt sur celle des causes réelles des fluctuations de prix des produits agricoles. Cette nouvelle donne prend en compte des deux hypothèses (endogène et exogène) afin de mieux expliquer le concept de volatilité.

précédent sommaire suivant